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Bancs d'essai

Yulong Daart Canary : un DAC avec amplificateur pour casque qui a une sacrée pêche !

Par Philippe Daussin |

Autant de DAC, autant de variations sur les formes, les tailles, les couleurs, la complexité... Avec ce modèle Yulong Daart Canary, c'est la simplicité d'utilisation qui est visée, et aussi une certaine originalité en proposant, en plus des coloris courants argent et noir, une très féminine et très jolie finition rose fuchsia métallisée. Ce qu'il y a dans le boîtier reste cependant très musclé avec des capacités de décodage incluant le DXD et le DSD, ainsi qu'un puissant amplificateur pour casque.

Deux réalisations de la marque chinoise Yulong ont déjà fait l'objet de bancs d'essai dans les colonnes de Qobuz. Il s'agit des convertisseurs numérique analogique D200 et Sabre DA8II.

Parmi les nombreuses réalisations de la marque nous avons remarqué un très intéressant DAC USB, qui se nomme ADA1, intégrant un streamer WiFi et un amplificateur pour casque. Cet appareil est capable de décoder, y compris en réseau, les signaux PCM jusqu'au DXD 384kHz ainsi que les signaux DSD.

Ce sont également les capacités de décodage en USB du DAC Daart Canary qui va faire l'objet de ce banc d'essai. Cette réalisation à l'aspect très fun possède également un puissant amplificateur pour casque entièrement réalisé en composants discrets et son entrée USB, qui est actuellement compatible uniquement avec les smartphones et tablettes sous Android, se verra ajouter la compatibilité avec les modèles Apple sous iOS lors d'une prochaine évolution du firmware qui pourra être mis à jour justement par la liaison USB.

Quant aux fonctionnalités de ce DAC, elles vont à l'essentiel, trois entrées numériques, pas de réglages, et une entrée stéréo analogique lui permettant de fonctionner en simple amplificateur pour casque, ce qui est une bonne chose.

Présentation

Disponible en trois coloris, le DAC Daart Canary se présente de manière agréable, voire attrayante dans ses finitions argentée et plus encore rose fuchsia métallisé (cette finition moyennant un supplément tarifaire), très féminine et qui saura certainement conquérir un public plus sensible au langage des couleurs qu'à celui des caractéristiques techniques.


Pas de quoi se perdre dans les commandes de la façade (le constructeur vise à la simplicité d'utilisation) puisque l'on trouve dans la partie gauche le sélecteur d'entrée souligné par un petit panneau plaquée or 18 carats légèrement encastré et muni de LED oranges indiquant l'entrée choisie ainsi qu'une LED signalant le décodage d'un signal audio numérique de type DSD. Vient ensuite, en position centrale, une gros bouton de volume moleté muni d'un épaulement prenant place dans un lamage, puis la prise casque au standard Jack 6,35 mm, légèrement encastrée elle aussi.


Le DAC Daart Canary s'alimente au moyen d'un bloc secteur se reliant à la prise prévue à cet effet à l'arrière de l'appareil, l'interrupteur de marche arrêt se situant juste à côté. Suivent les trois entrées numériques, USB B pour relier à un ordinateur ou un smartphone ou une tablette sous Android (pas sous iOS), et S/PDIF optique et coaxiale. Dans la logique des choses, on trouve ensuite l'entrée stéréo analogique, puis la sortie stéréo analogique.

Réalisation

L'électronique du DAC Daart Canary est rassemblée de manière pas trop dense sur un circuit imprimé occupant toute la surface du boîtier avec, dans sa partie avant, un petit circuit surélevé où prennent place la prise casque, le potentiomètre de volume, un modèle de qualité à la rotation très onctueuse, les LED témoins ainsi que le switch de sélection d'entrée.


Sur la vue ci-dessous on peut voir que l'alimentation occupe presque la moitié de la surface du circuit imprimé et que le courant parvenant du bloc secteur au travers d'une self est sérieusement filtré par un condensateur électrochimique de 1800 μF/35V, procédant ainsi à un nettoyage efficace tout en ménageant une réserve de courant.

