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Concerts, festivals et tournées

Premier week-end de Turbulences avec Pascal Dusapin

Par Clotilde Maréchal |

Avec l’Ensemble intercontemporain sur scène, le compositeur Pascal Dusapin pilotera le premier week-end du cycle Turbulences qui se déroulera du 18 au 20 octobre à la Cité de la Musique.

Du 18 au 20 octobre, le premier des trois week-ends Turbulences se déroulera à la Cité de la Musique. Intitulé Chemins de traverse, il sera piloté par le compositeur français Pascal Dusapin et interprété par l’Ensemble intercontemporain dirigé par Peter Rundel. Una approche originale pour déguster durant trois jours la musique de notre temps.

Ce terme de Turbulences fait évidemment référence aux vols d’avion chaotiques comme aux enfants débordant d’énergie. Deux images assez en phase avec ce cycle…

Ce premier week-end Turbulences permettra aux spectateurs et aux mélomanes d’accompagner Dusapin sur les chemins décalés qu’il a lui même régulièrement empruntés dans son parcours de création personnel. Le programme de ces trois jours reposera en partie sur le rapport étroit entre musique et langage.

Pascal Dusapin - © Martine Franck / Magnum Photos


Vendredi 18 octobre, à 20h, le premier concert de ce cycle fera dialoguer les siècles et les répertoires, autour de la thématique du son. Les mélismes raffinés, d’Ockeghem à Desprez, en passant par Pierre de la Rue, Robert Morton, Jean Richafort et Antoine Brummel, se mêleront aux recherches sonores assez radicales de Varèse et de Giacinto Scelsi. Un grand saut dans l’histoire de la musique qui sera également l’occasion pour Pascal Dusapin de se situer au sein de ce vaste héritage. Disciple de Xenakis dont il propose Thallein, le compositeur présentera également son récent concertino pour piano et ensemble Jetzt Genau ! en même temps que Kammerkonzert, une œuvre de son élève, le jeune Canadien Sami Moussa.

Peter Rundel - © Henrik Jordan


Le lendemain, samedi 19 octobre, le cheminement se poursuivra en compagnie de Stanislas Dehaene, chercheur en psychologie cognitive, pour une conférence sur l’écoute à 17h30. Le langage sera au centre du concert de 20h. Dusapin est un compositeur habité par ce langage, qu’il soit musical ou littéraire. Ses ainés ont eux aussi enrichi leurs écritures d’une étude linguistique approfondie : dans Naturale, par exemple, Berio s’empare de voix siciliennes préenregistrées, qui lui fournissent la trame du discours musical. Pascal Dusapin se livrera pour sa part au même exercice avec un texte occitan avec la pièce Aks. Quant à Steve Reich, ce sont les lignes mélodiques de témoins de l’Histoire qui donnent son rythme et ses courbes à son quatuor à cordes Different Trains. Quant à Jonathan Harvey, il rêve dans Sprechgesang d’une voix qui naîtrait d’un ensemble strictement instrumental. Ce rêve est partagé par Peter Eötvös qui transforme l’ensemble de Snatches Of Conversations en un réceptacle indifférent de bribes éparses de langage. Dans Tango Alemàn, Mauricio Kagel met son humour au service d’un texte incompréhensible… Pour porter vers, proses, onomatopées et autres interjections, la soprano Caroline Melzer et la mezzo-soprano Isabel Soccoja viendront grossir les rangs de l’Ensemble intercontemporain, lequel aura également l’occasion de jouer la fantasque Sonate in Urlauten de l’anarchiste, atypique et iconoclaste, Kurt Schwitters…

Steve Reich - © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com


En conclusion de ce premier week-end de Turbulences sonores, Pascal Dusapin invitera, dimanche 20 octobre, à 16h30, à une plongée musicale dans l’univers de Samuel Beckett, inventeur et expérimentateur de langages. Un univers qui a inspiré plus d’un compositeur, comme Morton Feldman par exemple, dont la musique minimaliste emprunte à l’épure, voire à l’épuisement verbal, de la langue de Beckett. Feldman a d’ailleurs collaboré avec le dramaturge pour une pièce à vocation radiophonique, en 1985 : Samuel Beckett, Words and Music. L’année suivante, il en compose une autre : For Samuel Beckett. Dusapin, quant à lui, s’est emparé de Quad, l’une des dernières pièces de Beckett. Une pièce brève qui sera plus tard publiée avec un commentaire de Gilles Deleuze, L’épuisé. C’est l’occasion pour le compositeur d’un double hommage : à Beckett, d’abord, dont l’expérience quasi musicale de l’écriture est pour lui prétexte à une exploration du discours concertant. Et à Deleuze, dont la pensée, appliquée ou non à l’écriture musicale, l’accompagne depuis les années 70 et sa découverte du Rhizome.

Ensemble intercontemporain - © Aymeric Warmé-Janville


Les deux autres week-ends Turbulences à la Cité de la Musique se dérouleront du 7 au 9 février 2014 et du 11 au 13 avril 2014. Pascal Dusapin présente ici son week-end de Turbulences :



Le site des week-ends Turbulences

Le site de la Cité de la Musique

Le site de l’Ensemble Intercontemporain

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