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Le refuge d'Aubert

L'ex-chanteur de Téléphone boucle la décennie avec "Refuge", un somptueux et copieux double album...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 16 novembre 2019
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Les années 2010 constituent une décennie riche pour Jean-Louis Aubert puisqu’il a sorti un album d'inédits en 2010 (Roc Eclair) et une mise en musique de poèmes de Michel Houellebecq en 2014 (Les Parages du vide), et qu’il a reformé partiellement Téléphone avec Les Insus.

Il fallait donc la conclure avec panache, ce qui est le cas avec Refuge, double album qui vient de paraître et sur lequel on trouve 22 titres principalement composés et enregistrés en solitaire. Quoique « solitaire » n’est pas sans doute pas le terme le plus approprié car c’est un opus conçu sous forte influence – celle des maîtres à penser de l’auteur-compositeur-interprète. On pourra ainsi apprécier un slow à la John Lennon (Les Temps sont durs) ou bien une valse-balade façon Perfect Day de Lou Reed (Sculpteur de vent).



On croisera donc des styles musicaux divers et variés dans ce Refuge, du rock (Marche droit, Il faut attendre) à la musique folk (Où je vis), en passant par une pop sautillante 70’s, à laquelle Aubert ne nous avait pas habitué jusqu’alors (La Vie est une souris). Dans le genre « innovant », il faut également citer Refuge, avec sa couleur mi-électro, mi-reggae, rythmée par un joli son d’orgue et des pizz, le tout sur une voix autotunée ! Globalement, c’est un mélange des genres assumé qui constitue les fondations de l’album, à l’image d'Où me tourner, chanson à la croisée du rock, de la pop et de l’électro.

C’est également un optimisme relativement constant, ainsi qu’une grande douceur qui surnagent dans ce Refuge – cette dernière étant due, entre autres, au travail remarquable de Bénédicte Schmitt et Dominique Blanc-Francard, l’un des duos de mixeurs/arrangeurs les plus sensibles de Paris.



Dans Du Bonheur, Jean-Louis Aubert nous transmet sa joie de vivre sur des cuivres et un gimmick discret au synthé, tandis que Bien sûr est un slow sur l’amour vu comme un voyage en mer. Et dans le moment suspendu et magique qu’est L’Ange et la grande, il est seul avec sa guitare et les oiseaux de son jardin, afin de chanter les amours de Marlene Dietrich et Jean Gabin.

Chacun des deux albums se termine par des morceaux qui se font écho. D’un côté, Tire d’aile, et de l’autre, Demain. Dans les deux cas, la voix d’Aubert est particulièrement réverbérée et sa musique, planante. Et dans les deux cas, on retrouve ses deux thèmes de prédilection : la première est une réflexion sur la liberté à travers la figure d’Icare, tandis que la seconde évoque les questions de Jean-Louis Aubert sur l’avenir, avec un optimisme teinté d’amertume.

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