Divers régulateurs +5V (2 x 78M05) et 3,3V (2 x LT1117S33) sont alimentés directement depuis cette tension tandis que les circuits analogiques, amplificateurs opérationnels et l'amplification pour le casque bénéficient d'alimentations symétriques à haut courant obtenues à partir d'un circuit à découpage ON Semiconductor CS5173 associé à un transformateur VP3-0138-R Coiltronics.

Ces tensions symétriques sont ensuite nettoyées efficacement de tout résidu de découpage par des filtres CLC (condensateur-self-condensateur) en Pi composés de condensateurs de 470 μF et 820 μF et de selfs SF052 de marque TDK.


Les signaux audio numérique en provenance de l'entrée USB sont pris en charge par un processeur XMOS 8U6C5 compatible avec les signaux PCM jusque 32 bits à 384 kHz et les signaux DSD jusqu'au DSD256. Il est entouré de ses trois oscillateurs, un de 24 MHz pour son horloge interne et deux autres pour la synchronisation avec les signaux audio numérique (22,579 MHz pour les échantillonnages à 44,1 kHz et multiples, et 24,576 pour 48 kHz et multiples). Enfin, on trouve dans un petit coin le micro contrôleur de gestion de l'électronique, un modèle STC 15W201S qui peut être reprogrammé grâce au connecteur quatre points se trouvant à ses côtés, et aussi via le bus USB.

Les signaux S/PDIF sont pris en charge par un récepteur de ligne National Semiconductor DS90LV028A qui leur donne un coup de fouet avant qu'ils soient confiés au convertisseur numérique analogique, un modèle ES9018K2M du fabricant ESS, compatible PCM 32 bits à 384 kHz et DSD à 11,2MHz, qui traite, bien sûr, également les signaux numériques extraits du bus USB par le processeur XMOS.

Le circuit ES9018K2M utilise la technologie ESS Hyperstream consistant à recalculer sur 32 bits à fréquence élevée tous les signaux audio numérique quels qu'ils soient, ainsi que le processus Time Domain Jitter Eliminator. Les signaux analogiques décodés sont disponibles en mode différentiel (même amplitude mais sens de variation opposés).

Ces signaux analogiques différentiels sont ensuite confiés à des filtres actifs construits autour de deux amplificateurs opérationnels doubles à hautes performances Analog Devices ADA4075-2 et subissent en dernier lieu une dé-symétrisation (référencement au 0V) par un amplificateur opérationnel double à large bande passante Texas Instruments OPA1688 fonctionnant en amplificateur de différence. Ces signaux se retrouvent alors sur les prises de sorties analogiques (donc à niveau fixe) et sur le relais qui permet de les aiguiller vers le potentiomètre de volume ou d'aiguiller ceux en provenance de l'entrée stéréo analogique afin qu'ils soient amplifiés.

Ce rôle revient à un amplificateur entièrement réalisé en composants discrets (par opposition aux circuits intégrés) dont les liaisons entre étages n'utilisent aucun condensateur (couplage continu), ceci afin de ne pas induire de déphasages, de ne pas réduire la bande passante, ni de risquer d'apporter des colorations à la restitution sonore.

On peut donc saluer le constructeur pour ne pas avoir cédé à l'utilisation d'un circuit intégré amplificateur pour casque et d'avoir développé celui-ci qui est plutôt une belle réalisation, comme on peut le voir sur le visuel ci-contre.

Ses étages d'entrée à haute impédance utilisent des transistors à effet de champ (FET) à faible bruit Toshiba 2SK209 dont les courants sont ajustés avec précision grâce à des potentiomètres multi-tour. Les étages intermédiaires font appel à des transistors BC846 et BC856 (équivalents des modèles traversants BC546 et BC556 fréquemment utilisés dans les appareils Hi-Fi de qualité, chez Atoll par exemple), tandis que c'est un montage push-pull complémentaire (un transistor amplifie la demi-onde positive tandis qu'un autre, qui est en quelque sorte son symétrique, amplifie la demi-onde négative) de transistors PZT2222A et PZT2907A qui est utilisé dans chaque étage de puissance, chacun de ces transistors pouvant dissiper une puissance de 1,5W.

