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Test Octavio Amp : un amplificateur connecté charmeur et facile d’utilisation

Par Alban Amouroux |

La jeune société Octavio est bien décidée à se faire sa place dans le monde de la HiFi moderne. Après un petit lecteur réseau pratique pour ajouter cette fonction à toute chaîne existante, quel que soit son âge, voici le second produit de la marque : un amplificateur stéréo intégré et connecté. L’Octavio Amp en promet beaucoup dans un format réduit et à un tarif plutôt compétitif par rapport à ce que propose la concurrence, c’est-à-dire les grands noms internationaux de l’audio.

L’entreprise Octavio s’est développée sur un concept clair : éviter de jeter au rebut des produits audio anciens encore fonctionnels en leur ajoutant la connectivité moderne via un petit accessoire. Octavio a créé un produit électronique le plus vertueux possible. Il est fabriqué, pour une grande partie, et assemblé en France. Il est difficile de faire mieux actuellement. L’Octavio Streamer a rencontré le succès et se trouve désormais en vente aux côtés des appareils HiFi sur les linéaires de toutes les boutiques spécialisées, ainsi qu’en ligne.

Pour concurrencer les marques établies, Octavio développe une gamme où le Streamer est le point de départ. L’amplificateur connecté, objet de notre test, représente la suite logique. Il s’adresse cette fois à ceux qui ne veulent plus de chaîne HiFi en multiples éléments mais qui souhaitent tout de même conserver ou sélectionner leur paire d’enceintes. D’autres produits suivront sans doute. Octavio est également actif sur le côté logiciel en ayant développé sa propre application de pilotage. C’est habituellement la caractéristique des grandes marques et des grands groupes. Cette volonté de maîtriser matériel et logiciel est d’autant plus remarquable que la société Octavio compte toujours moins d’une dizaine de personnes.

Caractéristiques

● Prix : 699 €
● amplificateur intégré stéréo
● Audio haute résolution : 192 kHz/24-bit
● Puissance : 2x35 Watts sous 8 ohms
● Rendement : 92%
● Distorsion : < 0,005% @ 1W
● Connectivité : WiFi, Ethernet, Bluetooth 5.0, 2x entrées analogiques RCA, 1x entrée numérique optique, 1x sortie mono subwoofer
● Audio réseau : UPnP/DLNA, AirPlay 2, Qobuz intégré
● Dimensions (lxhxp) : 200 x 40 x 200 mm

Présentation générale de l’Octavio Amp

L’Octavio Amp repose sur le principe de la boîte noire à laquelle un accès quotidien n’est pas obligatoire. Il ne dispose d’aucun afficheur ni même de leds ou équivalent indiquant le niveau de volume courant. A la place, une led unique centrale confirme le type de source en cours via un éclairage de couleur : blanc pour le WiFi, bleu pour le Bluetooth, etc.

La face avant comprend trois commandes. A droite, le potentiomètre de volume s’impose, rapport à la hauteur de seulement 4 cm de l’amplificateur. Fait d’aluminium, la manipulation est aisée mais nous avons noté un peu de jeu dans le mouvement. A gauche, deux touches, toujours en finition aluminium argenté, servent à allumer l’Octavio Amp et à faire défiler les sources.

Le châssis noir en métal est plat sur le dessus, arrondi sur ses quatre arêtes verticales. La finition est qualitative, en rapport avec le prix de l’appareil. Les ajustements sont parfaits, il n’y a rien à redire à ce sujet. L’Octavio Amp repose sur quatre pieds en caoutchouc basiques mais suffisant pour le découpler du support. Il est proposé exclusivement de couleur noire, avec une finition granuleuse donnant, sous certains angles, un aspect pailleté.

L’arrière est plein avec une multitude de connecteurs. Les amplificateurs intégrés connectés sont aussi des rassembleurs de sources. Nous avons droit à deux entrées analogiques sur prises RCA et une entrée numérique optique, soit trois sources externes en tout. Nous regrettons l’absence d’entrée HDMI ARC, de plus en plus utilisée, et utile. Une sortie monophonique sera dédiée à un caisson de basse pour venir en soutien des enceintes. Pour le réseau, vous avez le choix entre l’antenne WiFi à visser ou la prise Ethernet. A tout cela s’ajoute le Bluetooth. Les borniers pour les câbles haut-parleurs sont d’excellente facture. Sans obturateur, ils acceptent les fiches bananes.

En ce qui concerne les circuits internes, Octavio met l’accent sur deux chiffres importants : le rendement et le faible taux de distorsion. Ils sont obtenus grâce à un module d’amplification TPA3250 de Texas Instruments en classe D. Avec 92% de rendement, cela signifie que seulement 8% de la puissance est perdue en chaleur. L’Octavio Amp développe 2x35 Watts sous 8 ohms et 2x65 Watts sous 4 ohms. Des valeurs qui peuvent sembler un peu basses sur le papier, mais qui devraient suffire dans la majeure partie des cas.

Utilisation de l’Octavio Amp

Une fois l’amplificateur allumé et la source sélectionnée, il devient nécessaire de passer à l’application mobile pour aller plus loin. Lors de notre test de l’Octavio Streamer, nous avions utilisé la première application Octavio. Celle-ci est bien connue de nombreux utilisateurs de produits d’autres marques. Basée sur la plateforme commune Linkplay, on la retrouve en effet chez d’autres fabricants tels que Audio Pro, Elipson ou Triangle. Elle fonctionne très bien, elle est fiable, mais l’équipe d’Octavio souhaitait aller plus loin en développant sa propre application dénommée Virtuose.

