Votre panier est vide

Rubriques :
Sur Scène

Soirée Bartók pour Boulez et Pollini

Par Marc Zisman |

Le pianiste milanais et le maestro et compositeur français célèbreront Béla Bartók le 16 novembre à Paris, Salle Pleyel.

Lundi 16 novembre, la Salle Pleyel proposera un nouveau volet du passionnant cycle Pollini Perspectives avec ce soir là un programme des plus exceptionnels. Sur scène, Pierre Boulez dirigera l’Orchestra Filarmonica della Scala – Milan dans un programme totalement dédié à Béla Bartók avec Quatre Pièces op. 12 le Concerto pour piano n°2 avec évidemment le grand Maurizio Pollini au piano et enfin Le Mandarin merveilleux.

Avec ses Quatre pièces op. 12, Bartók amorçait un véritable virage esthétique, simultanément influencé par les volutes debussystes et l’expressionnisme viennois. Totalement indépendantes les unes des autres, ces pages témoignent de cet état d’esprit : on y croise aussi bien l’amour de l’orchestration « à la Française » qu’un hommage démoniaque au scherzo de la Symphonie n°9 de Beethoven ou une Marcia funebre dont la profondeur et la violence expressive interpelleront plus d’un auditeur. De fait, le compositeur hongrois n’était pas homme de compromis : son Mandarin merveilleux sera taxé d’« immoralité », créant le scandale. Il faut dire que cette pantomime dansée avoue sa filiation avec Le Sacre du printemps, l’orchestration et les rythmes obsessionnels participant d’une irruption du « barbare » dans la musique occidentale. Dès le prélude surgit une suffocante évocation de la grande ville vue comme lieu de vacarme et de terreur : entre frénésie et effets de klaxons, cette cacophonie savamment maîtrisée campe l’ambiance des bas-fonds de la Mitteleuropa au sortir de la Première Guerre mondiale.

Quelques années plus tard, déçu par l’accueil réservé à son Premier concerto pour piano, Bartók avait souhaité écrire « une œuvre qui soit moins hérissée de difficultés pour l’orchestre et dont les matériaux thématiques soient plus avenants ». Il y est parvenu sans peine : le Concerto n°2 frappe d’emblée par une allégresse caractéristique, par sa richesse d’invention comme par l’aisance et la versatilité de l’accompagnement orchestral.

Depuis plusieurs décennies, Maurizio Pollini occupe une position de premier plan parmi les plus grands pianistes du monde, s'intéressant à tous les aspects de la littérature pianistique. Ses interprétations des répertoires classique et romantique sont aussi célèbres que sa défense passionnée de la musique du XXe siècle. Né le 5 janvier 1942 à Milan, il étudie le piano avec Carlo Lonati en même temps que la composition et la direction d'orchestre au Conservatoire de Milan. Il s'est déjà fait remarquer par la presse musicale quand, en 1957, il interprète les Etudes de Chopin dans sa ville natale. Sa prestation primée au Concours Chopin à Varsovie en 1960 est suivie d'une période de perfectionnement.

Depuis le milieu des années soixante, Maurizio Pollini donne des récitals en solo et se produit avec les orchestres majeurs d'Europe, des Etats-Unis et d'Extrême-Orient. Il fait ses débuts américains en 1968 et entreprend sa première tournée au Japon en 1974. Régulièrement invité aux grands festivals internationaux de musique tels que Salzbourg et Lucerne, il fait ses débuts au premier en 1970. C'est à cette époque qu'il commence à manifester un intérêt grandissant pour des œuvres contemporaines, et c'est l'un des premiers pianistes à défendre leur cause.

Ses incursions fréquentes dans la musique de chambre (le Quintette avec piano de Brahms aux côtés du Quartetto Italiano) et ses engagements en tant que chef d'orchestre (au Festival Rossini à Pesaro) témoignent de son intérêt pour chaque aspect de la musique.

Pollini triomphe aux Berliner Festwochen de 1993 avec l'intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, ce qui l'amène à redonner le cycle à Munich, Milan et New York, et, entre la fin 1996 et juin 1997, il le joue à Paris, Vienne et Londres. En 1995, l'année où il fête le 25e anniversaire de ses débuts au Festival de Salzbourg, il conçoit un programme consistant en une série de cinq concerts auxquels il participe également comme pianiste. Son "Progetto" comprend des compositions de Gesualdo, Nono, Schoenberg, Webern, Sciarrino, Beethoven, Brahms et Hindemith et constitue l'un des moments forts du festival d'été. Après ce "Progetto" réussi à Salzbourg, il y est invité de nouveau en 1999, ainsi qu'à New York en 2000.

Maurizio Pollini enregistre en exclusivité pour Deutsche Grammophon depuis 1971. De nombreuses références dont plusieurs couronnées de prix témoignent de son engagement envers la musique du passé comme celle du présent. Sa discographie très variée couvre un vaste répertoire où l'on retrouve les œuvres majeures de Beethoven, Chopin, Schumann et Schubert. En outre, il enregistre les compositions de Debussy, Stravinsky et Prokofiev, aussi bien que les concertos de Mozart et Brahms. D'autres disques proposent des œuvres des compositeurs du XXe siècle tels que Schoenberg, Webern, Boulez, Luigi Nono et Giacomo Manzoni.

Les Pollini Perspectives qui sont présentées à la Salle Pleyel entre janvier 2009 et juin 2010 proposent neuf concerts faisant dialoguer les principaux chefs d’œuvres du romantisme et de la modernité : Beethoven/Boulez, Brahms/Stockhausen, Chopin/Nono, Beethoven/Schönberg/Berio, Brahms/Lachenmann...

Le site officiel de la Salle Pleyel

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article