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Jacques Higelin

Auteur-compositeur-interprète, pianiste et comédien français, Jacques Higelin est né le 18 octobre 1940 à Brou-sur-Chantereine en Seine-et-Marne, d'un père alsacien (cheminot) et d'une mère belge. Sa petite enfance est marquée par le martellement de la guerre et la douceur du piano de son père qui consacre son temps libre à la musique et lui apprend les chansons de l'époque, de Maurice Chevalier à Charles Trénet, qui l'influenceront tout au long de sa vie musicale. Alors qu'il arrête sa scolarité à l'âge de 14 ans, son père l'encourage à s'engager dans la voie artistique.

Si Charles Trenet fut surnommé le « Fou chantant », que dire de Jacques Higelin ? Trublion notoire d'une chanson française qu'il n'a eu de cesse de bousculer, de ré-inventer, le chanteur est à rapprocher des performers pour ses prestations magiques, inventives, son engagement permanent pour la poésie, pour le spectacle. C'est d'ailleurs en chantant du Charles Trenet et du Maurice Chevalier, lors d'une audition que Jacques Canetti repère le jeune homme - il n'a alors que 14 ans - au « Trois Baudets ». Jacques Higelin et Charles Trenet se croiseront sur la même scène lors du premier Printemps de Bourges en 1977. Plus tard, Jacques lui consacrera un tour de chant (2004-2005) et un disque intitulé Higelin enchante Trenet.

La vocation du jeune Higelin s'ancre à l'écoute du jazz de Sydney Bechet, qu'il rencontrera, et de Django Reinhardt, dont il chantera la passion. Jacques Higelin habite plusieurs mois chez les Crolla qui deviendront, d'une certaine manière, sa deuxième famille. Guitariste de jazz, disciple de Django, héritier de Jacques Prévert et Paul Grimault, frère de rue de Mouloudji, accompagnateur et ami d'Yves Montand, Henri Crolla le pousse à s'exprimer par la chanson et lui enseigne la guitare en le confortant dans une certaine idée de la vie et de la générosité. Parallèlement, Higelin apprend aussi le piano et la clarinette.

Au début des années soixante, mettant la musique en second plan, Jacques Higelin entre au cours Simon où, brillant élève, il sera couronné du « Prix François Périer ». En 1962, Henri Fabiani l'engage dans son film Le Bonheur est pour demain ; au cours du tournage, il rencontre Irène Lhomme qui devient sa maitresse, puis publie avec elle leurs correspondances amoureuses en 1987 sous le titre Lettres d'amour d'un soldat de vingt ans. Par la suite, il tourne dans plusieurs films dont Bébert et l'omnibus d'Yves Robert en 1963 et des épisodes télévisés. On l'entend alors à La Vieille Grille, célèbre cabaret parisien. Ses premiers disques, dans les années 60, le montrent proche de Brigitte Fontaine avec laquelle il chante en duo, partageant un gout de la fantaisie, de l'improvisation, de la démesure. On les entend notamment avec Areski (Rufus Areski Belkacem, trompettiste de free jazz) pour des improvisations délirantes. Avec eux, ou avec Elisabeth Wiener, Jacques Higelin se fait remarquer par la critique. Il apparait comme un des expérimentateurs de la chanson autour de mai 1968. La rencontre avec Pierre Barouh, créateur du label Saravah et éditeur de la fameuse chanson du film de Claude Lelouch, Un Homme et une femme, est déterminante quant à la suite de sa carrière. C'est en 1969 qu'il enregistrera avec Areski son premier album chez cet éditeur.

Au début des années 1970, il expérimente des micros-spectacles de type théâtre de rue. Après le jazz, qu'il n'abandonne jamais complètement, Higelin se tourne vers le rock avec les albums BBH 75 puis Irradié auquel participe Louis Bertignac, futur guitariste de Téléphone. Avec l'album Alertez les Bébés ! il alterne compositions rock et chansons et reçoit le prix de l'Académie Charles Cros. Il devient alors, dans les années 80, un des chanteurs rock les plus populaires, notamment grâce à des prestations scéniques où il donne beaucoup de sa personne, dans une débauche d'énergie communicative avec le public. Les albums No Man's Land avec Pars, Champagne pour tout le monde, Caviar pour les autres, puis Higelin à Mogador, l'imposent définitivement comme l'un des chanteurs de rock français en le hissant au niveau des Bernard Lavilliers ou Téléphone. Higelin est alors soutenu largement par France Inter et l'animateur Jean-Louis Foulquier qui l'invite aux premières Francofolies de La Rochelle en 1984.