Il n’y a aucun lien de parenté visuelle entre les deux apps, notre préférence allant évidemment vers Virtuose que nous avons utilisé pour ce test. La présentation est sobre avec un affichage de Qobuz en guise de page d’accueil, si c’est le service de streaming que vous avez activé. Les autres accès depuis le bandeau de menu au bas de l’écran comprennent le moteur de recherche, la liste des appareils Octavio si vous faites du multiroom, les webradios et la bibliothèque. Cette dernière concerne l’accès à votre collection de fichiers musicaux partagée et stockée sur un serveur NAS, par exemple. Cette fonctionnalité est pour l’instant inactive dans l’app Virtuose, pour une disponibilité un peu plus tard dans l’année.

Du côté de l’intégration de Qobuz, on ne retrouve pas l’intégralité des recommandations disponibles dans l’app native. Cependant, les principales sont présentes, entre les Nouveautés, les Plus Ecoutés, les playlists de Qobuz, la sélection de Qobuz et la sélection de la presse. La navigation est rapide et agréable. Le moteur de recherche de l’app divise les résultats en catégories par titres, albums, artistes et playlists. Il affiche également les résultats parmi les webradios mondiales et dans les podcasts. Pour revenir à Qobuz, toute la partie éditoriale concernant les albums, les artistes et les métadonnées spécifiques à chaque morceau sont bien présentes. Enfin, l’app offre un accès direct et au même niveau à vos playlists, vos favoris et vos achats.

Il est facile de revenir à la liste de lecture en cours, d’ajouter des titres aux favoris Qobuz ou à une playlist existante. Tout passe par les trois petits points en face de chaque titre. En revanche, ces informations ne sont pas accessibles depuis l’écran de lecture en cours. Octavio remonte bien la qualité du fichier et ajoute un logo Qobuz sur la jaquette pour confirmer que l’on se trouve toujours sur le service. Une icône de micro tout en haut au centre affiche les paroles lorsqu’elles sont disponibles. Tout en bas, un bandeau « Lecture en cours » sert à basculer d’un lecteur Octavio à un autre. La flèche en haut à gauche sert toujours à revenir en arrière pour une navigation simple à comprendre, même pour ceux qui débuteraient avec une application de lecture audio en réseau.

A l’écoute

Notre configuration de test était on ne peut plus simple. Nos enceintes Dynaudio ont été reliées à l’Octavio Amp, et c’est tout. Aucun autre élément n’était nécessaire. Nous avons utilisé exclusivement l’application Virtuose pour un contrôle direct de Qobuz et une lecture Hi-Res des morceaux concernés.

A l’écoute de l’enregistrement live volontairement « sale » mais tellement vivant de ZZ Top sur l’album RAW, la batterie est imposante avec une grosse caisse lourde comme il faut. Les voix sont un peu en retrait, laissant une place de choix aux guitares prenant des proportions hors normes. Sur le mythique La Grange, l’amplificateur fait ressortir la voix d’outre-tombe avec pas mal de matière dans le bas-médium. C’est typiquement le genre de live où l’on déconnecte son cerveau d’audiophile pour vivre la musique et l’Octavio Amp sait très bien passer le message. Pas du tout caricatural, il était à l’aise avec cet ovni rock.

La pop électrisante de Mabel, la fille de Neneh Cherry, sur son album About Last Night montre que l’Octavio Amp est transparent devant les différents styles musicaux. Il démontre une certaine maîtrise dans le grave, à la reproduction puissante et dynamique. Il remplit la scène sonore sur toute sa largeur sans aucun trou entre le centre et les extrémités. Les sonorités qui éclatent dans l’espace restent positionnées face à nous, sans en rajouter exagérément dans un effet 3D forcé. Le tout est propre est lisible, même sur des enregistrements pas forcément ultra fouillés.

Les intéressantes reprises de Wayne Shorter par le trio italien No Trio For Cats sont enregistrées avec un effet de profondeur important. Il a pour but de bien positionner et séparer les trois musiciens. Cela fonctionne à la perfection avec une batterie située tout au fond et accompagnée des résonances communiquant des informations sur les limites du lieu. Le piano est positionné sur la gauche tandis que la contrebasse prend place légèrement à droite du centre. L’Octavio Amp nous offre à nouveau une lisibilité extrême permettant de suivre les instruments sans aucun effort.

Les + :

Restitution pleine de vie
Signature sonore flatteuse
Application facile à utiliser
Intégration native de Qobuz complète
Connectivité physique étendue

Les - :

Quelques détails de finition à améliorer
Aucun retour visuel du niveau de volume sur l’appareil

Conclusion

Pour un premier produit HiFi amplifié, nous pouvons dire que la société Octavio a réalisé un très bon travail. Il se retrouve face à des références dans le domaine comme le Sonos Amp ou le Bluesound Powernode. Les fonctionnalités sont très proches, avec des avantages pour les uns ou les autres, comme la présence d’une prise HDMI chez les concurrents, absente sur l’Octavio Amp. Cela ne doit pas occulter le reste des fonctions et la signature sonore qui devrait plaire à tous ceux dont le budget correspond à cet amplificateur. Il serait difficile d’en demander plus : son chaleureux, descente dans les basses fréquences, scène sonore profonde, centre précis. L’application mobile Virtuose développée en interne place immédiatement Octavio dans la cour des grands. D’autres fabricants bien plus connus n’ont pas leur propre application, et rares sont ceux à intégrer Qobuz de façon aussi complète. Il lui manque encore quelques petites choses qui devraient arriver au gré des futures mises à jour, rien de rédhibitoire. Un grand bravo à cette petite société française en devenir dans le monde de la HiFi connectée.