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Sur Scène

Bach de Noël

Par Marc Zisman |

Dirigés par Hans-Christoph Rademann, l’Akademie für Alte Musik Berlin et le RIAS Kammerchor offriront le Magnificat de Bach au public parisien du Théâtre des Champs-Elysées le 9 décembre.

Un petit Magnificat, ça ne se refuse pas… Mercredi 9 décembre, le chef d’œuvre de Bach résonnera au Théâtre des Champs-Elysées grâce à l’Akademie für Alte Musik de Berlin et le RIAS Kammerchor dirigés par Hans-Christoph Rademann.

La plus populaire des œuvres vocales de Bach fut créée le jour de Noël 1723, le premier que le nouveau Cantor passa à Leipzig. La première version, celle répertoriée sous le numéro BWV 243a, s'inscrit dans une tonalité de mi bémol majeur et comporte quatre textes en allemand insérés au sein même du corpus en latin. Cette particularité interdisait la reprise de l'œuvre pour Pâques ou la Pentecôte et c'est peut-être pour cette raison que Bach les supprima lors d'une révision de l'œuvre qu’il effectua entre 1728 et 1731. Ce remaniement constitue aujourd'hui la seconde version, distinguée sous le numéro BWV 243, et se différencie également par sa tonalité en ré majeur. Deux cantates complètent ce programme, toutes deux destinées également à l'origine à être chantées le jour de Noël.

Hans-Christoph Rademann

Hans-Christoph Rademann est chef titulaire du RIAS Kammerchor depuis la saison 2007/2008. Il est aujourd’hui l’un des chefs de chœur allemands les plus recherchés. Né en 1965 à Schwarzenberg dans les monts Métallifères, Rademann a grandi dans la famille d’un cantor. Pendant ses études de direction de chœur et d’orchestre au Conservatoire de Dresde, il avait déjà fondé le Dresdner Kammerchor, avec lequel il allait se forger une remarquable réputation tant en Allemagne qu’à l’étranger et qu’il dirige encore aujourd’hui. Jusqu’en 1999, il était également directeur musical de la Singakademie de Dresde, l’un des chœurs de Saxe les plus riches en tradition.

L’illustre chef de chœur, qui était également à l’origine de la création de la Fête de la Musique ancienne dans les monts Métallifères, a vu ses mérites pour la vie musicale de Dresde récompensés en 1994 par le Prix d’encouragement de la capitale saxonne.

De 1999 à 2004, Hans-Christoph Rademann a dirigé l’ensemble musical de la Norddeutscher Rundfunk. Plusieurs tournées l’ont en outre conduit au pupitre d’autres célèbres chœurs, dont les ensembles Bayerischer, Mitteldeutscher et Südwest Rundfunk, le Rundfunkchor Berlin, le RIAS Kammerchor, le Collegium Vocale de Gand, la Staatskapelle de Dresde, la Philharmonie de Dresde, la Radiophilharmonie de Hanovre, la Philharmonie de Rotterdam, le Concerto Köln, l’Orchestre baroque de Fribourg et l’Akademie für Alte Musik de Berlin.

Rademann se consacre principalement à la musique ancienne et notamment à l’exploitation des trésors musicaux de Dresde qu’il a contribué à sortir de l’oubli.

Son travail approfondi durant plusieurs années, qui l’a mis en contact avec de nombreux ensembles de renom voués à la musique ancienne, s’illustre au travers de multiples créations d’œuvres de Zelenka, Hasse et Heinichen, des redécouvertes faisant date souvent publiées aussi sur CD et récompensées par des prix de la presse spécialisée.

Dans son travail sur la nouvelle musique, Hans-Christoph Rademann cherche avant tout à sonder des perspectives intéressantes et toujours nouvelles pour perfectionner la composition vocale. Il était donc logique qu’il soit l’initiateur d’un concours de composition international lancé en 2006.

Il a effectué des tournées dans de nombreux centres musicaux européens ainsi qu’en Amérique du Nord, du Sud et centrale, en Israël, en Afrique du Sud, en Inde, au Sri Lanka, en Argentine, en Uruguay, en Chine et au Japon.

En 2000, Rademann a été nommé professeur de direction de chœur au Conservatoire de Dresde Carl Maria von Weber.

En sa qualité de chef de chœur du RIAS Kammerchor, il va poursuivre le rôle précurseur de l’ensemble. Il souhaite non seulement assurer une qualité technique exceptionnelle, mais aspire aussi à une identification spirituelle et émotionnelle totale du chœur aux contenus des œuvres interprétées : « Je ne veux pas seulement que nous atteignions la sonorité parfaite, je veux aussi que nous incarnions une attitude, que nous transmettions un message et que nous touchions ainsi les gens dans le monde entier. »

L'Akademie für Alte Musik Berlin

Créée en 1982 comme la réponse de l’Allemagne de l’Est à la vogue grandissante de l’interprétation historique dans la musique baroque et classique, l’Akademie für Alte Musik Berlin compte aujourd’hui parmi les meilleurs des orchestres de chambre européens dans ce domaine. A côté de son rôle actif sur la scène culturelle berlinoise, l’orchestre apparaît régulièrement dans les salles européennes les plus prestigieuses et effectue régulièrement des tournées en Asie, au Moyen Orient ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud.

