Les Finlandais en Auvergne

Le 13 février, l’Orchestre d’Auvergne interprète Rautaavara, Mozart et Sibelius pour un concert soigneusement intitulé Inspirations septentrionales.

Par Héloïse Roussat | Concerts, festivals et tournées | 29 janvier 2015
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Le bel Opéra-théâtre de Clermont-Ferrand reçoit l’Orchestre d’Auvergne le vendredi 13 février à 20h30 pour un concert principalement nordique. Dirigé par Roberto Fores Veses, la phalange auvergnate sera accompagné du pianiste Adam Laloum. Directeur artistique et chef de l’Orchestre d’Auvergne depuis 2012, le maestro espagnol se concentre aussi bien sur le répertoire symphonique qu’opératique. Laloum, quant à lui, a déjà enregistré des pièces pour piano de Brahms, Schumann, ainsi que les sonates pour alto de Schubert avec Lise Berthaud.

Roberto Fores Veses - © Stéphane Moccozet


Inspirations septentrionales dévoile un programme original ; le concert s’ouvre par une œuvre expressive et poignante du compositeur contemporain Einojuhani Rautavaara, Canto III : A Portrait Of The Artist At A Certain Moment, écrite en 1972, dont l’ambition harmonique n’empêche pas une certaine présence mélodique, bien que l’œuvre soit athématique. Mozart poursuit avec le Concerto pour piano n°23 en La Majeur, une œuvre bien évidemment majeure du répertoire classique, qui comprend un des Adagio les plus célèbres de l’histoire de la musique. Toute œuvre connue de cette ampleur reste cependant un défi à relever pour celui qui l’interprète ; comment ne pas dire ce qui a déjà été dit et apporter un regard nouveau sur l’œuvre par sa seule performance ? Ce concert sera l'occasion de faire découvrir un magnifique ambassadeur de la nouvelle génération du piano français, qui s'impose déjà comme soliste et grand poète du piano. Enfin, l’Orchestre d’Auvergne laisse le Saint-Empire romain germanique pour retourner en Finlande avec Sibelius, dernier grand compositeur romantique finlandais, à cheval entre le XIXe et le XXe siècle. La Valse triste opus 44 n°1 est une valse lisse, fluide, jusqu’à devenir populaire puis menaçante avant de retrouver le calme poignant qui suit la tempête. Elle laisse finalement place à Pelleas et Mélisande, opus 46, une histoire que raconte l’ensemble symphonique par une ingénieuse orchestration. L’œuvre, divisée en huit parties, montre notamment la beauté du mineur à travers la deuxième partie, Mélisande, une musique douce et délicate à l’image du personnage originel de Maeterlinck, et la dernière, The Death Of Melisande, qui arbore un sublime mineur tragique. Le silence tient également une grande place dans cette dernière partie et intensifie le drame de façon paradoxalement brillante.

Adam Laloum - © Carole Bellaiche / Mirare


Ce n’est pas seulement le choix des œuvres au programme que l’on trouvera original, mais aussi leur ordre ; placer Mozart entre les deux pièces finlandaises invite à la réflexion concernant l’influence des uns envers les autres. En effet, l’ordre chronologique Mozart-Sibelius-Rautavaara aurait suggéré que chaque compositeur ait influencé le suivant. Mais l’ordre choisi ici semble plutôt mettre l’accent sur la faible importance des nationalités ; le concert se conçoit comme un tout cohérent, à voir comme un voyage dans le temps et l’espace. La fin du XXème siècle finlandais, musique contemporaine nordique, donne le relai au Saint-Empire romain germanique classique du XVIIIe siècle, avant de naviguer jusqu’au romantisme chaleureux de la Finlande du siècle suivant.

L’Orchestre d’Auvergne s’adapte en tout cas au voyage et, guidé par Roberto Fores Veses, comble délicieusement l’envie de dépaysement spatial et temporel par ces belles Inspirations septentrionales.

Site de l’Orchestre d’Auvergne

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Archive : notre interview vidéo avec Adam Laloum (octobre 2013)

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