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Melissa Aldana, la tête dans les étoiles

Par Marc Zisman |

Avec "12 Stars", la saxophoniste chilienne fait une entrée impressionnante dans la prestigieuse maison Blue Note...

En accueillant Melissa Aldana, Blue Note vise dans le mille. La saxophoniste chilienne installée à Brooklyn ajoute ainsi son nom à la liste déjà longue des illustres pensionnaires du label avec 12 Stars, son sixième album. Déjà sixième oui, car à 33 ans passés, Aldana a eu le temps d’imposer son nom. Comme lauréate en 2013 du prestigieux Concours International Thelonious Monk, pour la nomination aux Grammy Awards de son opus Visions publiés en 2019, ou en tant que co-fondatrice d’Artemis, le splendide collectif 100% féminin avec Renee Rosnes, Anat Cohen, Ingrid Jensen, Noriko Ueda, Allison Miller et Cécile McLorin Salvant qui a dessiné la pochette de 12 Stars… Sous ces lauriers, il y a surtout une multitude de teintes chamarrées s’échappant de son ténor. Des couleurs plus personnelles que jamais avec 12 Stars réalisé par le Norvégien Lage Lund, également guitariste de son quintet aux côtés du pianiste Sullivan Fortner (parfois au Fender Rhodes), du bassiste Pablo Menares et du batteur Kush Abadey, assez exceptionnel tout au long du disque.

« C’est un album très important pour moi, précise la Chilienne. J’ai le sentiment d’avoir beaucoup de choses à dire suite à toutes les expériences que j’ai vécues en 2020. Après les épreuves personnelles que j’ai traversées, je me sens davantage en phase avec moi-même et à mes propres imperfections – et j’ai décidé qu’il était temps d’aborder tout ça en musique. » Melissa Aldana s’empare ici de thématiques allant de l’éducation des enfants au pardon familial, en passant par la résilience et l’amour-propre. Une rupture amoureuse suivie de la pandémie « et là j’ai touché le fond ! Mais grâce à un processus personnel, je me sens encore plus connectée à ma propre musique. ».

Inspiré par les arcs et nuances du tarot, 12 Stars présente huit tableaux mettant en scène les défis et les succès de sa vie. « J’ai longtemps été curieuse à l’égard de ce jeu, ses symboles et son histoire, donc j’ai profité du confinement pour en apprendre plus sur moi à travers son apprentissage qui repose sur le voyage intérieur. Tout en étudiant les cartes, j’ai commencé à composer de la musique à partir de chacune d’entre elles. ». Une fois cette cartographie établie, reste à se laisser porter par le solide fil narratif des improvisations de Melissa Aldana. Sans surprise, l’influence de son idole Sonny Rollins (sans oublier Mark Turner) n’est jamais très loin mais n’étouffe pas non plus les envolées de la Chilienne. Et encore moins les profonds échanges qu’elle développe avec ses quatre sidemen.

Muselée car confinée, c’est une musicienne libre volubile qui s’exprime ici et lâche les fauves inspirés qui sommeillaient en elle. Mais c’est aussi dans les ballades que cette furie intérieure, comme apaisée et réconciliée avec elle-même, fait des merveilles (le thème introspectif et magnifique 12 Stars qui referme l’album). La confirmation d’un vrai talent.

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