Catégories :

Le souffle Parisien

Les riches aventures du quintet du saxophoniste Émile Parisien...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 5 octobre 2016
Réagir

Si l’art d’Émile Parisien évolue au fil de ses enregistrements, la richesse de ses improvisations comme la densité de son jeu montent toujours d’un cran au fil des ans. Pour Sfumato, son premier album en quintet, le saxophoniste originaire de Cahors s’est entouré du guitariste Manu Codjia, du contrebassiste Simon Tailleu, du batteur Mario Costa et du pianiste Joachim Kühn. Invités de marque, Michel Portal à la clarinette basse et Vincent Peirani à l’accordéon viennent épauler le groupe sur quatre des onze thèmes de ce disque produit par Siggi Loch du label ACT et enregistré par Gérard de Haro et Nicolas Baillard au studio la Buissonne en mai 2016. Ce gang de virtuoses sans ornière, ambassadeurs d’une liberté revendiquée, déroulent un jazz qu’on qualifiera (par paresse) d’européen. Un jazz brassant l’héritage de la terre sainte d’Amérique (du hard bop eu free), les musiques folkloriques et la musique classique. Une cartographie logiquement vaste. Mais sous ses airs libertaires, Parisien dirige sa troupe avec une cible unique dans le viseur : l’écoute et le dialogue. Ce qui n'a rien d’antinomique... Et que les séquences soient volcaniques ou drôles, langoureuses ou espiègles, ceux-là passent leur temps à s’écouter, se parler, se répondre, s’interpeler. L’association avec Peirani (d’ailleurs étincelante sur Belle Époque, l’album que le duo signa en 2014 déjà chez ACT) est merveilleuse dans sa complicité. Quant à la présence d’une figure aussi charismatique que celle de Kühn, elle semble stimuler le quintet. Le pianiste de Leipzig a toujours entretenu des relations privilégiées avec les saxophones (Ornette Coleman, Archie Shepp, Joe Henderson, Michael Brecker ou bien encore Pharoah Sanders peuvent en témoigner) et ses échanges avec Émile Parisien accouchent de nombreux moments forts. Forts comme le sont aussi les ponctuations du toujours parfait Manu Codjia… Le répertoire est également passionnant. A l’image de cette relecture, dix ans après l’avoir enregistrée avec son quartet sur l’album Au revoir porc-épic, de la composition Le Clown tueur de la fête foraine. Bref, on sort ébouriffé de ce Sfumato. Secoué par ce foisonnement d’improvisations livré par un casting trans-générationnel au sommet de son art.





Pour suivre tout ce qui se passe sur Qobuz, rejoignez-nous sur Facebook !

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters