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Classique - Paru le 17 août 2018 | CAvi-music

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Le terme de « Chant du cygne » signifierait un peu, quand même, que les compositeurs savaient que leur heure était venue, et qu’il leur convenait de donner à la postérité une sorte d’adieu et de rétrospective sur leur vie et leur œuvre. Que nenni ! Aucun des quatre compositeurs ici représentés n’avaient l’intention de retourner ad patres à courte échéance, à commencer par Schubert dont le Schwanengesang est en réalité un assemblage réalisé de manière posthume par un éditeur, qui emballa sous ce titre quelque quatorze Lieder isolés, qui n’avaient pas vocation à former un cycle. Le baryton Christian Immler a choisi les six Lieder dont les poèmes sont de Heinrich Heine. Brahms lui-même, en 1896, ne faisait que lamenter la disparition de Clara Schumann, mais savait-il qu’il ne lui survivrait que d’une année lorsqu’il écrivit ses Quatre chants sérieux. À tout prendre, son propre chant du cygne seraient les onze préludes de choral pour orgue qui, eux, évoquent la mort imminente de manière poignante – même si les quatre chants sont eux-mêmes d’une profonde émotion. Les Three Songs de Samuel Barber, écrits en 1972 pour Fischer-Dieskau, sont certes parmi ses dernières œuvres (et son ultime opus pour voix et piano), mais le compositeur avait presque une dizaine d’années encore à vivre. Cela dit, l’atmosphère crépusculaire n’échappera à personne, ainsi que l’extrême concentration du propos. Enfin, à l’opposé de cette impression, les Arias and Barcarolles de Bernstein, écrites en 1988 – deux ans avant sa mort donc – n’ont rien, mais alors rien de rien, de funèbre ou de recueilli ! C’est là un ouvrage d’une vitalité explosive, délicieusement conçu pour baryton, mezzo et piano à quatre mains. Pour cette fin d’album, Immler est rejoint par la mezzo-soprano Anna Stéphany. © SM/Qobuz