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Concertos pour violon - Paru le 9 mars 2018 | BIS

Hi-Res Livret Distinctions 5 de Diapason
La quasi-totale disparition du compositeur norvégien Hjalmar Borgström du répertoire s’explique sans nul doute possible pour des raisons non-musicales, mais plutôt par son inadéquation avec les tendances dominantes de la musique norvégiene. Comme Grieg une génération plus tôt, il s’en fut étudier à Leipzig en 1887 ; par contre, à la différence de son illustre prédécesseur qui était bientôt retourné en Norvège avec la ferme intention d’y développer un langage musical national, Borgström resta fort longtemps en Allemagne pour s’y immerger dans les tendances contemporaines germaniques. Lorsqu’il rentra définitivement au pays en 1903, il était le plus ardent défenseur de ces orientations ; mais son manque de conviction vis à vis d’un langage spécifique norvégien n’aida en rien sa carrière norvégienne. Grieg lui-même semble avoir montré quelqu’agacement en voyant un jeune compositeur, manifestement doué, technicien musical magnifiquement formé, se désintéresser de la chose nationale. Le Concerto pour violon de Borgström fut créé en 1914 à l’occasion du centenaire de la constitution norvégienne ; l’identité nationale était un sujet sensible depuis le XIXe siècle, encore plus lorsque l’Union entre Norvège et Suède avait été dissoute en 1905. Le climat culturel favorisait donc l’émergence d’un véritable langage musical norvégien, et le concerto fut bien reçu même s’il n’en participait pas vraiment. Mais au cours des années suivantes l’ouvrage tomba dans un oubli totalement injustifié. Le Premier Concerto de Chostakovitch, écrit quelques décennies après celui de Borgström, est lui aussi marqué par une certaine tension entre le compositeur et son environnement national. En cette époque, la situation de Chostakovitch était carrément une affaire de vie ou de mort : après la dénonciation de la musique contenant des « distorsions formelles et des tendances anti-démocratiques étrangères au peuple soviétique », selon les termes délirants de l’infâme doctrine Jdanov de 1948, lui-même, Prokofiev et plus ou moins tous les compositeurs soviétiques furent accusés de nier les principes de la musique classique. La réaction de Chostakovitch fut double : pour la galerie, il écrivit des ouvrages « légers », des partitions pour le cinéma, de quoi payer la vie de tous les jours tout en flattant les autorités. En privé, il écrivait ce qu’il souhaitait créer selon le standard de désirs artistiques les plus élevés, même si ces œuvres avaient peu de chances d’être entendues en public. Le Premier Concerto appartient bien sûr à cette seconde catégorie. La violoniste Eldbjørg Hemsing, qui s’est fait championne de la tradition musicale norvégienne depuis ses débuts à l’âge de onze ans avec l’Orchestre de Bergen, a vu sa carrière exploser lorsqu’elle se produisit au cours d’une cérémonie des Prix Nobel à Oslo, diffusée sur la planète tout entière. Désormais, elle est régulièrement invitée par les meilleurs orchestres au monde : la Radio de Leipzig, la Radio de Hanovre, l’Orchestre de la RTÉ en Irlande, le Philharmonique d’Oslo, l’Orchestre national tchèque, ou encore le Hong Kong Philharmonic pour n’en citer que quelques-uns. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 1 février 2019 | BIS

Hi-Res Livret
Tan Dun, désormais un compositeur de renommée mondiale (auprès de tout un chacun puisqu’il a également signé quelques célèbres partitions pour le cinéma dont l’incontournable Tigre et Dragon), a su transcender les frontières de la musique classique occidentale, en combinant non seulement ses propres traditions orientales, tous les langages modernes et anciens qui se peuvent imaginer, mais aussi une conception très personnelle du lien entre musicien et auditeur – comme dans les célèbres pièces Orchestral Theatre où les auditeurs sont souvent requis pour s’inclure dans la texture sonore. De la sorte, il se permet en quelque sorte d’inventer de nouvelles traditions imaginaires, comme le fit en son temps Bartók. En guise d’exemple, les deux mouvements du concerto pour violon Rhapsody and Fantasia se déploient à partir d’un thème ancestral de l’opéra de Pékin, tout en incluant des sonorités empruntées (avec une science infinie) au hip-hop et autres musiques urbaines. Le concerto pour violon Fire Ritual (« un rituel musical pour les victimes de la guerre ») a été composé précisément pour la violoniste norvégienne Eldbjørg Hemsing, qui le joue ici avec Tan Dun en personne à la baguette. L’auditeur ne l’entendra peut-être pas à la première écoute, mais qu’il imagine qu’un ensemble de neuf instrumentistes à vent est disséminé à travers le public, tandis que le reste de l’orchestre reste sur scène ; les deux groupes instrumentaux se livrent à un jeu de questions et de réponses, la violoniste représentant une sorte de maître des cérémonies, de chamane. Sans oublier nombre de sons qui n’appartiennent vraiment pas au monde de l’orchestre habituel ! À découvrir, vraiment. © SM/Qobuz
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Classique - Paru le 28 septembre 2018 | BIS

Hi-Res Livret
La violoniste norvégienne Eldbjørg Hemsing se produit sur les scènes les plus prestigieuses du monde, depuis l’âge de… onze ans lorsqu’elle fit ses débuts remarqués en tant que soliste avec l’Orchestre Philharmonique de Bergen. La voici défendant le répertoire tchèque, en l’occurrence deux œuvres peut-être moins enregistrées que d’autres. Car la discographie du Concerto pour violon de Dvořák reste assez maigre par rapport à celle, par exemple, du Second Concerto pour violoncelle. Est-ce parce que le langage en est encore empreint de Brahms et de Bruch dont les propres concertos venaient de faire leur entrée sur la scène planétaire avec ô combien de succès ? C’est pourtant là un ouvrage de grande originalité, autant sous l’angle de l’architecture que de la conception mélodique, et il est bon de le redécouvrir à l’occasion de cette nouvelle vision endiablée et lyrique qu’en offre Eldbjørg Hemsing. Quant à Josef Suk, il resta toujours un peu dans l’ombre de son beau-père Dvořák alors que son langage est absolument personnel et inimitable. La Fantaisie (1902) de Suk, une sorte de concerto en un seul mouvement (ou plutôt en plusieurs sections enchaînées) d’une durée de quelque vingt-trois minutes, déroule un magnifique paysage musical – en effet d’une immense fantaisie – passant par les campagnes tchèques, par les éclats de la virtuosité, par la douceur d’une chanson enfantine ; sans doute n’est-il pas interdit de voir dans l’ensoleillement de la partition le reflet d’une époque bénie de la vie de Suk qui avait épousé la fille de Dvořák quelques temps auparavant. Époque bénie qui verrait sa fin tragique à la mort de son beau-père, suivie de quelques mois de celle de son épouse bien-aimée. Mais c’est là une autre histoire, qui donnera naissance à la sombre symphonie Asraël… © SM/Qobuz