Catégories :
Panier 0

Votre panier est vide

The Velvet Underground

La légende attribue la tirade à Brian Eno : mille personnes seulement ont acheté le premier album du Velvet Undergound à sa sortie, mais elles ont toutes formé un groupe ! Une anecdote pour souligner un peu plus l’importance de la formation emmenée par Lou Reed et John Cale à la fin des années 60…


En 1964, Lou Reed trouve un premier emploi de songwriter au sein du label Pickwick à New York. Là, il fait la connaissance d’un certain John Cale, jeune Gallois venu à Manhattan pour étudier aux côtés du compositeur expérimental La Monte Young. Les deux hommes s’associent au guitariste Sterling Morrison et à la batteuse Maureen Tucker : le Velvet Underground est né. Son nom commence à circuler sur la petite scène du Lower East Side de Manhattan et atteint les oreilles d’Andy Warhol qui en devient le mentor. Auteur de la célèbre pochette à la banane du premier album du groupe qui parait en mars 1967, c’est aussi lui le gourou de la Factory qui impose au quartet la mannequin et chanteuse Nico sur plusieurs titres. Andy Warhol Presents The Velvet Underground & Nico est un puits sans fond, un ovni où s’entrechoquent l’ADN d’animal rock’n’roll, folk et pop de Lou Reed, les velléités expérimentales de l’intello gallois John Cale et la voix de zombie de la belle Christa ‘Nico’ Päffgen. A l’arrivée, un superbe instantané du New York avant-gardiste de cette fin des années 60, qui ose la disto, le sexe et la violence dans une descente aux enfers, décadente et indomptable…


L’année suivant, White Light / White Heat qui parait en janvier 1968, resserre les boulons. « Personne n’a écouté l’album à l’époque. Mais la voilà, pour toujours, la quintessence du punk articulé. Et personne n’arrivera à rivaliser… » Toujours très humble Lou Reed. Très humble mais, en l’espèce, assez juste. Des mots prononcés quelques semaines avant de passer l’arme à gauche… Avant-gardiste, noisy, maltraitant une certaine tradition sans vouloir pourtant l’éradiquer, White Light / White Heat est évidemment le vrai et seul album conçu par Lou Reed ET John Cale, sans apport, ajout ou colorant extérieurs. Car aussi génial soit-il, le premier acte à la banane, paru un an plus tôt, portait l’empreinte d’Andy Warhol (c’est lui qui imposa Nico sur trois titres malgré les réserves du Lou). White Light / White Heat est aussi un bel instantané du bras de fer entrepris par les deux musiciens aux visions et marottes assez opposées. Lou Reed aime le blues, la soul, le rock 50’s, le doo-wop et le free-jazz, John Cale préférant pour sa part la musique contemporaine et expérimentale. On connait la suite : le Galois intello quitte le navire à la fin de l’enregistrement de ce deuxième album pour entamer sa carrière solo... Reste donc cet ovni White Light / White Heat au cœur duquel brillent notamment les 17 minutes d’orgie électrique de Sister Ray et l’humour noir de The Gift lu par Cale. A l'arrivée, six titres qui chambouleront l’histoire du rock par leur radicalité stylistique et formelle, comme une descente aux enfers qui marquera les plus grands terroristes du rock indé des années à venir, qu’ils se nomment Sonic Youth ou My Bloody Valentine…


L’ego de Lou Reed et ses pulsions dictatoriales poussent John Cale à quitter le navire pour le troisième album sobrement baptisé The Velvet Underground, sorte de rampe de lancement de la carrière du Lou solitaire, avec ballades dépouillées et rocks binaires à l’os... Oubliez le tsunami d’électricité de White Light/White Heat, ce sont les ballades comme Candy Says et Pale Blue Eyes qui irradient ce disque à la production on ne peut plus épurée pour ne pas dire squelettique… Evidemment, Lou Reed est un rock’n’roll animal comme le rappellent What Goes On et Beginning To See The Light et il aime aussi à rappeler que l’avant-garde est une de ses marottes comme le prouve l’expérimental The Murder Mystery… Pirouette finale de ce chef d’œuvre, sa cultissime et naïve ballade After Hours chantée par la batteuse Moe Tucker.


On déifie le premier album à la banane, encense le très expérimental White Light / White Heat et vénère le troisième éponyme. Mais le quatrième et dernier opus studio du Velvet Underground est souvent négligé pour ne pas dire carrément oublié… Paru en 1970, Loaded est pourtant un véritable chef d’œuvre même si sa réalisation comme son casting furent on ne peut plus chaotiques. Déjà, l’œuvre renferme un bon nombre de chansons magistrales (c’est bien ici que les tubesques Sweet Jane et Rock’n’Roll apparaissent pour la première fois) à l’image de Who Loves The Sun qui ouvre le disque de manière solaire (logique vu le titre…) et très pop. On est bien loin de la décadence et de la noirceur de la Factory d’Andy Warhol des débuts… Sur un titre comme I Found A Reason, la jovialité aux airs Beach Boys est même de mise. Lou Reed claquera pourtant la porte avant la sortie du disque que terminera Doug Yule qui chante d’ailleurs sur certains morceaux. Même Moe Tucker ne pilote la batterie que sur quelques titres. Qu’importe, Loaded est une merveille, un album majeur de l’histoire du rock’n’roll.


Des années passent, éblouies qu’elles seront par de nombreux brillants albums solo de Lou Reed et de John Cale qui ne se parlent plus… Jusqu’en 1990 où les deux hommes non seulement rétablissent le dialogue mais entrent en studio pour enregistrer ensemble un superbe album hommage à leur ami Andy Warhol, Songs For Drella. A Jouy-en-Josas, la Fondation Cartier consacre une grande exposition à l’artiste disparu en 1987 et pour le vernissage de laquelle Lou Reed et John Cale jouent quelques titres de leur disque. Présents à l’événement, Sterling Morrisson et Moe Tucker les rejoignent sur scène, à le surprise générale, pour une version d’anthologie d’Heroin ! Cette reformation éphémère débouchera sur une reformation bien réelle et le Velvet Underground renait de ses cendres pour de nombreux concerts en Europe et la première partie d’une tournée de U2. Un album live sera même enregistré à Paris (Live MCMXCIII). Mais le rabibochage ne dure guère et Reed et Cale se brouillent à nouveau. La mort de Sterling Morrison, le 30 août 1995 à l’âge de 53 ans, entérine celle du Velvet Undergound… © Marc Zisman/Qobuz

Lire plus

Discographie

50 album(s) • Trié par Meilleures ventes

1 sur 3
1 sur 3

Mes favoris

Cet élément a bien été <span>ajouté / retiré</span> de vos favoris.

Trier et filtrer les albums