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Classique - Paru le 9 novembre 2018 | CAvi-music

Hi-Res Livret
On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu et la formule est également valable en musique. La notoriété de Joseph Haydn était si grande au XVIIIe siècle qu’une grande quantité d’œuvres lui a été attribuée à une époque où la propriété intellectuelle et le droit d’auteur n’existaient pas. L’affaire se corse avec Michael Haydn, son frère cadet, par ailleurs excellent compositeur admiré (et quelquefois plagié) par Mozart et qui est resté dans l’ombre de son prestigieux aîné, à moins qu’il ne doive justement à ce dernier d’avoir survécu à l’oubli…la question reste sans réponse. Les attributions de ce nouvel album sont donc incertaines, mais les œuvres très intéressantes, tel ce Concerto pour cor de chasse en ré majeur, sans doute de Joseph, auquel les tournures mélodiques font immédiatement penser. Une autre perle de cet enregistrement, réalisé à Prague en 2017 par l’habile corniste Přemysl Vojta accompagné du Haydn Ensemble sous la direction de Martin Petrak, est la découverte d’un double Concerto pour cor et trombone, attribué à Michael. Le XVIIIe siècle était très friand de ces découvertes instrumentales et le mélange des deux timbres est savoureux. Joseph était au service des princes Estherházy dès 1761, alors que Michael occupait le même poste à la Cour de l’archevêque de Salzbourg dès 1763, époque où il s’est lié avec le jeune Mozart. Si les styles des deux frères se ressemblent et s’expriment dans l’esthétique musicale de leur époque, ils se distinguent toutefois tous les deux de la production ambiante par une forte personnalité et une expression personnelle qui est parvenue à émerger au-delà des tracas quotidiens d’une vie de laquais au service de maîtres exigeants et quelquefois bornés. Né à Brno, en République Tchèque en 1983, Přemysl Vojta se produit en soliste dans toute l’Europe. Il est actuellement le cor solo de l’Orchestre de la WDR de Cologne. En 2010, il a remporté le premier prix du concours international ARD, puis le prestigieux Prix Beethoven de Bonn l’année suivante. Avec les pianistes Tomoko Sawano et Tobias Koch, il a réalisé plusieurs enregistrements de musique de chambre unanimement remarqués par la presse musicale germanique. © François Hudry/Qobuz
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Classique - Paru le 23 février 2018 | CAvi-music

Hi-Res Livret
Ce n’est pas « un » cor que joue ici Přemysl Vojta, mais plusieurs cors fort différents. Il commence par un cor naturel de 1833 pour la Sonate de Beethoven, et pour quiconque est habitué à l’ouvrage joué sur un instrument chromatique moderne, la surprise sera considérable. Car une bonne partie des notes, a priori indisponibles dans la gamme naturelle de l’instrument primitif, est générée en agissant de la main droite dans le pavillon, de sorte qu’elles sortent quelque peu « bouchées », nasillardes, aux côtés des notes naturelles de pleine sonorité. Il en résulte un effet assez singulier, mais dont Beethoven était conscient en écrivant sa Sonate ; on aurait presque l’impression que deux instruments différents jouent, en s’échangeant les notes d’une seule et même phrase. Pour Schumann, Vojta a choisi d’abord un cor chromatique viennois de la fin du XIXe siècle, puis un instrument moderne de la fameuse firme allemande Alexander. Cor moderne qu’il garde pour la très intrigante Modification de la Sonate pour piano Op. 27/2 de Beethoven en une sonate pour cor et piano – c’est là le titre complet ! – du compositeur contemporain allemand Giselher Klebe (1925-2009). Si l’on considère qu’il s’est saisi de la Sonate « Clair de lune » pour en faire non pas une simple réinstrumentation, ce qui n’aurait guère d’intérêt, mais une réécriture dans laquelle chaque moment est de manière reconnaissable basé sur Beethoven, tout en étant constamment de Klebe, on ne pourra qu’applaudir à l’exercice hautement virtuose. Aux pianos, Tobias Koch, qui passe d’un Graf de 1821 pour la Sonate de Beethoven à un Erard de 1839 pour tous les Schumann, pour finir sur un Steinway pour le Klebe/Beethoven. Autrement dit, l’auditeur aura loisir de passer à travers un impressionnant éventail de sonorités. © SM/Qobuz