Jazz à Vienne 2016, éclectique et choc

Le festival Jazz à Vienne fera de la région Auverge-Rhône-Alpes la capitale du jazz du 28 juin au 15 juillet, comme tous les ans maintenant depuis plus de 30 ans.

Par Antoine Roché | Concerts, festivals et tournées | 8 avril 2016
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208 000. C’est le nombre de spectateurs qui se sont rendus à l’édition 2015 du festival. Beau record, cela place la quinzaine d’affluence de Jazz à Vienne devant les Solidays ou les Francofolies. Avec une capacité de plus de 7000 personnes, l’historique théâtre antique se charge de mettre en scène de la plus belle des manières des musiciens hors-pairs pour un public en quête de vibrations. Crée en 1981, le festival a su faire du début de l’été une véritable attraction pour les amateurs de jazz en attirant au fil des ans les prestigieux Miles Davis, Stan Getz, Lionel Hampton ou encore James Brown, Eric Clapton et Keith Jarrett. Éclectique, la programmation s’ouvre aux musiques telles que le blues, le funk, la musique brésilienne… et sait rassembler tant les amoureux du son cuivré, que ceux des cordes, qu’elles soient vocales, frottées ou pincées. Structuré de façon atypique, Jazz à Vienne offre, en plus de sa scène principale, des annexes gratuites où se produisent musiciens amateurs et professionnels, où sont données des master-class, des ateliers d’éveil à la musique… le tout gratuitement.

Beth Hart - © DR


Pour ouvrir le bal d’une édition 2016 marquée par un changement de direction, les organisateurs ont fait appel à Ibrahim Maalouf. Fidèle à sa trompette envoûtante, le musicien franco-libanais fera, comme le festival, la part belle aux femmes à travers les titres de son album Red & Black Light. En effet, le beau sexe se présentera régulièrement sur les scènes viennoises. La crooneuse américaine Beth Hart fera gronder les pierres de l’arène de sa voix puissante la nuit du 8 juillet, suivie de l’Irlandaise non moins rockeuse Imelda May pour une soirée décidément bluesy. Le lendemain, la déjantée et jeune trentenaire Esperanza Spalding pourra confronter Emily’s D+Evolution au public et étendre son univers déroutant. Sorti en 2016, My World permet à la talentueuse Lisa Simone de répandre ses vagues musicales afro-américaines, vagues sur lesquelles pourront venir se rafraîchir les spectateurs présents le 4 juillet pour ce qui s’annonce être une chaude nuit d’été.

Grande dame du jazz vocal, Diana Krall est de retour après la sortie en 2014 de son album Wallflower. A l’aise dans tous les registres, l'Américaine pourra compter sur son répertoire jazz impressionnant, mais aussi se permettre de surprendre le public avec l’interprétation d’un classique des Mamas & The Papas ou de Paul McCartney... Cecile McLorin, les jeunes jumelles de Ibeyi ou encore Tonya Baker viendront compléter un festival riche en présence féminine.

Robin McKelle - © Laurent Koffel


Jamais avares lorsqu’il faut rendre hommage aux légendes du jazz, les musiciens à la note bleue s’emploieront à rappeler l’influence immense qu’a eue Chet Baker sur l’évolution du style à la syncope marquée. Cela fait suite à Autour de Chet réalisé par Clément Ducol qui s’entoure de musiciens de renom mais issus d’univers variés : Bojan Z, Benjamin Biolay, Camelia Jordana mais aussi les souffleurs Stéphane Belmondo et Erik Truffaz ou le chanteur britannique Hugh Coltman. Sur scène, tous seront réunis pour ramener le fantôme de Chet à Vienne. On ne peut douter de leur capacité à faire frissonner l’audience tant chacune des personnes sur scènes est talentueuse. Ce mélange des genres et des influences vient appuyer sur l’universalité de la musique du trompettiste disparu en 1988. Truffaz se produira également toujours au théâtre antique avec Oxmo Puccino pour une fusion des genres détonantes. Le rappeur pourra s’appuyer sur le quartet du trompettiste pour laisser son flow s’écouler au rythme saccadé de la cymbale effleurée.

Kamasi Washington - © Mike Park


De Nas à Snoop Dogg, de Lauryn Hill à Kendrick Lamar… Kamasi Washington a déjà joué pour nombre de grands, et le saxophoniste californien se fiche des frontières entre les genres - pour mieux les tourner en dérision - faisant de la fusion jazz son atout. Avec The Epic et ses trois heures de musique expérimentale, par moments calme, par d’autres surpuissantes, le natif de Los Angeles n’aura aucun scrupule à vous faire savourer son passage dans le Sud-Est de la France. Issu de la jeune génération, Kamasi Washington se fond sans soucis dans ceux qui perpétuent le jazz et ses dérivées. D’ailleurs, il évoque le fait que le funk n’est en fait qu’une légère nuance de jazz. C’est pourquoi le retour à Vienne de Nile Rodgers n’a rien de farfelu. Producteur réputé, musicien virtuose et compositeur expérimenté, Mister Chic vient faire monter la température d’un cran en oscillant entre funk et disco. Armé de sa Stratocaster et du reconnaissable claquement qu’elle procure, Rodgers se fera soldat du jazz le temps d’une nuit. Lui aussi est un mixeur, un mélangeur des genres : Gregory Porter. Pour son futur opus Take Me To The Alley, le chanteur à la voix reconnaissable parmi les autres, continue de faire de la soul, du blues, du jazz et du gospel sa terre fertile d’inspiration. Il sera difficile de ne pas tomber sous le charme de son chant, chaleureux à souhait, capable de séduire toutes les formes d'oreille...

Comment conclure de la plus belle des manières cette cuvée 2016 de Jazz à Vienne ? En invitant six Grammy Awards, un Rock’n’Roll Hall Famer et 17 albums studio ! Le tout en la seule personne de Buddy Guy. A 79 ans, ce dernier des grands gardiens de la maison blues (« Keepin’ the Blues Alive ») ne cesse d’impressionner par sa présence scénique qui n’a jamais été mise en difficulté malgré son âge avancé. Théâtrale, il ajoute à un jeu de guitare plein de nuances et de styles, de phrasés typiques comme stratosphériques, une voix forte portée par des expressions faciales vivant sa musique. Homme de tradition, le Louisianais a même formé depuis une dizaine d’années un tout jeune héritier, Quinn Sullivan, présent à ses côtés sur scène.

Buddy Guy - © Josh Cheuse


De nombreux autres artistes viendront compléter la programmation impressionnante de Jazz à Vienne parmi lesquels Sons of Kemet, le trio de James Carter, Daymé Arocena, Bachar Mar-Khalifé ou bien encore John McLaughlin.



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