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Mano Solo

L'œuvre engagée et musicalement riche de Mano Solo lui a valu trois disques d'or. Au fil de sa dizaine d’albums, il a réussi à marier la chanson réaliste et le rock indépendant, avec des sonorités variées issues du tango, du flamenco, de la java parisienne, de rythmes africains et du jazz manouche.


Né Emmanuel Cabut en 1963 à Châlons-sur-Marne, il était le fils du dessinateur Cabu et de la journaliste Isabelle Monin, co-fondatrice du magazine écologique La Gueule ouverte. Il constitue un premier groupe, La Marmaille nue, qui donnera son nom à son premier album en 1993.


Sur scène où il excelle, Mano Solo devient un habitué du Tourtour dans le quartier Beaubourg à Paris. Après Les années sombres en 1995, il enregistre un album avec un groupe punk, Les frères misère. Visage anguleux, look un peu punk - il était flanqué sur scène de sa chienne, un berger allemand - Mano Solo se situait « entre Damia et Tom Waits » comme l'écrivait Le Nouvel Observateur.


Mano Solo c’était aussi l’anti-langue de bois faite poésie. Et sculptée dans sa propre vie. Il déclare au public parisien du Bataclan à l’automne 95 : « J'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est que je ne suis plus séropositif. La mauvaise, c'est que j'ai le sida ! »


Mano Solo était un véritable poète du Paris populaire, à l'instar de Renaud vingt ans auparavant : il a chanté Barbès, la place Clichy, le canal Saint-Martin - avant que celui-ci ne s'embourgeoise... « Putain que c'est beau la vie quand on r'monte sur Paris », chantait cet amoureux de la capitale. Il lui avait aussi rendu un bel hommage dans Botzaris, avec la collaboration des Têtes Raides.


De sa voix déchirante et vibrante, reconnaissable entre mille, Mano Solo le révolté parlait aussi du désespoir de toute une génération face aux échecs amoureux, à la drogue et surtout de sa détresse due au sida, dont il était atteint depuis la fin des années 80. Ces chansons étaient très noires dans les années 90 mais la rage de vivre qui en émanait donnait de l'espoir, porté par des mélodies pleines de pêche qui faisaient guincher les salles de concert.


« Moi tu vois avant de crever, j'voudrai laisser couler de la morve d'un petit nez, un p'tit sourire, un p'tit bout d'éternité », chantait l'artiste qui n'a pas pu avoir d'enfants à cause du sida. Dans les années 2000, à partir de l'album Dehors, ses œuvres étaient plus optimistes. Et le chanteur, soigné par la trithérapie, n'aimait plus qu'on lui colle l'étiquette du « chanteur du sida ».


Certains de ses fans ont d'ailleurs considéré que ses chansons étaient, du coup, moins « à vif ». Son dernier album, Rentrer au port, est sorti en septembre dernier. Artiste engagé, il soutenait notamment une association d'aide à la population malgache. Mano Solo était aussi peintre et dessinateur, et illustrait généralement les pochettes de ses albums. Mano Solo meurt le 10 janvier 2010 à 46 ans. Il était atteint du sida depuis les années 80. © CM/Qobuz

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