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Test Chord Mojo 2 + Poly : un ensemble DAC/ampli casque haute-fidélité, nomade et connecté

Par Alban Amouroux |

Chord continue à faire le grand écart entre des appareils Hi-Fi très haut de gamme, aussi lourds qu’imposants, et des produits minuscules pour la conversion et l’écoute au casque. C’est dans cette gamme que nous sommes allés piocher le Mojo 2, un DAC avec ampli casque qui tient dans la poche. Nous l’avons accompagné pour l’occasion de son extension connectée aux fonctions polyvalentes.

Le fabricant anglais Chord s’est toujours distingué par ses produits au look futuriste. Les modèles Hi-Fi actuels ne dérogent pas à cette règle avec de longs pieds tubulaires, de grands cercles percés dans les châssis et un éclairage bleuté qui évoque l’univers de la science-fiction. De plus, ces appareils prennent beaucoup de place : ils se destinent à des systèmes Hi-Fi sans compromis où l’espace n’est pas vraiment compté.

Parallèlement à cette gamme ambitieuse, Chord a créé des produits compacts couvrants tous les besoins, tant en termes de Hi-Fi à l’encombrement mesuré que d’audio nomade. Le Mojo 2 est le digne représentant de la série dite « mobile ». Il décline le savoir-faire de Chord tout en conservant les gimmicks esthétiques de la marque. Il est accompagné du Poly, une extension connectée à tout faire vraiment bien pensée.

Caractéristiques

● DAC/ampli casque portable
● Prix : 629 €
● Convertisseur : 768 kHz/32 bits
● Connectivité : 1x entrée micro-USB, 1x entrée USB-C, 1x entrée numérique coaxiale sur mini-jack, 1x entrée numérique optique, 2x sorties casque asymétriques mini-jack 3,5 mm, 1x port USB pour la charge
● Option : lecteur réseau Poly avec Bluetooth, wi-fi et lecteur de carte micro SD (649 €)
● Dimensions (l x h x p) : 83x22,9x62 mm
● Poids : 185 g

Présentation générale du Chord Mojo 2

Le Chord Mojo 2 tient dans la main, il est difficile de le décrire autrement. Son boîtier en aluminium noir est rehaussé de la référence Mojo inscrite en lettres blanches évidées. Une petite encoche arrondie rappelle le design des appareils Hi-Fi de la marque. C’est là que vient prendre place le logo Chord.

Les connecteurs sont partagés en deux. D’un côté se trouvent les deux sorties casque asymétrique au format mini-jack 3,5 mm. Elles sont jumelles, il n’y a pas de commande de volume séparée. De l’autre côté se trouvent les entrées numériques au nombre de quatre. Deux entrées numériques, une au format coaxial sur mini-jack, l’autre en optique, servent à connecter des appareils Hi-Fi tels qu’un streameur ou un lecteur CD. Les entrées micro-USB et USB-C sont quant à elles dédiées à la liaison avec un smartphone ou un ordinateur.

La prise USB-C a été ajoutée après, cela se voit clairement. En effet, sur le Mojo premier du nom, cette prise était absente mais le châssis reste le même. Il y a une seconde prise micro-USB dédiée à la recharge de la batterie interne. Les deux prises micro-USB sont clairement différenciées via leur icône respective. Juste en dessous, une minuscule LED indique l’état de chargement du Mojo 2. Il faut le laisser branché 4 heures pour obtenir 8 heures d’autonomie.

Le Mojo 2 repose sur quatre petits pieds en caoutchouc qui l’empêchent de bouger. C’est une attention bienvenue pour un usage dans le cadre d’un système Hi-Fi ou bien en tant que DAC associé à un ordinateur de bureau. A ce propos, il est capable de convertir les fichiers audio numériques depuis les plus hautes résolutions, jusqu’à 768 kHz et sous 32 bits. Le Mojo premier du nom avait déjà les mêmes capacités.

Le Poly est une extension dédiée au Mojo 2. Elle en reprend le physique pour s’accoupler à lui à travers ses connecteurs. Ce sont eux qui leur permettent de rester accrochés, de façon assez solide. Toutefois, Chord conseille d’utiliser la housse proposée en option pour englober et protéger les deux appareils.

Une fois le Poly attaché, les entrées du Mojo 2 ne sont donc plus disponibles. Il subsiste seulement une prise micro-USB pour la recharge conjointe des deux produits. En revanche, un port micro-SD apparaît. Il accepte n’importe quelle capacité et permet au Mojo 2 de devenir un baladeur complet. Mais ce n’est pas tout puisque le Poly ajoute le wi-fi et le Bluetooth pour transformer l’ensemble en streameur, toujours avec la possibilité de l’utiliser en sédentaire ou en balade.

Utilisation du Chord Mojo 2

Le Mojo 2 reprend les commandes classiques que l’on connaît déjà chez Chord, c’est-à-dire des touches en forme de billes rétroéclairées. Avec seulement quatre touches, il est possible de faire beaucoup de choses. Cependant, chaque fonction et chaque réglage correspond à une couleur ou une combinaison de couleurs sur plusieurs touches. Autant dire que, sans le mode d’emploi, il est difficile de s’en sortir. Peut-être qu’avec l’habitude, on finit par mémoriser les codes couleur.

Chord ne fournit pas de mode d’emploi dans la boîte, il faut le télécharger en PDF. C’est plus simple pour avoir un document à jour au gré des éventuelles évolutions. Mais c’est moins direct pour accéder à la correspondance de couleur des touches. Pour résumer, elles permettent de contrôler le volume, le réglage de crossfeed pour l’écoute au casque, la luminosité des touches. Moins courant, il y a un égaliseur graphique 4 bandes avec une amplitude de réglage sur +/- 9 crans.

