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Frans Brüggen

Il s’est d’abord fait connaître comme un virtuose exceptionnel de la flûte à bec, redonnant à cet instrument un statut qu’il avait perdu. Relégué dans la mémoire collective comme uniquement destiné aux enfants, son répertoire semblait définitivement oublié. Frans Brüggen est à peine âgé de 21 ans, en 1955, lorsqu’il est nommé professeur de flûte à bec au Lycée Musical d’Amsterdam. Plus tard, il sera le représentant incontesté de la flûte à bec, mais aussi de la flûte traversière baroque et classique. Ne se contentant pas de rejouer la musique écrite pour son instrument au XVIIIe siècle, entre autres les Sonates et Fantaisies de Telemann et de Haendel, il commande plusieurs œuvres nouvelles, notamment à Luciano Berio qui écrit pour lui Gesti pour flûte à bec alto en 1965. Frans Brüggen attirera aux Conservatoires de La Haye et d’Amsterdam des élèves du monde entier. Volontiers iconoclaste et rebelle, appréciant les mouvements de contre-culture, on l’avait vu à Boston, au sein du trio de flûtes d’avant-garde, Sour Cream, qu’il avait créé en 1972, se promener sur scène, enfilant une paire de lunettes noires, s’allongeant sur une chaise-longue et lisant le journal pendant que ses collègues continuaient à jouer.


Mais c’est comme chef d’orchestre que l’attention va se polariser sur lui, après la création de l’Orchestre du XVIIIe siècle qu’il fonde en 1981 avec le producteur de disques et ingénieur du son Sieuwert Verster. Si les instruments sont anciens, le fonctionnement de cet orchestre est nouveau, les instrumentistes provenant de seize pays différents se réunissent en deux sessions annuelles de concerts et de disques, chacun se partageant le même cachet, chef compris, « je gagne la même chose que la deuxième clarinette » disait-il.  Frans Brüggen n’a jamais eu un titre formel vis-à-vis de l’orchestre, mais il en est resté de facto le chef  jusqu’à sa mort en 2014. Brüggen est nommé co-chef invité principal (avec Simon Rattle) de l’Orchestre du Siècle des Lumières (OAE - The Orchestra of the Age of Enlightenment) dont il deviendra chef émérite en 2007.


C’est grâce à son travail méticuleux sur les partitions allant de l’époque baroque jusqu’au début du romantisme que Frans Brüggen obtient une réputation mondiale comme spécialiste d’un répertoire dont il connait à fond les modes de jeu, le sens des phrasés, de la dynamique et des articulations. Les orchestres traditionnels font dès lors appel à lui, conscients de devoir eux aussi remettre en question leurs habitudes interprétatives. C’est ainsi qu’il dirige l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Royal Concertgebouw d’Amsterdam, l’Orchestre Symphonique de Chicago et qu’il commence une collaboration avec l’Orchestre de Paris. Il devient aussi l’hôte régulier du Festival de Salzbourg. Dans son propre pays il accepte le poste de chef principal de l’Orchestre de Chambre de la Radio néerlandaise, à Hilversum.


Frans Brüggen laisse de très nombreux enregistrements pour PHILIPS, qui était alors le grand label des Pays-Bas, soit comme flûtiste, seul ou aux côtés de Gustav Leonhardt ou Anner Bylsma, soit en tant que chef d’orchestre. Au même titre qu’Harnoncourt, Savall, Hogwood, Pinnock, Norrington, Gardiner ou Leonhardt, Frans Brüggen a fait souffler un vent nouveau sur un répertoire qu’on croyait bien connaître. Ce n’était pas un théoricien ni un sectaire. Brüggen était, aux dires de ceux qui l’ont rencontré, un bon vivant, gourmand et fumeur invétéré. C’est probablement cet amour de la vie qui donne tant de vivacité et d’humanité à la musique de Haydn qu’il a si bien enregistrée. Mais l’art de Brüggen savait aussi être intérieur, comme ses interprétations de Mozart (Symphonies, Gran Partita, Messe du Couronnement, Requiem) en témoignent. Son sens des timbres et son énergie étaient aussi propices à Beethoven dont il laisse deux intégrales des Symphonies dans lesquelles se dégagent vigueur et poésie. Côté Baroque, Brüggen excellait à recréer les couleurs si variées de l’orchestre de Rameau et le contrepoint expressif de Bach. Très aimé de ses musiciens de l’Orchestre du XVIIIe siècle, Frans Brüggen aimait travailler dans le partage plus que dans l’autoritarisme, ce qui nous vaut aujourd’hui des enregistrements lumineux, chaleureux et inspirés, sans aucun effet de manche.


© FH – décembre 2017 /Qobuz

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