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André Isoir



« Quand vous entrez dans une église et que vous voyez ces grands tuyaux de métal luisant dans l’ombre et que vous imaginez un homme seul faisant marcher tout cela, vous avez vraiment envie d’être cet homme-là. Il faut reconnaître que l’orgue est un instrument attachant. » (André Isoir)




Né à Saint Dizier le 20 juillet 1935, André Isoir fait d’abord ses études musicales à l'école César Franck dans les classes d’orgue d’Edouard Souberbielle et de piano de Germaine Mounier, puis entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Rolande Falcinelli d’où il sort en 1960 avec les premiers prix d'orgue et d'improvisation décernés à l'unanimité du jury. Suivent plusieurs concours internationaux dont il est le grand lauréat : Saint Albans en Angleterre en 1965, Haarlem aux Pays-Bas où il se voit décerner le « Prix du Challenge » qu’il est le seul interprète français à avoir obtenu depuis la création du concours en 1951 pour avoir remporté le Premier prix trois années consécutivement (1966, 1967, 1968).



André Isoir complète sa culture musicale par une connaissance approfondie de la facture instrumentale qui contribue, selon lui, à une meilleure approche des différents styles, tant au point de vue de la technique qu’à celui de la registration. Membre de la commission des orgues des Monuments historiques, il suit de très près l'évolution de la facture d'orgue et les travaux de restauration des orgues anciennes. Il a construit lui-même deux régals et un virginal.



Maître de chapelle et titulaire du grand-orgue à l’église Saint-Médard à Paris de 1952 à 1967, André Isoir devient cotitulaire de la tribune de Saint-Séverin en 1967. En 1973, il est nommé titulaire du grand-orgue de l’église Saint-Germain-des-Prés, poste qu’il occupe depuis. Parallèlement à sa carrière d’organiste, André Isoir enseigne l’orgue au Conservatoire d’Orsay (devenu Ecole nationale de musique en 1977) de 1974 à 1983, puis il est nommé au Conservatoire National de Région de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) où il sera professeur jusqu’en 1994. Il a donné de nombreux cours et conférences, notamment à Saint-Maximin, Haarlem, Luxembourg, Boston, Helsinki, Reykjavik...



De sa discographie, riche d’une soixantaine d’enregistrements, émergent plusieurs joyaux dont l’intégrale César Franck, ainsi que Le Livre d'or de l'orgue français, mais tout particulièrement l’œuvre de Jean-Sébastien Bach couronnée par une presse unanime, l'une des grandes versions de ces pages majeures (avec celles de Marie-Claire Alain et de Michel Chapuis). Outre le sentiment jubilatoire qui habite son interprétation, la réussite d’André Isoir, à l’apogée de son art dans cette intégrale Bach, tient au choix judicieux des instruments, à l’inventivité des registrations, la souplesse de son jeu, l’expressivité de son phrasé et sa facilité technique se jouant des passages les plus difficiles. Il a aussi enregistré pour les 500 ans de l'orgue de Lorris-en Gâtinais un CD d’œuvres du 14e siècle à nos jours, de plusieurs pays européens (Italie, Allemagne, Angleterre, et France), un véritable petit bijou. Plusieurs fois Grand Prix du Disque (en 1972, 1973, 1974, 1975, 1977, 1980, 1989 et 1991), il reçoit en février 1974 le Prix de composition des Amis de l’Orgue pour ses Variations sur un psaume huguenot, est élu "Meilleur soliste instrumental de l’année" aux deuxièmes Victoires de la musique en 1986, reçoit un "Choc de l’année 2000" du magazine Le Monde de la musique pour son interprétation de L’Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach. André Isoir a, par ailleurs, reçu de hautes distinctions comme les titres de Chevalier des Arts et Lettres et de l’Ordre National du Mérite.



GG (Qobuz, 11/2013)



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