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La vague GoGo Penguin

Par Marc Zisman |

Toujours là pour déstabiliser la jazzosphère, le trio mancunien signe un 5e album vivifiant et rythmiquement imparable...

Il y a eu The Beatles par The Beatles, The Stooges par The Stooges, Cypress Hill par Cypress Hill, Metallica par Metallica… Donner son nom à son album indique un premier chapitre ou au contraire une forme d’aboutissement. Pour GoGo Penguin, GoGo Penguin sera l’aboutissement. Non pas une lettre d’adieu mais la consécration d’une petite décennie de recherche captivante pour le pianiste Chris Illingworth, le batteur Rob Turner et le bassiste Nick Blacka.

Avec son alliage bien dosé de jazz contemporain, de musique électronique et de minimalisme, le trio de Manchester a imposé sa sémantique singulière, comme magnifiée dans cette cuvée 2020. Avec un tel album, GoGo Penguin gomme de plus en plus l’héritage d’EST (le trio du défunt Esbjörn Svensson), celui des pontes du minimalisme (Steve Reich, Philip Glass) et de ceux de la musique électronique (Aphex Twin, Roni Size), bref, toutes ces influences clés à leurs débuts. Illingworth est on ne peut plus clair : « Ce que j’ai pu réaliser au piano, c’est quelque chose que je cherchais à atteindre depuis des années, une direction dans laquelle je peux clairement m'investir physiquement, qui me permet d’exprimer qui je suis. Et je sais que c’est la même chose pour Rob et Nick, qu’ils sont tout aussi fiers de ce qu’ils ont apporté au disque. Nous avons tous trouvé notre place, nous avons aujourd’hui pleinement confiance en nous, suffisamment pour affirmer : ‘Voilà comment je veux jouer de mon instrument, et voilà comment nous voulons jouer en tant que groupe’. Un but que nous avons cherché à atteindre depuis nos débuts. »



Pour la première fois aussi, GoGo Penguin a pris son temps. Six mois pour l’écriture, deux semaines pour l’enregistrement et des tas d’expérimentations musicales. Un contexte apaisé mais aussi bouleversé comme l’explique Turner : « Aujourd'hui, nous faisons bien plus face à la réalité qui nous entoure, celle de vieillir et d’être mortels, comme tout un chacun, voir les gens que nous apprécions dans des situations très compliquées. C’est à ce moment que Chris est devenu père pour la première fois. Plus tu vis, plus la réalité autour de toi devient complexe et dense, nous avons eu envie d’insuffler cet état d’esprit à notre musique. »



Et cela s’entend tant les improvisations comme les envolées lyriques et atmosphériques à forte résonance émotionnelle de ce GoGo Penguin sont de chaque instant. Dans les choix aussi comme sur F Maj Pixie où la ligne de basse de Nick Blacka possède la puissance d’un cœur battant. Mais le ton général de ce cinquième album studio est surtout de l’ordre de la sensation. De la mélodie à fleur de peau. Et la production est assez épurée comme lestée de ses tics expérimentaux superflus. Car avec GoGo Penguin, GoGo Penguin va à l’essentiel.



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