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Escales symphoniques pour Haitink et le CSO

Les 20 et 21 septembre, le maestro hollandais et l’orchestre américain joueront des symphonies de Mozart, Brahms, Bruckner et Haydn à la Salle Pleyel.

Par Marc Zisman | Sur Scène | 4 septembre 2009
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Les 20 et 21 septembre, Bernard Haitink dirigera le prestigieux Chicago Symphony Orchestra (CSO) à Paris, salle Pleyel. Au programme du concert du 20, à 16h00, la Symphonie n°41 « Jupiter » de Mozart et la Symphonie n°1 de Brahms.

Le lendemain, à 20h00 cette fois, le maestro néerlandais et la phalange américaine interprèteront la Symphonie n°101 de Haydn et la Symphonie n°7 de Bruckner.

Parmi les symphonies « londoniennes » de Haydn, la 101 est l’une des plus intéressantes, pleine de surprises et d’effets : le balancement régulier de l’Andante lui valut le surnom « L’horloge ». Le compositeur a atteint la soixantaine mais, avec une vitalité créatrice de jeune homme, il expérimente de nouveaux équilibres de timbres, des contrastes de formes et de modes d’expression, entre virtuosité brillante et bouleversante profondeur.

Chez Mozart, la « Jupiter » représente aussi un apogée de sa création orchestrale, synthétisant les styles savant et galant. Cette ultime symphonie, à la fois démonstration d’équilibre par sa construction élaborée, mais aussi des techniques d’écriture par son contrepoint travaillé, constitue une sorte d’opéra instrumental miniature tant les références au genre vocal y foisonnent.

« Je ne composerai jamais de symphonie, jurait Brahms en 1872, vous n’imaginez pas le courage qu’il faudrait pour mettre ses pas dans ceux d’un géant comme Beethoven ! » Cinq ans plus tard, il publiait pourtant sa Première Symphonie, agacé qu’on l’étiquette aussitôt comme « la dixième de Beethoven ». Son élan et sa force spirituelle la rapprochent de la Septième de Bruckner, dont l’Adagio a été composé dans le pressentiment de la mort prochaine de Wagner. Ici, la richesse de l’harmonie, le chromatisme intégré au langage tonal, la saveur de l’orchestration et le profil de certains thèmes évoquent certes l’auteur de Parsifal, mais se voient couronnés par une ivresse du sacré qui fait de cette page emblématique une véritable cathédrale sonore.

Le CSO et son chef principal, effectue en septembre une tournée de neuf concerts dans cinq villes européennes. Bernard Haitink qui a fêté ses 80 ans le 4 mars dernier, dirigera l'orchestre à la Philharmonie de Berlin le 11 septembre, au Festival de Lucerne en Suisse les 13 et 14, au Musikverein de Vienne les 16 et 18 et enfin au Royal Festival Hall de Londres les 23 et 24.

Le CSO appartient au club historique des big five, regroupement informel des cinq plus prestigieuses formations symphoniques des Etats-Unis (avec Boston, Cleveland, New York et Philadelphie). Il possède un chef principal donc, mais aussi un chef émérite en la personne de Pierre Boulez. Il n’a par contre plus de directeur musical depuis le départ en juin 2006 de Daniel Barenboim, auquel succèdera Riccardo Muti à partir de la saison 2010-2011.

Fondé en 1891, le CSO est l'un des orchestres américains qui a le plus voyagé depuis 1971 : ce périple est sa 27e tournée européenne, sa 36e dans le monde ! Il a pu organiser sa venue en Europe grâce à des mécènes, alors que de nombreuses formations américaines subissent les conséquences de la crise économique, qui fragilise ces institutions dont le financement dépend des fonds privés. L'Orchestre Symphonique de Boston a ainsi annulé en avril la tournée qu'il devait accomplir en février 2010, en raison du ralentissement de l'économie et de l'incertitude qui en résulte…

Le site officiel du CSO

Le site officiel de la Salle Pleyel

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