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Neil Young, entre amis

Par Marc Zisman |

Avec "Barn", le Loner réactive son groupe Crazy Horse pour un album de rock roots pur et dur, direct et sans fioriture.

À 76 ans, Neil Young ne lâche pas l’affaire. Tant mieux. Avec Barn, le Loner signe tout de même son 41e album. Et le 14e avec Crazy Horse, son groupe le plus rustique, le plus cru, le plus sauvage, sans filtre ni enluminure. Une sorte de diamant brut se nourrissant de ses imperfections pour alimenter une sincérité rock’n’roll originelle et dont les dernières news dataient de 2019 avec l’album Colorado

Une fois de plus, à la cool, le vieux bison canadien tire sur tout ce qui bouge. Rock massif, écarts country, envolées lyriques ou déambulations folk, il slalome entre ces différentes facettes du rock roots, épaulé par sa vieille rythmique complice – le bassiste Billy Talbot et le batteur Ralph Molina – qui maintient une structure ébranlée par les guitares de Nils Lofgren, délicat remplaçant du tueur retraité, Frank Sampedro. Comme Colorado, Barn est moins violent que les ruades de Crazy Horse au XXe siècle. Le ton est plus… convivial ? Comme Song of the Seasons qui, avec sa guitare nue, son harmonica typiquement youngien et l’accordéon impressionniste de Lofgren, semble échappé de son chef d’œuvre de 1992, Harvest Moon.

Militant écolo de la première heure, Neil Young lève toujours son poing pour rappeler que la planète est cassée de partout (Change Ain't Never Gonna ne cause que de ça) mais fait aussi dans l’introspectif, l’autobiographique (sa seconde nationalité, américaine, obtenue en 2020, évoquée sur Canarican), le temps qui passe et les amours se floutent (Tumblin’ Thru the Years et son piano titubant). Bref, toute la quincaillerie nécessaire à tous songwriters dignes de ce nom…

Enregistré durant l'été 2021 dans une grange (barn) située dans les Rocheuses, réplique exacte en pins ponderosa de celle construite en 1850 et qui s'était effondrée au même endroit, cet album de Neil Young et Crazy Horse sonne bien plus improvisé et décousu que Colorado. D’où parfois cette sensation de jam infinie plus que d’une farandole de vraies compositions très fortes et très structurées. Ici, le matériel se fait plutôt simple mais pas simpliste. « Ce sont des temps nouveaux, avec de nouvelles chansons et de nouveaux sentiments après ce que notre monde a vécu et continue de vivre », précise le Loner. « C’est de la musique que nous faisons pour nos âmes. C'est comme de l'eau fraîche dans un désert. La vie continue. » Les grooves sont chamaniques. Et l’ambiance générale « entre vieux potes » prédomine. Bref, du Neil Young pur jus. Et celui qui reste le mieux placé pour faire justement du Neil Young

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