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Les trésors de Nick Cave

Par Marc Zisman |

L'Australien et ses Bad Seeds publient un nouveau volume de raretés véritablement essentielles captées entre 2005 et 2020...

Seize ans après un premier volume, Nick Cave ouvre à nouveau sa malle aux trésors pour publier d’avantage de B-Sides & Rarities de ses Bad Seeds. 27 titres enregistrés entre 2005 et 2020. En prime, l’inédit Vortex mis en boite en 2006 par Cave avec Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos… Ce genre de compilations n’a jamais été anecdotique pour l’Australien. « J'ai toujours aimé les B-Sides & Rarities plus que n'importe lequel de nos autres albums. C'est le seul que j'écoute volontiers. Ça semble plus détendu, voire un peu absurde par moment, mais avec de belles chansons tout du long. Il y a aussi quelque chose dans la modestie de certaines chansons qui est plus proche de leur esprit d'origine. »

Arrivé chez les Bad Seeds en 1997 à partir de l’album The Boatman's Call, Warren Ellis est le grand metteur en son de la plupart des titres de ces B-Sides & Rarities – Part II, Mick Harvey son prédécesseur n’étant ici présent que sur les trois premiers titres. Sur les quinze années que couvre cette compilation, il est fascinant de voir l’évolution de Nick Cave qui s’éloigne progressivement des canons du rock indé, de ses séquences de crooner gothique pour plonger corps et âmes dans des compositions de plus en plus oniriques, élégiaques, spirituelles et surtout sombres, notamment à compter de 2015 l’année où il perd son fils de 15 ans. Chantant de moins en moins, parlant de plus en plus (Steve McQueen), son parcours a alors des allures de descentes aux enfers…

Religion, mort, amour et violence nourrissent ce coffre de pépites dans lequel on trouve notamment une belle reprise du Free To Walk de l’ex-Gun Club Jeffrey Lee Pierce (en duo avec Debbie Harry de Blondie), une poignante version live de Push the Sky Away avec les cordes du Melbourne Symphony Orchestra, une relecture mystique d’Avalanche de Leonard Cohen ou bien encore l’oppressant Needle Boy. L’électronique (pilotée par Ellis) prend elle aussi de plus en plus d’importance et s’immisce dans l’ADN gospel et blues de Cave comme sur Lightning Bolts. Mais si l’art des Bad Seeds n’est pas vraiment une terre d’accueil pour toutes les oreilles, elle peut être une terre sainte lorsque la voix du maître de cérémonie fusionne avec la symphonie étrange de ses musiciens (Give Us a Kiss). On referme ce B-Sides & Rarities – Part II à nouveau convaincu de la singularité totale de Nick Cave, un des rares artistes de sa génération à avoir su faire sa propre révolution esthétique.

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