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Chick Corea


Tout comme Keith Jarrett ou Herbie Hancock, Chick Corea s’est révélé dans le sillage de Miles Davis. Mais la comparaison s’arrête-là, si ce n’est pour dire que ces trois musiciens sont déterminants dans l’histoire et le développement du jazz depuis la fin des années 60, qu’ils sont tous les trois compositeurs, qu’ils ont touché et développé les claviers électroniques et doivent, d’une certaine manière, quelque chose à Bill Evans et McCoy Tyner. Des trois, Corea était peut-être le plus virtuose (il faut être prudent avec ce mot), le plus éclatant, le plus latin également...

Né Armando Anthony Corea le 12 juin 1941 à Chelsea (Massachusetts), Chick Corea a débuté au piano dès l’âge de quatre ans et a évolué musicalement sous les influences croisées de Bud Powell et Horace Silver. Jeune, il s’amusait à jouer sur les disques de Mongo Santamaria et Willie Bobo (1962-1963), Blue Mitchell (1964-1966), Herbie Mann et Stan Getz. Son premier enregistrement en tant que leader date de 1966, Tones for Joan's Bones. Deux ans plus tard, il signe un disque qui fait référence, avec le contrebassiste Miroslav Vitous et le batteur Roy Haynes, Now He Sings, Now He Sobs . C’est lui que Miles désigne comme remplaçant d’Herbie Hancock, lors d’une période clé pour le trompettiste (1968-1970). C’est aussi l’époque où il s’intéresse de plus en plus aux pianos électriques et autres claviers dont il joue avec maestria dans Les filles de Kilimanjaro, In a Silent Way, Bitches Brew, et Miles Davis at the Fillmore. Chick Corea quittera Miles pour une première aventure très avant garde (un quartet avec Anthony Braxton, Dave Holland et Barry Altschul) mais changera très vite de direction en 1971.

On l’entend brièvement, mais magnifiquement, auprès de Stan Getz, avant qu’il ne forme son propre orchestre, le désormais célèbre Return To Forever. Au départ, c’est un groupe brésilien à tendance mélodique avec Stanley Clarke, Joe Farrell, Airto et Flora Purim. Mais très vite, avec les complicités de Stanley Clarke, Bill Connors et Lenny White, le groupe devient l’un des orchestres phares de l’air fusion, appelé également jazz-rock, le guitariste Al DiMeola prenant la place de Connors en1974. Bien qu’orienté rock, le groupe conserve l’approche jazz de l’improvisation, ce qui lui confère une forte personnalité, immédiatement identifiable. Quand le groupe se dissout, fin des années 70, Chick Corea conserve le nom pour quelques expérience en big band avec Stanley Clarke. Les années suivantes sont marqués par un retour au piano acoustique, Chick se produit dans une grande variété de contextes, en duo avec Gary Burton ou Herbie Hancock, en quartet avec Michael Brecker, en trio avec Miroslav Vitous et Roy Haynes. A cette époque, il enregistre un hommage à Thelonious Monk, et joue également des œuvres du répertoire de la musique classique.

1985 est l’année du retour à la fusion avec deux groupes qui se produisent en alternance, l’un l’Elektric Band intègre le bassiste John Patitucci, le guitariste Frank Gambale, le saxophoniste Eric Marienthal et le batteur Dave Weckl, l’autre, l’Acoustic Band présente Patitucci à la contrebasse et Weckl à la batterie. Quand John Patitucci volera de ses propres ailes au début des années 90, il continuera néanmoins à jouer avec lui en quartet notamment avec Bob Berg au saxophone. Au cours des années 1996-1997, le pianiste tourne en quintet, une sorte de all-star (avec Kenny Garrett au saxophone et Wallace Roney à la trompette) jouant une version moderne de la musique de Bud Powell et Thelonious Monk.

