Votre panier est vide

Rubriques :
Chers disparus

Disparition de Bobby Charles

Par Marc Zisman |

Songwriter louisianais culte, Bobby Charles signa notamment des classiques comme See You Later Alligator chanté par Bill Halley ou Walking To New Orleans popularisé par Fats Domino.

Bobby Charles est décédé le 14 janvier à Abbeville, sa ville natale de Louisiane. Le grand songwriter américain était âgé de 71 ans. Né Robert Charles Guidry le 21 février 1938, il composa quelques grands standards de l’histoire du rock parmi lesquels See You Later Alligator popularisé par Bill Halley & The Comets ou bien encore Walking To New Orleans interprété par Fats Domino. Il travailla avec Dr. John, le Band ou bien encore Clarence “Frogman” Henry et ses chansons ont été reprises par, entre autres, Kris Kristofferson, Ray Charles, Delbert McClinton, Etta James et Clarence Gatemouth Brown.

Musicien cajun, Bobby Charles commença sous son nom dans une sphère mêlant blues, rock’n’roll et rhythm’n’blues. Enrôlé par le grand label Chess de Chicago, il signe See You Later Alligator en 1955. Le tube atteint la quatorzième position des charts R&B mais ne deviendra un grand classique qu’avec la version de Bill Haley qui décrochera une sixième position des charts pop.

En 1958, Charles quitte Chess pour un autre label mythique : Imperial. Au sein de cette écurie, Fats Domino place le Walking To New Orleans de Charles à la sixième place des charts pop en 1960. Clarence "Frogman" Henry en fait de même, l’année suivante, avec (I Don't Know Why I Love You) But I Do publié sur Argo, sous-division de Chess.

Sous son nom, Bobby Charles ne réussira jamais réellement à percer malgré quelques singles pour les labels Hub City, Jewel et Paula au milieu des années 60. C’est en fait son association avec les membres du Band, et notamment Rick Danko, bassiste du groupe, qui aboutira à un génial opus, plus culte que populaire d’ailleurs, baptisé Bobby Charles et qui sort en 1972 sur le label Bearsville.

Produit par John Simon et Danko, cette superbe collection de chansons de country soul à la saveur laid back accueille évidemment des membres de ce même Band mais aussi le guitariste Amos Garrett, Dr. John et le saxophoniste David Sanborn. Les critiques seront dithyrambiques mais les ventes malheureusement proches du néant. L’album demeure pourtant un véritable trésor caché de blue-eyed soul, de southern R&B et de roots rock typiquement 70’s. Un opus lorgnant tant vers l’esprit du Band que de Tony Joe White… Dans la foulée, Charles en enregistre un autre avec Spooner Oldham mais qui restera dans les cartons…

Bobby Charles gardera le contact avec le Band et il apparaitra d’ailleurs dans leur célèbre concert d’adieu, The Last Waltz, à San Francisco en 1976, pour une version de Down In New Orleans. Malheureusement pour le songwriter louisianais, la chanson n’apparait pas au montage final du film-documentaire du concert que Martin Scorsese signera en 1978…

Durant la suite de sa carrière, Bobby Charles est essentiellement en retrait, publiant ça et là quelques enregistrements comme Wish You Were Here Right Now en 1995 pour le label canadien Stony Plain Records ou Homemade Songs en 2005 sur son propre label Rice 'N' Gravy. Charles préparait un nouvel album avec son ami Dr. John.

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article