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Concerts, festivals et tournées

Festival de Chaillol : paysage visuel et musical

Par Alice Contensou |

Michaël Dian frappe cette année encore en poursuivant l’aventure du festival de Chaillol du 18 juillet au 12 août, avec une série de concerts qui auront lieu dans plusieurs villages pittoresques des Hautes-Alpes.

Le festival itinérant de Chaillol poursuit cet été encore son ambitieux projet : faire venir la culture là où on l’oublie trop souvent, redonner des couleurs musicales à des villages longtemps restés silencieux, bref : aller à la rencontre du public jusque dans les Hautes-Alpes, loin des capitales et de leurs grandes salles de concert.

C’est donc dans une atmosphère de grande intimité que s’ouvrira cette 17ème édition du festival, avec Astillero, (groupe de tango en plein essor à Buenos Aires) qui interprétera les créations de son pianiste et leader Julian Peralta, d’une modernité étonnante, s’éloignant volontairement de toute nostalgie pour innover en toute liberté.

Le pianiste Simon Zaoui prend la relève par un hommage à Franz Schubert, hommage enrichi par quelques partitions de deux compositeurs hongrois, Bartok et Kurtag, et qui trouve encore son écho dans le temps présent grâce à cette « carte blanche » sur laquelle l’accompagneront deux collaborateurs de longue date : le pianiste François Pinel et le ténor David Lefort.

C’est ensuite à la littérature locale que sont consacrées les soirées du 24 et du 27 juillet. Georges Bœuf, compositeur marseillais, aura en effet écrit pour l’occasion le versant musical du texte de Jean Giono L’Homme qui plantait des arbres, dans l’esprit qui était celui de l’auteur, véritable ode à la nature, celle-là même qui entourera les spectateurs.

Place ensuite à Moussorgsky, auteur d’une suite pour piano, Les Tableaux d’une exposition, inspirée comme son nom l’indique par une série d’œuvres picturales de Victor Hartmann. Elle sera ici interprétée par le pianiste Sébastien Vichard de Quinto Centos, quintet qui en jouera ensuite une seconde version par l’Argentin Gustavo Beytelmann, qui opère une véritable gymnastique et fait de cette déambulation sonore une transcription pour quintette de tango.

Le Quatuor Bela proposera ensuite une sélection inédite parmi les œuvres de Bartok, de Kurtag, et Gyorgy Ligeti, trois compositeurs hongrois, mais surtout trois figures atypiques, indissociables de l’histoire de la musique du XXème siècle. Mais la création ne sera pas en reste puisque le concert se terminera sur une interprétation d’une partition d’Ivan Solano, compositeur invité du festival.

Ivan Solano – © Julien Mignot

La troisième soirée a pour titre Impressions d’Afrique, et pour sous-titre Nouvelle musique traditionnelle. Cela peut sembler paradoxal, mais le pari sera réussi grâce à l’association du Quatuor Bela, formation aguerrie qui ne se fait obstacle d’aucun genre musical, et de Moriba Koïta, conteur, musicien, mais surtout incarnation vivante de la culture malienne. La soirée promet d’être envoûtante, entre mélodie d’Afrique et musique contemporaine.

Le festival accueillera comme par le passé l’ensemble CBarré, mené par Sébastien Boin. Bien loin de répéter sa prestation de l’année dernière, l’ensemble constituera cette année une formation instrumentale inédite qui se consacrera à un la nouveauté. Seront donc à l’honneur cinq compositeurs méditerranéens. L’ensemble jouera les pièces qu’il a commandées cette année même à Miguel Gálvez-Taroncher, Saed Haddad, Zad Moultaka, et Félix Ibarrondo. Quant à Ivan Solano, il sera mis en l’honneur dans une création commandée par le festival même. Il proposera ensuite sa propre performance le 2 août, cette fois en tant que clarinettiste dans un récital à l’atmosphère intimiste.
Zad Moultaka – © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com

Les musiciens de la Quartette Drailles assureront les soirées suivantes. Véritables archéologues de la musique locale, ils marcheront sur les traces des « violoneux » alpins pour mieux réinventer cet héritage dans deux concerts sans artifice, simplement relevés par les accents profonds d’une contrebasse.

Lors des soirées Silences, le grand pianiste français Guillaume de Chassy s’entoure du clarinettiste Thomas Savy et du contrebassiste Arnault Cuisinier. Une formation minimaliste pour une soirée d’improvisation qui laissera sa place au silence qui règne dans les châteaux de Tallard et de Montmaur et dans l’église Saint-Michel de Chaillol.
Thomas Savy – © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com

La pianiste Hélène Tysman, habituée du festival, ne s’y produira pas moins de trois fois. Schumann, mais aussi Bach, Chopin et Debussy : nous aurons le plaisir de redécouvrir les plus grands noms revisités par son doigté virtuose, tantôt en soliste, tantôt accompagnée du jeune quatuor à cordes Deïxis. Tysman fera aussi une excursion du côté de la création en interprétant la Première Sonate pour piano de François Meïmoun, commande du festival de Chaillol en 2011 et dont elle est la dédicataire.

Le festival se terminera par l’association deux ensembles vocaux, Lo Cor de la Plana d’un côté, Assurd et Enza Pagliara de l’autre. Le premier se plaît à revisiter le patrimoine musical occitan en l’empreignant de rock et d’autres genres, le second se réapproprie la tradition musicale italienne avec audace et sensualité. L’été se clôturera donc avec un chant qui dépassera les Alpes pour former un hymne méditerranéen.

Mais ce qui caractérise le plus de festival de Chaillol, c'est peut-être les échanges qui s'y produisent. Ainsi, autour des concerts auront lieu des ateliers et des échanges avec les artistes, qui proposeront au public de découvrir leur métier et leur art d'une autre oreille.


Le festival de Chaillol reçoit le soutien de la Direction Régionale de Affaires Culturelles et de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Conseil général et de la Préfecture des Hautes-Alpes, de la Communauté de communes du Champsaur, de l’ADAMI, de la SACEM, de la SPEDIDAM et bénéficie de l’accompagnement du Groupe La Poste. La campagne Qobuz est soutenue par la Maison du Tourisme Champsaur Valgaudemar.

Plus de renseignements sur le site du festival.

Écoutez l'interview de Michaël Dian.

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