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Alternatif et Indé - Paru le 31 août 2018 | Domino Recording Co

Hi-Res Distinctions Preis der deutschen Schallplattenkritik
Anna Calvi a beau crier un peu partout que la timide ex-enfant malade est devenue une lionne sexuelle, la partition de son troisième album n’offre pourtant aucune radicalité formelle. Sa mue est tout de même assez puissante comme elle l’écrira sur les réseaux sociaux pour faire son coming out queer… « Je suis à la poursuite de quelque chose – je veux vivre d’expériences, je veux avoir le contrôle, je veux la liberté sexuelle, je veux de l’intimité, je veux me sentir forte, je veux me sentir protégée et je veux trouver la beauté parmi le désordre. Je veux aller au-delà des genres. Je ne veux pas avoir à choisir entre ma part de féminité et mon côté masculin. Je me bats contre le sentiment d’être une outsider et j’essaye de trouver un endroit qui me ferait me sentir chez moi. Je crois que le genre est une illusion. Je pense que si nous étions capables de trouver un entre-deux, où l’on ne serait pas poussés à exceller dans la masculinité ou la féminité, nous serions tous plus libres. Je veux aller au-delà du rôle que l’on m’a assigné. Je veux explorer une sexualité plus subversive, qui va plus loin que les attentes d’une femme dans notre société patriarcale et hétérocentrée. Je veux répéter les mots “girl boy, woman man”, encore et encore, pour en trouver les limites contre l’immensité des expériences humaines. Je crois en une femme qui serait leader, qui ne serait pas simplement en train de répondre à la vie d’un homme. Je parcours le monde et le considère comme étant mien – j’en attends de ce monde, plutôt que d’en être un simple produit passif. Je suis avide d’expériences. Parfois, les choses semblent évidentes, alors que parfois, je me sens perdue. Je me sens forte et pourtant vulnérable, je porte mon corps et mon art comme une armure, mais je sais également que pour être honnête avec moi-même, il faut que je sois prête à être blessée. L’intention de ce disque est d’être primaire et beau, vulnérable et fort, être le chasseur (hunter) et la proie. » En 2011, avec un premier album éponyme de toute beauté, Anna Calvi s’imposait comme bien plus qu’une simple énième PJ Harvey… Dotée d’un organe mystérieux à la Siouxsie, armée d’une guitare aux sonorités 50’s tendance Duane Eddy, lovée dans des productions dignes d’improbables BO à la Morricone/Badalamenti, la Britannique signait deux ans plus tard avec One Breath un second disque renversant car faisant légèrement évoluer cet art à part. Calvi appuyait davantage ses courbes oniriques aux frontières du gothique mais osait aussi des sonorités sales et puissantes. Maîtrisant aussi bien l’écriture, l’interprétation, les arrangements et le chant, elle confirmait qu’elle était une artiste totale. Ce qu’elle fait encore davantage avec Hunter et son titre symbolique. Epaulée par Nick Launay à la production (Nick Cave), Adrian Utley de Portishead aux claviers et Martyn Casey des Bad Seeds à la basse, elle enchaîne dix chansons magnifiques et touche encore plus au sublime quand elle épure à l’extrême comme sur la fantomatique ballade Away. © Marc Zisman/Qobuz

L'interprète

Anna Calvi dans le magazine