Lorsque l’on ajoute le Poly, le paramétrage s’effectue non plus avec les touches colorées mais à travers une app qui se connecte en Bluetooth. Elle permet de sélectionner le mode de fonctionnement. En dehors de la liaison audio Bluetooth classique, le wi-fi peut se configurer en récepteur ou émetteur (mode Hot Spot). En mode récepteur, il faut connecter le Poly à votre réseau wi-fi, il pourra ainsi lire de la musique via Roon, DLNA ou en AirPlay. En mode émetteur, il se transforme en serveur musical : c’est lui qui distribue la musique stockée dans sa carte mémoire vers d’autres lecteurs audio connectés en wi-fi direct.

L’application Chord Gofigure sert donc à configurer tout cela. Elle informe également sur l’état du Poly et le niveau de charge de la batterie. Certains réglages sont exclusifs. En récepteur Roon, il n’est pas possible d’accéder à la carte SD par exemple. Le Poly ne peut pas être connecté au wi-fi et jouer le rôle de Hot Spot wi-fi simultanément. Passer de l’un à l’autre nécessite un redémarrage automatique du Poly. Enfin, parmi les autres réglages, on peut activer la lecture des fichiers DSD via Roon ou bien accéder à la lecture des webradios.

A l’écoute

Les tests se sont déroulés en plusieurs phases : tout d’abord en connectant un iPhone sur l’entrée USB, puis un MacBook en USB-C. Nous avons terminé avec l’extension Poly en mode Roon pour profiter de Qobuz intégré et de nos playlists favorites. Le casque BeyerDynamic Amiron Home nous a servi de référentiel. A noter que le bouton de mise en route du Mojo 2 s’éclaire de différentes couleurs pour nous indiquer la qualité du flux audio en cours de lecture.

Nous débutons avec l’album Here It Is en hommage à Leonard Cohen. La reprise de Steer Your Way par Norah Jones est superbement reproduite par le Mojo 2. Une sensation de légèreté dans la restitution permet de profiter facilement de tous les instruments qui entourent notre tête grâce à un étagement des plans respecté. Les percussions claquent et la voix comme les chœurs coulent de source. Lorsque le saxophone apparaît, il prend forme de façon très précise pour venir se placer en arrière des voix. Sur l’album de Robert Glasper Black Radio III, c’est une myriade de sonorités qui explosent et jaillissent du casque. Il y a de la profondeur marquée par les résonances qui suivent les voix, ce qui, une nouvelle fois, donne une excellente sensation d’ouverture et de respiration.

Le dernier maxi de Justice intitulé Planisphere nous permet d’explorer les fréquences les plus graves. Ces titres caractérisent parfaitement la signature sonore neutre du Mojo 2. Il ne cherche pas à enjoliver ou à mettre en avant quoi que ce soit, de manière volontaire ou pas. C’est avec cette faculté à tout passer de façon fluide que l’on comprend que le Mojo 2 est bien un appareil Hi-Fi, dans le sens où il respecte chaque style musical. Ici, pas de grave mis exagérément en avant : tout reste à sa place. Évidemment, l’égaliseur 4 bandes, que nous n’avons pas eu besoin d’utiliser, est toujours présent pour donner un petit coup de boost si c’est ce que vous préférez.

A l’écoute de la Symphonie No. 4 de Carl Nielsen par l’Orchestre national du Danemark, on peut profiter du profond respect de la dynamique du Mojo 2. Les passages les plus faibles comme les envolées alternent avec naturel. La scène sonore est ultra-large grâce à un étalement des pupitres respecté. La séparation et la verticalité nous permettent de les différencier et de nous concentrer sur chacun ou sur l’ensemble sans effort. La qualité première du Mojo 2 est bien de s’effacer devant la musique pour la restituer telle qu’elle est, sans artifice.

Les + :
Plénitude totale
Respect de la musique
DAC à la fois nomade et sédentaire
L’égaliseur 4 bandes pour personnaliser la signature sonore
La connectivité sans fil offerte par l’extension Poly

Les - :
Les couleurs des boutons difficiles à retenir
L’autonomie limitée à 8 heures
Les deux sorties casque non indépendantes

Conclusion

Le Chord Mojo 2 est un DAC/ampli casque portable remarquable. Voilà un appareil dont on ne pourra jamais regretter l’achat tellement il est bon sur tous les critères. Compact, prêt à démarrer en quelques secondes, capable de jouer tous les formats audio ou presque, il ne lui manque rien. Il y aurait à redire sur l’ergonomie à cause de tous ces boutons colorés, mais on peut parvenir à s’en accommoder. La proposition du Mojo 2 consiste à nous laisser porter par la musique sans avoir à nous soucier de tel ou tel manque : elle nous est délivrée dans sa plus simple expression, naturelle, sans artifice. Le Mojo 2 ne se substitue jamais à votre casque ni ne vient modifier sa signature. En revanche, l’égaliseur 4 bandes permettra de corriger les défauts du casque, ou de personnaliser la restitution si c’est ce que vous préférez. L’extension Poly ouvre les possibilités vers la connexion sans fil, ce qui sera encore plus pratique dans bien des cas. Grâce à l’association des deux éléments, vous avez là un outil de lecture haute-fidélité multifonction, de faible encombrement, pouvant être branché ou fonctionnant sur batterie. Une polyvalence difficile à battre !