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Le Festival Ile de France transgresse les tabous

Pour adoucir la rentrée, le Festival Ile de France est de retour et animera l’automne francilien du 6 septembre au 12 octobre.

Par Tiphaine de Belloy | Sur Scène | 6 août 2014
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Pour cette 38ème édition placée sous le signe du tabou et de l’interdit, le Festival d’Ile de France occupera divers lieux de la capitale à travers pas moins de trente concerts pour une rencontre entre patrimoine et musique. Un programme éclectique qui déploiera entre le 6 septembre et le 12 octobre un large éventail de concerts allant des musiques de la Renaissance aux créations contemporaines du monde. Cette année, une trentaine d’événements musicaux seront accompagnés d’une centaine d’actions culturelles : conférences, ateliers, masterclasses ou encore interventions en milieu scolaire. Olivier Py, Miss Knife qui nous emmènera dans les dédales du burlesque le 6 septembre. Le Cabaret New Burlesque fait son cirque en réinventant le music-hall européen de la fin du XIXe siècle et le glamour américain des années 1950. Deux soirées prometteuses en plumes, paillettes et sensualité les 26, 27 et 28 septembre. Le XXème siècle n’est pas en reste avec les interdits musicaux. Sous le IIIème Reich, il ne fût pas bon être musicien juif, jouer de la musique atonale ou du jazz nègre. Risquant la mise à l’index de leurs partitions ou leur déportation, certains compositeurs ont cependant continué leur travail au camp de Theresienstadt. Parmi eux, Erwin Schulhoff, Viktor Ullmann ou encore František Domažlický. Pascal Amoyel leur rend hommage avec le Quatuor Debussy et un chœur d’enfant.



Quatuor Debussy - © B.Benant



Les tabous sacrés traversent le monde et les siècles. Au Moyen-Age, la musique est symbolique et le « diabolus in musica » est assimilé au fameux triton dissonant. Les trois tons successifs, s’ils font écho à la Trinité produisent une telle dissonance qu’ils ne peuvent que renvoyer au diable. Les cinq femmes de l’Ensemble de Caelis explorent le répertoire médiéval et contemporain a capella dans le superbe édifice roman de l’Eglise de Saint-Loup de Naud le 13 septembre. En Europe toujours, la Bosnie-Herzégovine est emplie de territoires mystérieux où s’entrelacent d’étranges rites religieux cathares, catholiques, orthodoxes, juifs mais également musulmans. Les ensembles Dialogos et Kantaduri nous mènent de la création du monde au Jugement dernier à travers les rites païens et sacrés le 27 septembre. La langue des signes associée à celle du diable accompagnera le dernier opus Birds on a Wire interprété par le duo vagabond et aérien constitué de la chanteuse de Moriarty, Rosemary Standley et la violoncelliste et chanteuse Dom La Nena. La soirée sera placée sous le signe de l’hétéroclite avec des œuvres de Léonard Cohen, Tom Waits, Buddy Holly, mais aussi Purcell et Monteverdi.



Rosemary Standley et Dom La Nena - © Festival Ile de France



En Inde, ce sont les devadâsî, ou « servantes de dieu » longtemps assimilées à des prostitués qui constituent un sujet complexe. Consacrées aux temples hindous dès l’enfance, ces femmes étaient entièrement consacrées à leur divinité, à travers des danses et des chants rituels sacrés. En seconde partie de cette étonnante soirée, la jeune Kaushiki Chakraborty à la voix envoûtante initiera les festivaliers à un voyage mystique. Lorsqu’en 1982 The Clash sortent Rock the casbah, le tube devient un hymne à la liberté musicale, dans une Iran de l’Ayatollah Khomeini qui interdit la musique rock. Rachid Taha reprend le tube en 2004 et le réinterprète à travers son propre univers créatif. Le duo tunisien Acid Arab né en 2012 se lancera en seconde partie dans une galaxie rythmique et sonore hypnotique. Outre-Atlantique, c’est Kerouac, figure par excellence de l’anti-culture qui brave les codes d’une Amérique puritaine et va à la rencontre des criminels, débauchés, prostitués et drogués en quête d’une sensation d’absolue liberté. Charles Berling et la pianiste Shani Diluka constituent un duo à la recherche d’une Amérique aux mœurs libérés grâce à l’avant-garde musicale américaine incarnée par Cage, Gershwin, Adams, Jarrett ou encore Copland (14 septembre).



Shani Diluka- © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com



Le 28 septembre, Nina Simone sera à l’honneur sous l’archet de Sonia Wieder-Atherton qui s’immerge dans le personnage de la grande artiste au destin tragique et fou. Outre les tabous sacrés, la psychologie a été et demeure un sujet tabou pour nombre de nos contemporains. Le 21 septembre, l’Asile de Ville-Evrard accueillera Freud, le père de la psychanalyse et les Trois pièces opus 11 pour piano seul de Schoenberg pour un dialogue où piano et paroles brisent les interdits.

Découvrez la playlist du Festival Ile de France sur Qobuz !



Réservations sur le site du Festival d’Ile de France

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