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David Roback dans les étoiles

Le mystérieux leader de Rain Parade, Opal et surtout Mazzy Star s’est éteint à l’âge de 61 ans…

Par Marc Zisman | Vidéo du jour | 27 février 2020
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C’est un personnage antant méconnu que culte et influent qui vient de mourir à 61 ans, le 25 février 2020. Une sorte de styliste dont le nom est avant tout associé à celui de son groupe le plus populaire, Mazzy Star. Même si la voix d’elfe chloroformée de sa chanteuse Hope Sandoval est un autre gros dossier bien culte lui aussi, impossible de ne pas évoquer le son et la musique conçu par David Roback pour les quatre albums du groupe, She Hangs Brightly (1990), So Tonight That I Might See (1993), Among My Swan (1996) et Seasons of Your Day (2013). Un univers sonore mille fois imité, rarement égalé. Un organe rêveur, comme en apesanteur, délicatement adossé contres des guitares pleine de réverb’ et de trémolo, sans qui la scène shoegaze n’aurait peut-être jamais vu le jour. Du beau, du vaporeux, de l’envoûtant…

Ayant grandi à Brentwood à l’Est de Los Angeles, David Roback eut pourtant une vie avant Mazzy Star. A l’aube des eighties, son groupe Rain Parade monté avec son frère Steven est un des piliers de la scène Paisley Underground, ce courant californien de formations obsédées par les sixties, le psychédélisme et le rock garage. Mais si la plupart d’entre eux possède un background punk, Roback est comme exclusivement agité par les sixties et notamment les Doors, le Velvet Underground (du troisième album éponyme), Love, les Beatles (post Revolver) sans oublier les Byrds (tendance Eight Miles High) dont il braque les mélodies sucrées et hypnotiques à déguster sur l’album Emergency Third Rail Power Trip (1983).



Il y eut ensuite la courte parenthèse Clay Allison, un combo psyché-folk, qu’il lance avec sa complice d’alors, Kendra Smith, bassiste échappée du Dream Syndicate, un autre groupe phare du Paisley Underground. Un single seulement et le Clay Allison change de nom pour devenir Opal (titre d’une chanson de Syd Barrett, une autre des idoles de Roback) et publier Happy Nightmare Baby (1987), unique album. Mais Kendra Smith quitte le navire une fois le disque sorti et la tournée s’effectue avec une nouvelle chanteuse, Hope Sandoval. Mazzy Star est sur la rampe de lancement et sévira entre 1988 et 1997.



Sandoval posera ensuite sporadiquement sa voix chez les Chemical Brothers, Jesus & Mary Chain et Massive Attack avant de se lancer en solo sous le nom d’Hope Sandoval & the Warm Inventions. En juin 2009 lors d’une interview à Rolling Stone, elle avoue travailler à nouveau avec Roback sur un possible quatrième album de Mazzy Star. Deux ans plus tard, un single (Common Burn/Lay Myself Down) sort enfin et le tandem sillonne à nouveau les routes d’Europe et d’Amérique. Leurs fans devront patienter deux années supplémentaires avant que ce fameux quatrième opus n’arrive enfin…



On sait peu de choses de la suite, si ce n’est que le très secret David Roback avait jeté l’ancre depuis de nombreuses années en Norvège. En 2004, il avait ajouté à son cv succinct quelques titres composés pour la BO de Clean, le film d’Olivier Assayas dans lequel il fait une apparition. En mai 2017, Keith Mitchell, batteur sur les quatre albums de Mazzy Star, avait déjà passé l’arme à gauche…

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