Orville Peck, le cow-boy masqué

Country cotonneuse, guitares twang et voix de crooner, le premier album troublant d'un mystérieux chanteur...

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 23 mars 2019
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Qobuz

L’emballage intrigue. Stetson sur la tête, masque sur les yeux et voile à franges sur la bouche, Orville Peck avance comme un énième vengeur masqué, camouflé, casqué, caché, prêt à rejoindre Daft Punk, Cascadeur, les Residents, MF Doom et autres SBTRKT. De plain-pied, le bonhomme a surtout l’allure d’un cow-boy échappé d’un rêve imaginé par David Lynch. Une sorte de version improbable du Lone Ranger, ce personnage de fiction apparu en 1933 dans un feuilleton radiophonique, puis dans une série télévisée quinze ans plus tard, véritable icône de la culture pop américaine…

Lorsqu'il ouvre enfin la bouche, son chant est celui d’un crooner intemporel. Il y a du Elvis, du Roy Orbison, du Chris Isaak, du Lloyd Cole voire du Marlon Williams dans cette voix de lover invétéré dont Orville Peck n’abuse jamais des effets. Avec Pony, son premier album Qobuzissime qui paraît sur l’excellent label Sub Pop, ce mystérieux natif d’on ne sait où, âgé d’on ne sait combien d’années, enchaîne les ballades romantiques décalées et les complaintes oniriques. Des chansons grandioses qu’il drape dans une production où règnent la réverbération, les guitares twang, les batteries cotonneuses et la steel-guitar impressionniste.

Comme si country et shoegaze pactisaient le temps d’une torride nuit d’amour. Cœurs brisés, motels désertés, autoroutes infinies et paysages de western délavés, voilà un beau disque qui laisse entrevoir toute une imagerie fascinante dont Orville Peck est le peintre doué. Reste à fermer les yeux et rêver avec lui en écoutant son Pony...







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