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Eric Bibb, il était une fois l'Amérique

Par Stéphane Deschamps |

Avec "Dear America", il signe un magnifique album de blues, soul et gospel sur les heures tragiques de l’histoire afro-américaine...

Bien né (son père était le folk-singer Leon Bibb et son oncle le jazzman John Lewis), Eric Bibb a sorti son premier album il y a bientôt 50 ans. Il a grandi dans le blues, mais ça fait longtemps qu’il n’est plus seulement un bluesman. Il a beaucoup voyagé et vécu en dehors des États-Unis, a cherché l’inspiration dans les musiques africaines, a affiné son jeu au contact d’autres styles et d’autres musiciens.

Dear America, qui sort l’année de ses 70 ans, est une sorte de retour aux sources. Un disque d’historien, qui visite en chansons quelques pages plutôt tragiques de l’histoire afro-américaine. Et, musicalement, un disque ancré dans le blues, la soul et les chœurs gospel. Des genres tellement anciens et rebattus qu’on se demande comment des musiciens peuvent encore en tirer la sève sans tomber dans les lieux communs.

Avec son doux visage d’éternel jeune homme, Eric Bibb y parvient, transformant le retour aux sources en cure de jouvence. Ces musiques anciennes, il ne les joue pas comme un antiquaire, mais comme un artisan ou un sculpteur toujours émerveillé par les formes qui surgissent de la matière brute. Le picking est doux, le tempo laid-back, toutes les chansons baignent dans une élégance sobre. Son blues se transforme en soul acoustique ou en folk avec une fluidité qui n’appartient qu’à lui – et qu’il partage avec ses musiciens, dont le batteur Steve Jordan, le contrebassiste Ron Carter, le guitariste Eric Gales, les chanteuses Shaneeka Simon et Lisa Mills. Un album de maître zen des musiques américaines.

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