La Russie envahit Pleyel !

Grand week-end 100% russe les 4, 5 et 6 décembre à Paris, Salle Pleyel avec la venue de Vadim Repin, Boris Berezovsky et Evgeny Kissin.

Par Max Dembo | Sur Scène | 25 novembre 2010
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Samedi 4, dimanche 5 et lundi 6 décembre, la Salle Pleyel met à l’honneur compositeurs et interprètes russes. L’occasion de rappeler combien la tradition musicale se poursuit avec éclat aux confins de l’Oural.

Les festivités commencent samedi 4 décembre avec un récital du violoniste Vadim Repin, l’un des grandes figures de l’école russe. Comme Maxim Vengerov, il a été l’élève de Zakhar Bron à Novossibirsk, au cœur de la Sibérie. Mais si le jeu de Vengerov s’est longtemps distingué par son énergie et sa virtuosité, celui de Repin se montre plus intérieur, plus construit.

Son programme, réunissant des œuvres de Sergueï Prokofiev (Cinq Mélodies, Sonate n°1 pour violon et piano op. 80, Leoš Janácek (Sonate) et Maurice Ravel (Sonate pour violon et piano), fait le lien entre cultures slave et française. A ses côtés, au piano, un autre géant russe : Boris Berezovsky.

Autre soliste prestigieux invité ce week-end : Evgeny Kissin. Longtemps applaudi comme un enfant prodige, le musicien n’est pas qu’un brillant virtuose. Sa musicalité à fleur de peau, son sens si expressif du phrasé devraient transcender les œuvres de Chopin (Quatre Ballades) et de Schumann (Phantasiestücke op. 12, Novelette n° 8 op. 21) au menu de son récital du dimanche 5 décembre à 20h. On évoque souvent la prodigieuse image d’un enfant de douze ans jouant les deux concertos de Chopin avec l’Orchestre de Moscou. Les plus sceptiques donnaient peu de temps à ce prodige. Or, trente ans après, Kissin continue de jouer sur les scènes du monde entier. L’enfant merveilleusement doué est devenu un artiste génial. Au long de son parcours d’interprète, il a dompté l’insouciance et l’inspiration de la jeunesse pour donner à son jeu une épaisseur intellectuelle.

Evgeny Kissin est de ces pianistes russes dont le répertoire romantique est la pierre fondatrice. Capable de prouesses techniques, il sait aussi, tout comme Richter, donner un souffle et une structure aux pages les plus exacerbées. Que ses Chopin soient une référence, c’est convenu, mais il ne faut pas oublier que depuis longtemps Schumann est aussi un compagnon de route car Kissin sait en révéler, comme personne, les folies et rêveries…

Les amateurs de répertoire symphonique ne seront pas non plus déçus. Deux grandes phalanges russes, à la pâte sonore intense, se produiront lors de ce week-end. Sous la direction experte de Vladimir Fedoseyev, l’Orchestre Symphonique Tchaïkovski donne deux concerts attendus. Le premier, dimanche 5 décembre à 15h, mêle Pierre et le Loup de Prokofiev et La Belle au bois dormant de Tchaïkovski, avec Marie-Christine Barrault en récitante.

Le lendemain, lundi 6 décembre à 20h, place à des œuvres plus graves, autour du thème de la guerre, de l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski à la Symphonie n°3 « Héroïque » de Beethoven en passant par la suite de Guerre et Paix de Prokofiev.

Quant à l’Orchestre National de Russie, il donnera, sous la baguette de Mikhail Pletnev (aussi remarquable chef que pianiste), des œuvres de Chostakovitch et de Prokofiev, où l’on retrouvera en soliste Vadim Repin.

Le site de la Salle Pleyel

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