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Henryk Szeryng

Extrêmement populaire et aimé des mélomanes durant les années 1960 à 1980, ce grand violoniste polonais a vu son étoile diminuer avec l’émergence d’une nouvelle génération d’instrumentistes qui se sont bientôt substitués à sa mémoire. Le centenaire de sa naissance arrive donc à point nommé pour réévaluer son art et son abondante discographie récemment rééditée avec soin.
Longtemps, l’artiste était inséparable de l’homme, défenseur de la cause juive à travers le monde et humanitaire polyglotte (il parlait 7 langues) qui accompagna, en 1941, le Premier ministre polonais en Amérique latine comme officier de liaison et interprète pour l’aider à trouver un foyer pour quelque 4 000 réfugiés polonais. L’accueil reçu au Mexique fut d’une telle intensité que Szeryng demanda d’être naturalisé mexicain et dirigea ensuite le département des cordes de l’Université nationale de son pays d’adoption, dont il est devenu l’ambassadeur culturel.

C’est le nom de Johann Sebastian Bach et de ses Sonates et Partitas qui vient aussitôt à l’esprit à l’évocation de celui de Henryk Szeryng, qui en réalisa deux enregistrements complets. Souvent traité d’arrogant, voire de suffisant dans ses rapports avec les autres, Szeryng était transcendé par la musique lorsqu’il entrait en scène, donnant à la musique de Bach une véritable vision loin de toute musicologie. La grandeur de son interprétation était basée bien sûr sur l’expérience de toute une vie, associée à une grande technique héritée de Carl Flesch, mais elle était surtout visitée par ce sentiment diffus et souvent galvaudé qui est l’inspiration.
La chaleur du jeu de Henry Szeryng, l’élégance de ses phrasés et la puissance de sa sonorité ont souvent été vantées à juste titre. Son vibrato jamais envahissant et son expression d’une grande richesse, à la fois pure et d’une grande rigueur formelle, restent une référence pour de nombreux violonistes d’aujourd’hui, à commencer par Hilary Hahn, dont Szeryng reste le modèle absolu de sa propre approche de Bach. Puisque la mode du vinyle revient en force, c’est sous cette forme que reparaît en 3 LP l’intégrale de 1967 réalisée pour DG.

Né au cœur d’une famille juive aisée à Zelazowa Wola, près de Varsovie, à un jet de pierre de la maison natale de Chopin, Henryk Szeryng s’est lui aussi fixé à Paris dans sa jeunesse, étudiant avec le violoniste Jacques Thibaud et la composition avec Nadia Boulanger, mais aussi la littérature, la philosophie, l’esthétique et l’histoire à l’université de la Sorbonne.
Professeur au Conservatoire de Genève où il passait deux mois par an, Szeryng a pratiqué la musique de chambre avec Arthur Rubinstein, Nikita Magaloff, Wilhelm Kempff et le violoncelliste Pierre Fournier. Il excellait dans le grand répertoire romantique qu’il a abondamment enregistré avec les chefs les plus célèbres de son temps. Il a également créé une grande quantité d’œuvres nouvelles et donné la première mondiale d’un concerto de Paganini retrouvé en 1971. Possédant une splendide collection d’instruments, il jouait sur des instruments italiens historiques signés Guadagnini, Guarneri et Stradivarius.

Henryk Szeryng meurt subitement en 1988 à Kassel, en Allemagne, lors d’une tournée, deux jours après avoir joué le Concerto de Brahms, une de ses œuvres fétiches, par laquelle il avait tant souhaité terminer sa carrière. Un vœu largement entendu et exaucé par son exceptionnelle destinée. © François Hudry/QOBUZ/novembre 2018       

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