Repin, Saint-Saëns et Paris

L’Orchestre de Paris de Paavo Järvi conclura sa saison 2011-2012 à Pleyel les 27 et 28 juin en compagnie du grand violoniste russe Vadim Repin.

Par Clotilde Maréchal | Concerts, festivals et tournées | 18 juin 2012
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Mercredi 27 et jeudi 28 juin, l’Orchestre de Paris de Paavo Järvi bouclera sa saison à la Salle Pleyel en accueillant le grand violoniste Vadim Repin. Au programme de ces deux soirées, des œuvres signées Charles Gounod (Symphonie n°1), Camille Saint-Saëns (Concerto pour violon n°3) et Dmitri Chostakovitch (Symphonie n°1). Repin a joué pour la dernière fois avec l’Orchestre de Paris en octobre 2010. Il avait mis le concerto de Saint-Saëns à son programme mais lui avait finalement substitué un concerto de Chostakovitch. C’est la huitième apparition du violoniste avec Paris.

Deux thématiques s’associent donc dans ces derniers concerts : l’une française avec Saint-Saëns et Gounod, des compositeurs déjà présents cette saison, l’autre russe avec Chostakovitch et Repin. Il est même possible d’en suggérer une autre : les débuts symphoniques que firent, chacun dans son contexte, Gounod et Chostakovitch !

La Symphonie n°1 de Gounod est contemporaine de la Messe solennelle de Sainte Cécile, donnée en octobre dernier. Gounod a 37 ans et attend toujours un succès à l’opéra qui tarde à venir. Sa musique est élégante, son style est proche de la Symphonie en ut de Bizet, que la phalange parisienne a enregistrée avec Paavo Järvi chez Virgin Classics

Chostakovitch a quant à lui 17 ans et sort tout juste du Conservatoire. Il gagne sa vie en accompagnant le cinéma muet et sa musique en témoigne, faite de courtes séquences. Partition saturée, cette Première symphonie reflète la personnalité douloureuse du jeune compositeur, chez qui les catégories expressives sont brouillées, dans un coq-à-l’âne permanent des sentiments musicaux. L’œuvre fut rapidement diffusée dans le monde entier.

Le Troisième concerto pour violon de Saint-Saëns penche plutôt du côté de Gounod et de son élégance. Des concertos de Saint-Saëns, c’est le moins dramatique. Sa composition s’insère entre la Danse macabre et le Carnaval des Animaux, une vingtaine d’années après la symphonie de Gounod donc. Saint-Saëns l’écrivit pour le grand virtuose Pablo de Sarasate, également dédicataire de la Symphonie espagnole de Lalo. Mais à l’opposé d’une telle œuvre, absolument, exclusivement acrobatique, le concerto de Saint-Saëns est pure sonorité. On ne peut que se réjouir à l’idée d’y entendre Vadim Repin

Né le 31 août 1971 à Novossibirsk en Sibérie, Vadim Repin s’est révélé au public occidental en remportant le Premier Prix du Concours Reine Élisabeth à l’âge de dix-sept ans. Devenu l’un des solistes les plus demandés par les orchestres à travers le monde, il interprète avec brio les grands concertos du répertoire (Brahms surtout, mais aussi Beethoven, Sibelius, Tchaïkovski…) tout en défendant des œuvres moins connues (celles de Taneyev ou Miaskovski notamment).

Repin commence l’étude du violon à l’âge de 5 ans. Il fait sa première apparition en public 6 mois plus tard ! À 11 ans, il remporte la médaille d’or du Concours International Wieniawski et donne ses premiers concerts à Moscou et à Saint-Pétersbourg. À 14 ans, en 1985, il fait ses débuts à Tokyo, Munich, Berlin et Helsinki, et l’année suivante au Carnegie Hall à New York. Deux ans plus tard, Vadim Repin devient donc le plus jeune lauréat du Concours Reine Elisabeth de-Belgique.

Depuis, il se produit avec les plus grands orchestres – orchestres philharmoniques de Vienne, de Berlin, d’Israël, de Los Angeles, de New York et de Saint-Pétersbourg, NDR de Hambourg, Philharmonia de Londres, orchestres symphoniques de Boston, de Chicago, de Londres et de San Francisco, orchestres de Cleveland, de Philadelphie, orchestres de Paris, de la Suisse Romande, de la Scala de Milan, Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam… Il collabore avec des chefs comme Vladimir Ashkenazy, Pierre Boulez, Semyon Bychkov, Riccardo Chailly, Myung-Whun Chung, James Conlon, Christoph Dohnányi, Charles Dutoit, Christoph Eschenbach, Vladimir Fedoseyev, Daniele Gatti, Valery Gergiev, Mariss Jansons, Neeme et Paavo Järvi, Emmanuel Krivine, James Levine, Fabio Luisi, Sir Neville Marriner, Kurt Masur, Zubin Mehta, Kent Nagano, Sir Simon Rattle, Gennady Rozhdestvensky, Yuri Temirkanov, Seiji Ozawa et David Zinman.

Il est fréquemment invité par des festivals renommés – Tanglewood, Ravinia, Rheingau, Gstaad, Schleswig-Holstein, Verbier –, ainsi qu’aux Proms de la BBC. Il collabore régulièrement avec Nikolaï Lugansky et Itamar Golan en récital. Sa discographie comprend un grand nombre d’enregistrements récompensés par la critique internationale des concertos pour violon de Chostakovitch, Prokofiev et Tchaïkovski. Son premier enregistrement chez Deutsche Grammophon du Concerto pour violon de Beethoven avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne (sous la direction de Riccardo Muti) et de la Sonate « à Kreutzer » de Beethoven avec Martha Argerich est applaudi par la presse et le public. En mai 2009, toujours chez DG, paraît un disque Brahms comprenant le Concerto pour violon et le Double Concerto avec le violoncelliste Truls Mørk et l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly.

Vadim Repin a également enregistré les trios de Tchaïkovski et Rachmaninov avec Mischa Maisky et Lang Lang – les musiciens ont joué ces trios à Madrid, Londres et, durant l’été 2010, Salzbourg. Son album enregistré avec son compatriote Nikolaï Lugansky comprend des œuvres de Grieg, Janácek et César Franck. En février 2010, les Victoires de la Musique classique lui décernent une Victoire d’honneur. En décembre de la même année, il est nommé chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Enfin, Repin joue sur le Guarneri Del Gesù « Bonjour » de 1743.

Vadim Repin vers douze ans :

Le site de la Salle Pleyel

Le site de l’Orchestre de Paris

Le site officiel de Vadim Repin

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