Le début du XXIe siècle est marqué par deux enregistrements solo, Solo Piano : Originals et Solo Piano : Standards suivi par Past, Present & Futures en 2001, Rendez vous in New York en 2003, puis To the Stars en 2004 et The Ultimate Adventure en 2006. Cette même année, Chick Corea présente un Super Trios avec le contrebassiste Christian McBride et le batteur Steve Gadd. Au printemps 2007, le pianiste enregistre un duo improbable avec le banjoïste Béla Fleck intitulé The Enchantment sur Concord, suivi, en 2008, chez Universal Japan, d’un coffret de 6 disques intitulé Five Trios. La même année, on retrouve, Chick Corea avec le vibraphoniste Gary Burton pour un quatrième album ensemble, The New Crystal Silence. 2008 est très productive, on l’entend avec le guitariste John McLaughlin qu’il n’avait pas revu depuis l’enregistrement de Bitches Brew avec Miles Davis. Ils constituent ensemble un quintet avec Kenny Garrett, Vinnie Colaiuta et Christian McBride. Concord réédite Return To Forever, les quatre albums publiés entre 1973 et 1976 (Hymn of the Seventh Galaxy, Where Have I Known You Before, No Mystery et Romantic Warrior) précurseur d’une tournée de retrouvailles. Il en a résulté à la fois un album live, intitulé tout sobrement Return et un DVD de concert. En 2009, Chick Corea fait équipe avec la sensation japonaise du piano, Hiromi, pour l’album Duet, suivi d'un album en trio avec Clarke et White, issus de leur tournée Return To Forever Unplugged. L’album constitué de deux disques, publié par Concord en 2011, inclus des apparitions de Chaka Khan, du guitariste original de Return To Forever, Bill Connors et du violoniste Jean-Luc Ponty.

2012 est une année très productive également, Chick Corea enregistre en trio sur Concord en Janvier Further Explorations en compagnie de deux ex-sidemen de Bill Evans : Eddie Gomez et Paul Motian. Il grave ensuite The Continents Concerto for Jazz Quintet and Chamber Orchestra publié par Deutsche Grammophon en Février. En Septembre, il produit un autre enregistrement en duo avec Burton, Hot House. L'été 2013 voit les débuts de son nouveau groupe électrique avec l'album The Vigil. L’orchestre est constitué du bassiste Christian McBride (sur scène, on entend plus régulièrement le bassiste français Hadrien Feraud), le batteur Marcus Gilmore, Tim Garland aux instruments à anches et le guitariste Charles Altura. En 2014, Chick Corea sort Solo Piano : Portraits, double-album live sur lequel il reprend ses thèmes de prédilection. On y retrouve un hommage à Bill Evans, Thelonious Monk et Bud Powell, quelques pièces de compositeurs « classiques » (Alexandre Scriabine et Béla Bartók), quelques-unes de ses compositions (Children's Songs). Il évoque également Stevie Wonder et Paco de Lucía et termine avec des portraits improvisés de personnes du public. Chacune des séquences est précédée d'une introduction parlée.

Emporté par un cancer le 9 février 2021, Chick Corea était un immense improvisateur et un très grand accompagnateur. Très prolifique - il a sorti plus de 100 disques en 30 ans, dont 9 pour la seule année 1978 - il joue essentiellement ses compositions. Son appartenance à l'église de Scientologie gêne beaucoup de ses admirateurs. Dans tous ses albums, il mentionne L. Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, comme une source continue d'inspiration, ce qui a pour effet d’agacer ou de repousser un certain public à son égard. En concert, il utilise la Dianétique comme rehausseur sur son siège de piano. En dehors de cet aspect qui peut biaiser l’approche que l’on peut avoir de sa musique, le pianiste se caractérise par un style à la fois très rythmique (il a obtenu un premier prix de conservatoire en caisse claire) et très mélodique. Son jeu est empli d'un lyrisme coloré avec une prédominance des accords et une grande utilisation des gammes chromatiques et diminuées. Son phrasé (notamment pendant ses solos) est très rapide et reflète souvent son approche très percussive de la musique. On lui doit des compositions magnifiques, devenues des standards : Windows, Spain, Armando's Rhumba et La Fiesta, entre autres. © JMP/Qobuz

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