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Auralic Altair G1 : un préamplificateur numérique doublé d’un streameur Hi-Res pour s’approcher de la perfection audiophile

Par Alban Amouroux |

Les appareils Auralic bénéficient d’une excellente réputation aujourd’hui incontestable, qui a été forgée en une douzaine d’année seulement, soit l’ancienneté de la société. A travers une gamme réduite mais cohérente de produits dédiés à la lecture audio numérique, Auralic s’est positionnée dans une fourchette tarifaire allant du premium au haut de gamme. L’Altair G1 est le plus universel de la gamme. Et le plus accessible aussi.

Depuis peu, Auralic a harmonisé l’esthétique de ses produits. Il y a eu une époque où ils revêtaient un design tout autre, avec un large afficheur de couleur jaune. Ce dernier a bien aidé la marque à se différencier et à se faire remarquer. Mais pas seulement au niveau des yeux, les oreilles sont bien entendu concernées. Pour arriver à ses fins, Auralic traite l’ensemble de ses préamplificateurs, convertisseurs, streameurs et horloges numériques de la même façon : des composants triés parfaitement organisés et séparés, le tout installé dans des châssis inertes. Les modèles les plus haut de gamme dont la références se termine par un .1 se composent entre autres d’un double châssis intégrant une feuille de cuivre.

Toutes les références Auralic se ressemblent mais elles ne proposent pas les mêmes fonctions. Quelques détails d’équipement en façade, comme la présence ou non d’un potentiomètre ou d’une prise casque, permettent de vous aiguiller. Il existe des streameurs sans DAC, des DAC avec streameur et un streameur avec DAC et préamplificateur. C’est ce dernier qui nous intéresse, le modèle Altair G1. Auralic est aussi l’un des rares acteurs de l’audio numérique à fabriquer des horloges maîtresses. Ces dernières sont équipées d’un oscillateur ultra-précis qui va imprimer un rythme parfait à la lecture pour écarter tout risque de jitter. Revenons à l’Altair G1, un appareil entièrement dans le domaine du numérique qui rend accessible le meilleur du savoir-faire Auralic.

Caractéristiques

Prix : 2 399 €
Connectivité : Wi-fi, Ethernet, Bluetooth, 3x entrées numériques (optique, coaxiale, XLR AES/EBU), 1x port USB-B audio, 1x port USB-A pour le stockage, 1x sortie analogique symétrique, 1x sortie analogique asymétrique
Formats : PCM jusqu’à 384 kHz, DSD512
Streaming : Roon Ready, DLNA, AirPlay, radios web, Qobuz natif
Poids : 6,8 kg
Dimensions (L x H x P) : 340 x 80 x 320 mm 

Présentation générale de l’Altair G1

Les appareils Hi-Fi ne respectent plus la largeur standard depuis longtemps. Il en va ainsi pour cet Altair G1 mesurant seulement 34 cm de large en façade. Néanmoins, dans un format aussi ramassé, Auralic a réussi à inclure un grand nombre de fonctionnalités. Au niveau de la construction et de la finition, il n’y a rien à redire. Tout est robuste, avec des panneaux épais et une peinture résistante. L’Altair pèse tout de même près de 7 kg.

La face avant est découpée en trois. A gauche se trouve une sortie casque au format jack 6.35 mm, au centre l’écran LCD couleurs de 10 cm dans un renfoncement du châssis, et à droite un potentiomètre multi-usage. Il n’y a pas de touche de mise sous tension ni de veille : il suffit pour cela d’appuyer longuement sur le potentiomètre.

L’Altair G1 travaille exclusivement dans le domaine numérique. Il gère sept sources que l’on peut décomposer ainsi : le streaming via Ethernet ou wi-fi, le Bluetooth, trois entrées numériques dans différents formats, une entrée USB pour un ordinateur et le stockage direct de fichiers.

Ce dernier est possible en interne ou en externe. Lors de la commande, vous pouvez choisir d’ajouter un disque SSD de 2 To installé d’usine, ce qui ajoute également 400 euros sur la facture. Ou bien vous pouvez utiliser le port USB en face arrière pour relier votre propre disque dur externe.

Il n’y a donc aucune entrée analogique. Si vous souhaitez relier une platine vinyle ou autre, l’Altair G1 ne sera pas forcément la bonne réponse à votre projet. Mais c’est ici le seul de ses manques. Notez qu’il existe des boîtiers de préamplification phono RIAA équipés de sorties numériques, ce qui répondrait éventuellement à la contrainte.

La seule connectique analogique est donc celle dédiée aux sorties préamplifiées : une paire asymétrique RCA et une paire symétrique XLR. La gestion du volume reste dans le domaine numérique de bout en bout.

A l’intérieur, la section de conversion numérique/analogique est séparée du reste par une cloison pour éviter les parasites. Une carte électronique globale pour les entrées, la gestion et l’alimentation prend place à l’arrière, sur la partie gauche. A l’avant se trouve un transformateur toroïdal de taille confortable.

La conversion est confiée à une puce ESS 9038Q2M offrant la lecture Hi-Res jusqu’à 384 kHz en 32 bits. La lecture des DSD512 est également assurée. L’ensemble des signaux est traité par un processeur maison appelé Tesla G2. Puissant, épaulé par 1 Go de mémoire cache et 2 Go de RAM, il gère 37 500 millions d’informations par seconde. Pour un rejet optimal du jitter, l’Altair G1 s’appuie sur une horloge interne précise à 72 femtosecondes.

