Les 13 et 14 mai, le plus grand des batteurs de jazz se produira au Duc des Lombards à Paris.

Il est sans doute le plus grand batteur encore en vie, même si une telle distinction n’a guère de signification raisonnable ou sérieuse… À 85 ans, Roy Haynes est surtout un musicien encore en possession de tous ses moyens musicaux. Un musicien qui illuminera de son génie le club parisien du Duc des Lombards les 13 et 14 mai.

Après son apprentissage à Boston avec Sabby Lewis, Frankie Newton et Pete Brown, Roy Haynes qui nait à Boston le 13 mars 1925 fait une entrée remarquée dans l'univers bouillonnant du be-bop. Il accompagne Luis Russell (1945-47), Lester Young (1947-49), Kai Winding, Charlie Parker (pour la première fois le 24 décembre 1949) et Thelonious Monk.

En 1953, Sarah Vaughan l'engage : Haynes restera cinq ans avec la chanteuse. On le voit également en compagnie de Miles Davis, Lee Konitz, George Shearing. En 1959, il joue dix-huit semaines avec Monk au Five Spot et à la Jazz Gallery de New York.

La suite de sa carrière est une alternance de prestations ponctuelles avec de grands leaders comme Stan Getz, Jackie McLean, Eric Dolphy, Oliver Nelson, Gary Burton, Sonny Rollins, John Coltrane (il remplace Elvin Jones pendant quelques mois en 1963), et des travaux plus personnels à la tête de son Hip Ensemble, qu'il forme au début des années 70 avec Phineas Newborn et Jamil Nasser.

Peu apte à l'enseignement, au grand regret des jeunes batteurs, Roy Haynes n'en dispense pas moins son savoir par le biais de formations (le quartet est sa préférée) qui se dispersent dès qu'elles sont rodées.

Il est un perpétuel découvreur de jeunes talents : hier Hannibal Marvin Peterson et George Adams, puis Ralph Moore, David Kikoski et Ed Howard au milieu des années 80. Il participe aussi - en studio et sur scène - aux trios de Chick Corea et Michel Petrucciani.

Premier héritier des pionniers de la batterie bop (Kenny Clarke, Art Blakey, Max Roach), Roy Haynes lui a apporté toute la délicatesse de son feeling : la sonorité très mate et la rapidité de son drumming à la caisse claire, la variété de son jeu de cymbales, son exploitation des silences, ses solos construits sur des séquences à la fois musicales et percutantes, ses sonorités contrastées et la complicité discrète qu'il témoigne au soliste quel que soit son style, tout cela fait d’Haynes un batteur presque secret dont il faut écouter la musique avec attention pour en découvrir, sous de faussement discrètes apparences, la richesse et l'évidence.

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