Suite à sa première tournée aux Etats-Unis de 2005 pendant laquelle elle se produisit devant des salles combles à Chicago, Boston, au Carnegie Hall de New York, Washington DC, San Francisco et Los Angeles, l’Akademie für Alte Musik Berlin a effectué ce printemps 2008 une nouvelle tournée triomphale dans ce pays qui l’a également menée à Vancouver.

Chez lui, l’orchestre produit sa propre série de concerts au Konzerthaus de Berlin ainsi qu’au Radialsystem V, le tout nouvel espace pour les arts à Berlin, lieu privilégié qui abrite non seulement l’Akademie für Alte Musik Berlin mais également la compagnie de danse de la chorégraphe Sasha Waltz, avec laquelle un partenariat s’est formé après l’énorme succès rencontré par la version chorégraphiée du Dido & Aeneas de Purcell, succès confirmé lors d’une nouvelle production de Medea material de Pascal Dusapin. Ces productions ont marqué pour l’Akademie für Alte Musik Berlin une nouvelle direction, brisant le moule de la musique ancienne sur instruments anciens pour l’amener au-delà des formes traditionnelles de l’interprétation.

Dans sa dernière production chorégraphiée des Quatre éléments de Rebel et des Quatre saisons de Vivaldi, les membres de l’Akademie, associés au danseur chorégraphe Juan Cruz Díaz de Garaio Esnaola, se produisent sur scène dans le double rôle de musiciens et acteurs.

Le RIAS Kammerchor

En soixante ans d’existence, le RIAS Kammerchor a imposé de nombreux standards à la musique chorale. C’est le premier chœur professionnel à s’être intéressé de façon sérieuse à l’interprétation authentique. Il jouit aussi d’une réputation internationale en tant que leader dans le domaine de la musique ancienne. Cependant, le chœur a également été récompensé plusieurs fois pour ses interprétations d’œuvres romantiques, classiques et contemporaines.

Le 15 octobre 1948, fut fondé l’ensemble professionnel du RIAS Kammerchor avec pour mission de proposer des concerts variés et d’assurer de nombreux enregistrements. Sous la baguette de ses chefs tels que Karl Ristenpart, Herbert Froitzheim et Günther Arndt, le chœur gagna une réputation internationale.

Le RIAS Kammerchorcollabora régulièrement avec Ferenc Fricsay et Herbert von Karajan, entre autres pour le concert d’inauguration de la Philharmonie de Berlin en 1963. A côté d’importantes Premières allemandes, ils sortirent de l’ombre des œuvres centrales de compositeurs tels que Schoenberg, Orff, Blacher, Krenek, Penderecki, Zimmermann, Henze et Reimann.

Philippe Herreweghe dirigea le RIAS Kammerchor pour la première fois en 1996 et aujourd’hui consacre son travail avec le chœur essentiellement à la musique romantique jusqu’à celle de Bruckner.

Avec des Premières, entre autres, d’œuvres de Penderecki, Reimann, Kagel, Schnebel et Tan Dun, le RIAS Kammerchor consolida sa réputation d’un ensemble impliqué dans la musique contemporaine. Finalement, le nombre croissant de tournées internationales marqua la mutation de ce chœur radiophonique en un ensemble concertant sûr de lui et au profil clairement défini.

En 1994, le RIAS Kammerchor fusionna avec les autres ensembles de la radio berlinoise pour donner une nouvelle entité : Rundfunk Orchester und Chöre GmbH Berlin (ROC). Les responsables institutionnels de cette nouvelle organisation sont Deutschlandradio, la République Fédérale d’Allemagne, le Land de Berlin et le Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB).

Sous la direction de Daniel Reuss (2003-06), les classiques modernes devinrent un des thèmes principaux du travail du chœur. Ce travail aboutit à divers enregistrements avec les œuvres de référence de Stravinski, Martin et Poulenc. Reuss renforça les coopérations avec des partenaires au niveau national et international et fut l’un des initiateurs de l’association européenne des chœurs professionnels TENSO.

Avec la saison 2007/2008, Hans-Christoph Rademann poursuit le chemin balisé de succès et met l’accent sur l’évolution prudente de la sonorité du chœur ainsi que de son répertoire. Afin de mettre en valeur la présentation convaincue et réjouissante de la musique actuelle ainsi que la polyvalence artistique et la diversité sonore du chœur, il perçoit son travail avec le chœur comme un enjeu essentiel. Rademann est l’un des initiateurs du forum des chefs de chœurs avec lequel depuis 2008 le Deutsche Musikrat (Conseil Allemand de la Musique) élargit les programmes pour la jeunesse au répertoire choral.

Le site officiel de l’Akademie für Alte Musik Berlin

Le site officiel du RIAS Kammerchor

Le site officiel du Théâtre des Champs-Elysées