Ecoute

Nous avons principalement effectué nos écoutes en utilisant Foobar2000 sur un PC sous Windows 7 en mode KS et le nouveau Desktop Qobuz, un casque Oppo PM-3 étant branché sur la sortie Jack du Daart Canary.

Le DAC Daart Canary utilisant une puce ESS procédant à de la conversion de taux d'échantillonnage, nous commencerons avec la Fantasia on British Sea Songs de Henry Wood. Le premier tableau, The Saucy Arethusa, est assez révélateur et ce DAC nous en offre une restitution agréable, vive et particulièrement lumineuse, avec des violons qui filent avec aisance, non sans une petite pointe d'insistance, ce qu'on note assez souvent avec les DAC faisant usage de conversion de taux d'échantillonnage, mais cela plait beaucoup à certaines oreilles. Les cuivres sont également très rutilants et ajoutent au caractère solennel et glorieux du final Rule Britannia et on peut dire que ça fait de l'effet.

Ca appuie un peu aussi sur les cordes de l'orchestre comme de la soliste à l'écoute du Concerto pour violon de Beethoven, par Vera Beths accompagnée par l'ensemble Tafelmusik dirigé par Bruno Weil, et la dynamique de l'orchestre s'exprime sans le moindre problème, et même d'une manière assez peu courante pourrait-on dire, et fort réjouissante, peut-on ajouter ! Bref, si on aime les restitutions brillantes et dynamiques, on est servi.

Nous avons aussi écouté ce concerto décodé nativement par un DAC Leaf Audio relié à l'entrée ligne du Yulong Daart Canary afin de bénéficier de son amplificateur pour casque et voir si celui-ci avait une couleur sonore particulière. Et il semble bien que non car nous avons retrouvé la sonorité que nous connaissons de ce concerto écouté en mode natif, et aussi les qualités manifestes de l'amplificateur du Daart Canary, à savoir sa puissance et son aisance à retranscrire la dynamique, et aussi sa neutralité qui pouvait difficilement être évaluée en se servant de son convertisseur numérique analogique interne.

En repassant sur le DAC interne, ça déménage très fort à l'écoute des titres sismiques North Star et Silent Space de l'album Tale Of Us en qualité Hi-Res 24 bits à 44,1 kHz depuis le nouveau Desktop Qobuz, et à mi-volume on atteint déjà des niveaux sonores qu'il ne faudrait pas trop prolonger si l'on souhaite ménager sa santé auditive. On peut également ajouter que si cet amplificateur se montre redoutable dans le grave, le reste du registre de ces titres de Tale Of Us gagne un peu en luminosité grâce à la conversion de taux d'échantillonnage.


Ecouté depuis sa sortie ligne stéréo reliée à notre amplificateur Sony UDA-1 et nos enceintes Triangle Antal Anniversary, le DAC Daart Canary offre une restitution plutôt prenante du titre Isn't It A Pity de l'album All Things Must Pass de George Harrison avec un accompagnement plus marqué qu'à l'habitudé dans le haut du spectre, en particulier des accords de guitare très piqués qui rehaussent le caractère très spirituel de ce titre, et lui réussissent bien.


En conclusion, ce DAC Yulong Daart Canary offre une restitution un peu marquée dans le haut du spectre dont les résultats seront appréciés selon ses goûts et les musiques écoutées. Son amplificateur pour casque intégré, puissant et neutre pourra également se prêter à l'écoute d'une source analogique externe dans de très bonnes conditions.

Caractéristiques
Manuel d'utilisation (en anglais)
Site constructeur
Contact

Capacités de lecture


Nos remerciements à Audiophonics pour le prêt du DAC Yulong Daart Canary.

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