Votre panier est vide

Rubriques :
Vidéo du jour

Bill Frisell, six cordes à son arc

Par Marc Zisman |

Avec "Valentine", le guitariste américain signe un nouveau chef d'œuvre en trio avec Thomas Morgan et Rudy Royston.

Pour son deuxième album sur Blue Note, Bill Frisell revient au trio, une des configurations qu’il affectionne le plus. Avec le batteur Rudy Royston et le bassiste Thomas Morgan, le guitariste américain forme un groupe époustouflant de justesse et de créativité.

Produit par son vieux complice Lee Townsend, derrière la console de ses disques depuis plus de trente ans, Valentine mêle nouvelles et anciennes compositions personnelles et reprises. Cet album explore surtout diverses formes créatives que le trio a mis en place au fil des années de tournées. Et la documentation de cette complicité montre l’équilibre parfait entre la sensibilité architecturale des trois hommes et la spontanéité qu’ils gardent sans cesse à l’esprit.



« Il y a les mathématiques physiques d’un trio », explique Bill Frisell. « Il y a tellement de force dedans, il peut pencher d'un côté, mais il restera toujours en place. La musique, c'est que tout le monde se fait confiance au point où tout le monde est dans un état d'esprit où on ne sait pas ce qui va se passer ensuite, et on se sent suffisamment en sécurité pour essayer quoi que ce soit. C’est comme si vous rêviez et que vous vous trouviez au bord d’une falaise, et que vous savez à un certain niveau que c’est un rêve, alors vous pouvez sauter. Avec cette musique, on pourrait faire ça. On pourrait tous les trois prendre de grandes chances et on serait toujours sauf. Il s'agit de la confiance qui rend les risques possibles. »

L’envie d’avancer est immense. Délestée de tout bavardage, la voix de Bill Frisell, reconnaissable entre mille, est porteuse d’idées toujours inattendues (la reprise du What The World Needs Now Is Love de Burt Bacharach et Hal David). Fascinant aussi lorsqu’il reprend un matériau atypique, revisité maintes fois, comme ce Baba Drame du guitariste malien Boubacar Traoré, déjà enregistré sur The Intercontinentals en 2003 et History, Mystery en 2008. Creuser ce même sillon pour en extraire une pierre précieuse à chaque fois est l’apanage des géants qu’il est.



Mais Valentine est bien un disque de trio. Pas juste un énième triple salto arrière signé Frisell. Un trio à la cohésion aussi forte que celui des années 90 avec Kermit Driscoll et Joey Baron

Valentine se referme sur une note grave, engagée et pleine d’espoir avec une relecture de We Shall Overcome, mythique protest song tirée d'un vieux gospel et qui fut l’hymne des marches du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis durant les années 60. Une chanson on ne peut plus d’actualité…



ÉCOUTEZ "VALENTINE" DE BILL FRISELL SUR QOBUZ



Pour suivre tout ce qui se passe sur Qobuz, rejoignez-nous sur Facebook !

 Lire aussi

À découvrir autour de l'article