Fonctionnalités de l’Altair G1

L’Altair G1 est livré sans télécommande, pourtant, il dispose bien d’un récepteur infrarouge. Auralic vous propose d’utiliser la télécommande de votre choix et d’apprendre les commandes dont vous avez vraiment besoin au quotidien. Vous pouvez également naviguer dans les différents écrans de menu et de configuration en façade grâce au potentiomètre qui sert alors de croix multifonctions. Le plus simple consiste encore à télécharger l’application mobile Auralic Lightning DS.

Cette application est efficace et c’est tout ce qu’on lui demande. Un menu vertical sur la gauche constitué d’icônes vous dirige vers les sources, les favoris, les playlists, les webradios, et Qobuz bien sûr. Après avoir entré les identifiants de votre compte, vous retrouverez vos albums et morceaux préférés mais aussi les propositions de Qobuz telles que les nouvelles sorties, les meilleures ventes, les playlists, etc..

Tout en bas à gauche de l’application, une roue crantée vous redirige vers l’ensemble des paramètres de l’Altair, et ils sont nombreux. Vous allez pouvoir sélectionner des filtres, configurer la qualité audio maximale ou encore appliquer un suréchantillonnage. Il est également possible d’activer ou de désactiver les sources et les services tels que l’AirPlay, le Bluetooth, Spotify Connect ou Roon.

Comme nous l’avons vu précédemment, l’Altair G1 possède la fonction de serveur de fichiers, pour lui-même et pour d’autres lecteurs audio de votre réseau. Plus rare, il sait copier vos CD dans son stockage interne ou externe. Pour cela, vous avez seulement besoin d’un lecteur CD externe USB de type informatique. Les albums sont recopiés et les métadonnées ajoutées.

A l’écoute

Ce n’est pas le premier appareil Auralic passant entre nos mains. Et nous retrouvons comme un air de famille. Ce qui nous a plu sur d’autres produits de la marque est bien présent avec l’Altair G1. Dans cette gamme de prix, il sait faire des choses habituellement réservées à des produits bien plus élitistes. Il possède une capacité rare à récréer une scène sonore bien plus présente qu’à l’accoutumée. Cette dernière se déploie en largeur et en hauteur, ce qui représente déjà une belle performance. Mais elle sait aussi dépasser le cadre des enceintes avec en supplément une scène prenant de l’épaisseur aussi bien en arrière qu’en avant des enceintes.

L’Altair arrive à ses fins sans impacter la fidélité. Les timbres sont somptueux. Amoureux des guitares, vous trouverez votre bonheur dans la réédition Hi-Res de la collaboration entre B.B. King et Eric Clapton sur le classique Riding With the King. Avec l’Altair, on nage en plein bonheur entre ces deux géants qui se répondent, toujours parfaitement séparés dans la scène devant nous, avec l’ensemble de l’accompagnement qui les entoure. Il y a de la matière sur toute la largeur de la scène, sans aucun trou.

Le dernier titre électro de Petit Biscuit, I Leave Again, permet une nouvelle fois de prendre la pleine mesure des capacités de restitution de l’Altair G1. La musique remplie la pièce sans forcer : nous sommes au cœur de la mélodie à 360°, soutenue par un grave à la teneur et à l’impact sans faille. Ce streameur est capable d’aller chercher les détails les plus infimes dans le haut comme dans le bas afin de distiller la plus petite respiration, le moindre toucher d’instrument.

L’écoute d’excellents enregistrements est jubilatoire. Autant l’Altair va tirer le meilleur de n’importe quel titre, autant les enregistrements de référence en haute résolution permettent de toucher à l’exceptionnel. Sur les sessions orchestrales I Know I Dream, Stacey Kent est devant nous, là, dans la pièce. Sa voix toute en suavité nous emporte, appuyée par la contrebasse à gauche et la guitare à droite dans un élan total de réalisme. Nous avons beau chercher, nous n’arrivons pas à trouver de défaut à ce streameur.

Les + :
Scène sonore tridimensionnelle
Application mobile bien faite
Intégration de Qobuz Sublime+
Fonctions ripping & serveur
Compatibilités AirPlay & Roon

Les - :
Dommage que l’écran en façade ne soit pas tactile

Conclusion

L’Altair G1 est au croisement de la haute-fidélité et de la musicalité. Il assure les deux avec brio pour contenter tout le monde. Si vous cherchez l’analyse et le moindre détail enfoui au fin fond des enregistrements, l’Altair G1 effectue le travail sans sourciller. Mais il a surtout le bon goût d’aller au bout des choses sans aucun ennui. Cette superbe scène sonore pleine et entière fait entrer et même déborder la musique dans votre salon. Chaque voix, chaque instrument est si parfaitement détouré et détaillé qu’ils semblent installés à demeure. L’Altair G1 est une vraie pépite. Avec lui, nul besoin d’aller chercher plus loin, s’il cadre avec votre budget bien sûr. Il ne faut pas oublier qu’il possède en plus d’excellentes capacités de lecture réseau avec Qobuz intégré, de multiples paramètres de personnalisation, un DAC à plusieurs entrées et une fonction de serveur de stockage de fichiers audio et de copie de CD. C’est peut-être bien le dernier appareil numérique dont vous aurez besoin sans plus jamais avoir envie de changer.