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Intégrales d'opéra - Paru le 10 février 2017 | Ediciones Singulares

Hi-Res Livret Distinctions Choc de Classica - Choc Classica de l'année
Si l’on excepte le Chant du départ, dont on ignore généralement que l’auteur n’est autre que Étienne-Nicolas Méhul, le compositeur ne doit plus sa modeste notoriété qu’à Joseph, le seul de ses trente-cinq ouvrages dramatiques qui soit encore donné de temps à autres. L’ampleur de cet oubli ne date pas d’hier : Berlioz la déplorait déjà en 1852. « Monté » à Paris de ses Ardennes natales où il vit le jour en 1763, Méhul eut la chance de croiser Gluck qui l’orienta vers le théâtre lyrique. En 1790, il fit un brillant début à l’Opéra-Comique avec Euphrosine, puis contribua au lustre des fêtes révolutionnaires (dont le style typique se retrouve dans le Morceau d’ensemble n° 4 d’Uthal, « Vers le palais de ses nobles ancêtres »), continuant à composer d’abondance pour le théâtre avec des succès divers, et participa à la fondation du Conservatoire. Sa carrière, poursuivie sous l’Empire, culmina avec Joseph en 1807, avant que le triomphe de Spontini et les progrès de la phtisie n’aient raison de son énergie. Sa mort en 1817 coïncidait avec une révolution du goût fatale à l’esthétique qu’il avait illustrée. Uthal n’évoque de nos jours (et encore…) que l’exclamation cruelle prêtée à Grétry à l’issue de la création en 1806 : « J’aurais donné un louis pour entendre une chanterelle ! », ce qui n’avait rien d’une exigence mycologique, mais signifiait que Grétry aurait voulu entendre la corde aiguë du violon, le mi, appelé aussi la chanterelle. Car Méhul avait demandé aux violonistes de troquer leurs instruments pour des altos, afin d’obtenir de l’orchestre une teinte sombre et mélancolique – une originalité que ses contemporains ne goûtèrent guère, apparemment, même pas Berlioz qui avait pourtant l’habitude des hardiesses orchestrales. La brièveté d’Uthal ne laisse pourtant guère place à la moindre lassitude... Voici donc l’enregistrement de ce petit bijou totalement oublié depuis plus de deux siècles, avec un superbe plateau de chanteurs français, le tout sous la baguette de Christophe Rousset. Ajoutons que les dialogues parlés ont ici autant de place que les passages chantés : peut-être aurait-il mieux valu, pour le disque, en rester à ces derniers... © SM/Qobuz« [...] Tout en payant son tribut à Gluck ou à Cherubini, le compositeur montre à chaque instant une imagination mélodique personnelle et une justesse du sentiment qui affermissent le dessin des caractères et des situations. [...] Dans une écriture aussi tendue, l’apport des instruments anciens est tout sauf évident [...] D’autant que Christophe Rousset ne les ménage pas, montrant là [...] une véhémence dramatique qu’on ne lui a pas toujours connue. Et qu’il communique à ses chanteurs, tous formidablement investis, en particulier Karine Deshaye, transcendée en tragédienne par le rôle de Malvina. Avec les excellents Bou et Beuron à ses côtés, l’élite du chant français est à l’honneur. » (Diapason, mars 2017 / Emmanuel Dupuy)« Christophe Rousset dirige ses Talens lyriques et l’excellent Chœur de chambre de Namur avec un chatoyant dynamisme. Côté solistes, tout est de haut niveau, et les rôles secondaires sont bien tenus. C’est la condition indispensable pour revitaliser cet intéressant maillon de l’histoire de l’opéra français. » (Classica, novembre 2017)

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