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Hommage à Hvorostovsky

Une tumeur au cerveau a emporté le grand baryton russe à l’âge de 55 ans...

Par François Hudry | Vidéo du jour | 23 novembre 2017
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En 2015, à l’heure où sa maturité vocale lui permet d’aborder les grands rôles théâtraux, Falstaff, Scarpia, Gianni Schicchi, Rigoletto, Grémine, le Père Germond, Dmitri Hvorostovsky, atteint d’une tumeur au cerveau inopérable, a été contraint d’annuler tous ses engagements scéniques.

Sa dernière apparition publique date de la grande soirée de gala, du 7 mai dernier, pour le cinquantième anniversaire du Metropolitan Opera au Lincoln Center de New York. Le baryton russe a soulevé l’enthousiasme légitime du public en interprétant « Cortigiani, vil razza », le fameux monologue de Rigoletto. Estimant que la meilleure thérapie était de continuer à chanter, il a travaillé son art tous les jours en rêvant de pouvoir remonter sur scène, une grâce que les Parques lui ont brutalement refusée le 22 novembre 2017.



De bonnes fées lui ayant apporté dans son berceau beauté vocale et beauté physique, Dmitri Hvorostovsky a appris très tôt à s’en servir pour devenir un des grands barytons de ces dernières années. Depuis ses débuts internationaux en 1989, il a promené sa haute stature sur les principales scènes d’opéra de la planète. Né à Krasnoïarsk en Sibérie, il obtient son diplôme de chant en quatre ans seulement et remporte très vite des concours, d’abord en Union Soviétique, puis à Toulouse. Mais c’est le Concours de chant de la BBC qu’il remporte à Cardiff, en 1989 qui le propulse très vite dans la carrière. Le jeune homme tient ses promesses en chantant tous les rôles du répertoire russe et italien : Eugène Onéguine, Guerre et Paix, Les Noces de Figaro, Don Giovanni, La Traviata, Un bal masqué, Le Trouvère, Les Puritains, Don Carlos.



Ses débuts sont fulgurants. Son aisance en scène, sa voix sombre et ample, son timbre chaleureux et parfaitement homogène sur toute son étendue lui permettent de rendre ses personnages réellement convaincants. Les majors se l'arrachent, Philips en tête qui lui fait aussitôt enregistrer de nombreux opéras et récitals. Jamais avare de comparaisons hasardeuses, la presse à sensation le surnomme l’Elvis de l’opéra, ce qui contribue à répandre son image au-delà même des cercles musicaux.



La maturité venue, sa voix se transforme et gagne en puissance, elle devient aussi plus flexible. Conscient de sa valeur le chanteur sait qu’il a conquis le monde. Orgueilleux, chaleureux, obstiné il avoue aussi avoir rangé sa vie : « Il faut dire que je suis devenu un saint : j’ai arrêté de fumer et de boire de l’alcool » avoue-t-il. Hvorostovsky pratique aussi volontiers la mélodie française dont il perfectionne la diction grâce son épouse genevoise, ex-chanteuse elle-même. Il ne dédaigne pas le crossover, réalisant de nombreux albums consacrés à des chants populaires russes.



La discographie de Dmitri Hvorostovsky est vaste. Repéré dès ses débuts par les grandes majors, il enregistre de nombreux opéras, Eugène Onéguine bien sûr, La Dame de Pique, Iolanta, La Traviata, Don Carlo, Cavalleria Rusticana et, le dernier en date paru en novembre 2017, un Rigoletto (que l’on attendait depuis longtemps, car il s’agit d’un de ses plus grands rôles), enregistré à Kaunas, en Lituanie avec Francesco Demuro et Nadine Sierra, sous la direction de Constantine Orbellian.



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