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Musique de chambre - Paru le 3 avril 2020 | Ondine

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Violoniste atypique, Christian Tetzlaff parvient à cumuler une carrière de soliste international de haut niveau et la pratique régulière du quatuor à cordes, deux activités à part entière qui sont habituellement nettement dissociées. Son amour de la musique de chambre l’a incité à fonder un nouveau quatuor en 1994 devenu l’un des plus appréciés sur la scène internationale. Enregistré à Brême en automne 2019, leur dernier album est consacré à deux des plus longs et des plus novateurs Quatuors de Beethoven. Composé en 1825, le 13e Quatuor en si bémol majeur, Op. 130 prend encore un peu plus ses distances avec la forme traditionnelle que Beethoven avait déjà mise à mal dans ses œuvres précédentes. On sait qu’il se concluait dans sa première version par la Grande fugue Op. 133, retirée ensuite par le compositeur au profit d’un finale plus court et d’accès moins difficile. La tendance actuelle est de redonner sa forme primitive à ce quatuor qui dès lors atteint facilement la durée monumentale de quarante-cinq minutes. C’est l’option choisie ici par le Quatuor Tetzlaff. Elle est parfaitement convaincante grâce à leur interprétation lumineuse. L’architecture de l’œuvre en devient ainsi plus lisible avec un premier et un dernier mouvement d’une durée presque identique encadrant une succession de quatre pièces de plus modeste dimension. À peine plus court que l’Opus 130-133, le 15e Quatuor en la mineur, Op. 132 est une œuvre de crise composée alors que Beethoven se battait contre une grave maladie. On en trouve l’écho dans le merveilleux Molto adagio, sous-titré par lui « Chant de reconnaissance à la divinité », qui est une sorte d’offrande et de gratitude d’un convalescent frôlé par les ailes lugubres de la mort. L’interprétation parfaitement sereine et décantée que nous en offre le Quatuor Tetzlaff est proprement saisissante. © François Hudry/Qobuz