D'abord expérimental, son style à l'origine marqué par Charles Trenet, Boris Vian et le jazz rive gauche, évolue ensuite vers une conception où alternent ballades graves et délires surréalistes vigoureux. Son talent d'improvisateur et son énergie poétique crée une relation particulière avec les spectateurs. Musicalement, Higelin se nourrit de plus en plus de rythmes africains (Nascimo ou plus tard Criez Priez). Il invite Youssoun Dour et Mory Kante à partager la scène de Bercy. Il fait partie des artistes de gauche qui, comme Barbara, Renaud ou Maxime Le Forestier, s'investissent dans des pétitions diverses ou concerts humanitaires. En 1988, il soutient la candidature de François Mitterand. Cette même année, il participe à l'hommage rendu à Léo Ferré à La Rochelle, où il reprend Jolie Môme.

Dans les années 90, sa présence dans les médias s'estompe peu à peu. En 2003, toujours fidèle à Ferré, il participe à l'album Tribute sorti pour les dix ans de sa disparition : c'est encore Jolie Môme qu'il choisit. Amor Doloros sort en 2006. En 2008, on l'entend avec Sweet Air, Maurane et Riké de Sinsemilia pour le projet Baltimore, en soutien à Ingrid Bétancourt et aux otages du monde.

En avril 2009, avec d'autres artistes (Rodolphe Burger, Sandra N'Kaké, Spleen), le revoilà militant en participant à un disque collectif portant le nom Les amoureux au ban public, pour servir l'association éponyme qui défend les droits des couples composés d'un conjoint français et d'un conjoint étranger. Pour la sortie de son album Coup de foudre en 2010, il bénéficie d'une couverture médiatique sans précédent : dans la presse (il est rédacteur en chef du quotidien Libération le jour de sa sortie), à la radio, à la télé. On l'entend en tournée, on le retrouve aux Francofolies. Le 18 octobre, il fête ses 70 ans au Zénith avec ses deux aînés (issus de compagnes différentes), son fils Arthur H et sa fille Izïa Higelin. Son troisième enfant, demi-frère des deux premiers, n'est autre que le comédien Kên Higelin.

Artiste incontournable de la scène française, Jacques Higelin a publié quelques 18 albums studio en 45 ans de carrières. Alors que son fils Arthur H poursuit sa propre trajectoire et que sa fille Izïa n'a jamais été aussi branchée, il continue de se produire abondamment et n'entend pas prendre sa retraite. Le 1er avril 2013, il sort un nouvel opus de chansons originales intitulé Beau repaire. Un disque passionné et mélodique enregistré avec une nouvelle équipe : pour sa réalisation, l'auteur-compositeur a travaillé avec Edith Fambuena (Daho, Bashung, La Grande Sophie, Thiéfaine.). Côté cinéma, on retrouve en mars 2013 Jacques Higelin auprès de Guillaume Canet, au générique du film Jappeloup d'Henri Duguay, où il joue le rôle d'un éleveur, naisseur du fameux cheval français.


Deux ans plus tard, il publie Higelin 75. Dans le paysage de la chanson française, sa poésie possède une saveur unique dont on ne se lasse guère… L’inénarrable a beau avoir alors 75 ans, il reste cet éternel jeune homme, toujours là, toujours fou, toujours libre, toujours provocateur, toujours sensible, toujours chantant… Dire pourtant que le bonhomme n’a finalement guère changé est un doux euphémisme. Sa poésie musicale comme le flot de ses monologues demeurent inchangés. Inchangés comme cette verve, ces envies, ces passions, toute cette matière qui hante ce Higelin 75. Un titre qui fait de l’œil au mythique BBH75, disque culte de l’histoire du rock français. Une cuvée 2016 qui fait se côtoyer des chansons classiques qui restent en tête dès la première écoute, et de longs textes épiques. Quiconque a déjà vu le grand Jacques sur scène ne s'en étonnera pas : dans la ferveur des concerts, sans filet, il aime se promener dans des monologues drolatiques ou poétiques, tordant la langue, jouant avec les sens, entraînant le public dans des délires d'images et de mots. Mais comment, en studio, rendre l'ampleur de la folie scénique ? Pour ce disque hors norme, son complice musical depuis plus de 30 ans, Mahut, a eu l'idée de constituer un trio de réalisateurs, appelant à ses côtés Edith Fambuena (réalisatrice de Beau Repaire en 2013) et Rodolphe Burger (Amor Doloroso en 2006 et Coup de foudre en 2010). Ils n'étaient pas trop de trois pour tisser des habits à la carrure de l'artiste. Higelin 75 le montre dans toute sa démesure : à la fois poétique et lucide, se jouant de la mécanique des jours mais avouant son humilité face à l'infini des éléments. Un bel album qui sera son dernier, le grand Jacques tirant sa révérance le 6 avril 2018 à l'âge de 77 ans...

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