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Le Martyre de Saint Sébastien de Debussy renait à la Cité

Par Marc Zisman |

Musique pour ballet avec voix solistes et chœur mixte signé Debussy, Le Martyre de Saint Sébastien, adapté par Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil, sera dirigé par Michel Tabachnik à la Cité de la Musique le 31 janvier.

Mardi 31 janvier, à 20h, aux côtés du Chœur de la Radio Flamande et du Chœur symphonique Octopus, le chef d’orchestre Michel Tabachnik dirigera le Brussels Philharmonic le temps d’un Martyre de Saint Sébastien de Claude Debussy, signé Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil. Sur scène résonneront les voix de Micha Lescot, Karen Vourc’h, Éric Bougnon, Blanche Konrad, Pauline Sabatier et Marie Kalinine. Musique pour ballet avec voix solistes et chœur mixte, l’œuvre fut composée en 1910-1911 pour une commande de la ballerine Ida Rubinstein sur un texte de Gabriele D'Annunzio et une chorégraphie de Michel Fokine. L'œuvre originale comportait cinq actes pour une durée de cinq heures…

S’il est un motif qui reste dans la mémoire du spectateur après avoir assisté à la décapante adaptation du Martyre de Saint Sébastien signée Clarac et Deloeuil, c’est assurément celui du tatouage. En mémoire du passage de Sébastien et de la révélation qu’il apporte, sur cinq corps, cinq peaux différentes, on peut lire en effet cette phrase : « Seigneur, je suis une âme dans ton sein ». Fidèle à l’esprit du Mystère de Debussy (1911), la relecture proposée par les metteurs en scène et vidéastes est aussi résolument ancrée dans une esthétique actuelle, qui n’hésite pas à s’inspirer du Théorème de Pasolini. Le spectacle superpose plusieurs niveaux de narration : une action scénique, l’orchestre et les chœurs, des textes parlés ainsi que des projections vidéo et un environnement sonore s’inspirant de bruits de la nature…

A la baguette de cette production, Michel Tabachnik. Lorsque l’on prononce ce nom de Tabachnick, c’est rarement la musique qui vient immédiatement à l’esprit… Pourtant, avant l’année 1994, le Genevois fut chef ET compositeur. Et pas des moindres… Evoluant entre les deux plus imposantes statuts de Commandeur de la musique contemporaine de l’après-guerre, Pierre Boulez et Iannis Xenakis, Michel Tabachnick était un acteur majeur de la scène musicale internationale.

Boulez qu’il assiste à l’Orchestre de la BBC à la fin des années 1960 lui confie la direction musicale de l'Ensemble Intercontemporain. La création de certaines œuvres de Xenakis lui est attribuée. Karajan le prend sous aile... Mais cette vie musicale, intense et précoce, est stoppée net ! Dix ans durant. De 1994 à 2004. Une décennie passée dans un tout autre monde… Aujourd’hui, Michel Tabachnik s’est reconstruit. Conservant en lui une passion physique pour la musique. Directeur artistique du Brussels Philharmonic (l’ex Vlaams Radio Orkest) depuis 2007, le musicien désormais âgé de 69 ans se produit régulièrement sur les plus grandes scènes. En 2008, il a publié De la musique avant toute chose, un essai préfacé par Régis Debray, paru chez Buchet-Chastel.

Ecoutez notre rencontre-podcast avec Michel Tabachnik

Ecoutez Michel Tabachnik évoquer Iannis Xenakis, son « frère ainé »

Le site de Michel Tabachnik

Le site de la Cité de la Musique

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