Vanity est morte

La protégée de Prince durant les années 80 et chanteuse du groupe funk Vanity 6 est décédée à l’âge de 57 ans.

Par Marc Zisman | Chers disparus | 16 février 2016
Réagir
Qobuz

Vanity est décédée le 15 février 2016 dans un hôpital de Fremont en Californie. Star éphémère de la galaxie de Prince et chanteuse de Vanity 6, elle ne réussira jamais à retrouver l’embryon de gloire qu’elle effleura au milieu des années 80… Sur les réseaux sociaux, de nombreux musiciens parmi lesquels Sheila E., Questlove le batteur des Roots, Solange Knowles, Bootsy Collins, MC Hammer et bien d’autres ont salué la mémoire de la chanteuse retirée de la musique depuis plusieurs années…

Née Denise Katrina Matthews le 4 janvier 1959 au Canada près des chutes du Niagara, Vanity semble avoir succombé, à 57 ans, à une maladie des reins consécutives à ses nombreuses années d’addiction au crack et à la cocaïne… Très jeune, la Canadienne avait entamé une carrière de mannequin à Toronto avant de devenir Miss Niagara Hospitality en 1977. Elle participe même au concours de Miss Canada l’année suivante. A 17 ans, la jeune femme s’envole pour New York pour tenter de décrocher des contrats, sans grand succès, sa petite taille la limitant à quelques publicités pour dentifrices et quelques homéopathiques séances photo…

En 1980, elle rencontre Prince lors de la cérémonie des American Music Awards. Le funkster de Minneapolis la rebaptise Vanity car, selon lui, il voyait en elle son double féminin. Il propulse alors la jeune mannequin à la tête d’un groupe dont il contrôle la carrière comme la musique : Vanity 6. La légende veut que le 6 soit une référence au nombre de paires de seins de ses membres, Vanity, Brenda et Susan… Paroles chaudes, costumes sexy à souhait et chorégraphies explicites, Vanity 6 n’est pas vraiment calibré pour l’Opéra Garnier ou la fête de fin d’année des Petits Chanteurs à la Croix de Bois…



Avec la (bien nommée) chanson Nasty Girl, les nouvelles protégées de Prince s’envolent au sommet des charts. Leur mentor les embarque même en tournée en première partie de ses concerts. L’unique album éponyme de Vanity 6 viendra rejoindre les nombreux projets satellites que Prince s’amusait alors à orchestrer durant son heure de gloire du milieu des années 80. L’opus bien plus que respectable est en fait un pur produit princier. Et toutes les obsessions du bonhomme – sexuelles comme musicales – sont au rendez-vous. D’un bout à l’autre du disque, ce funk hybride où rock, soul, rap et new wave partouzent jusqu’au bout de la nuit brille de mille feux, sans jamais oublier un second degré salvateur. Au milieu de l'écrin, Vanity sans être une grande voix réussit tout de même à singulariser un disque qui se bonifie avec le temps. Plusieurs nouvelles chansons furent enregistrées par le groupe pour un éventuel deuxième opus qui ne verra jamais le jour…



En 1982, Vanity fait également les chœurs sur Free de Prince, extrait de son album 1999. La même année, on peut aussi l’entendre avec ses collègues de Vanity 6 sur l’album What Time Is It ? de The Time, autre formation princière. Vanity profite de ce petit succès pour tracer en solitaire et signer sur le prestigieux label Motown où elle enregistrera Wild Animal en 1984 et Skin On Skin en 1986, deux albums anecdotiques qui ne rencontreront aucun succès. Une période durant laquelle elle passe également devant la caméra pour jouer dans de grands chefs d’œuvre comme Le Dernier dragon, Paiement cash, Stargrove et Danja agents exécutifs, Le Monstre du train ou bien encore Action Jackson… Durant ces années de (petite) gloire, Vanity fait également la une des tabloïds pour ses nombreuses conquêtes. Prince évidemment mais aussi Adam Ant, Billy Idol, Nikki Sixx de Mötley Crüe, Rick James, James DeBarge ou bien encore le footballeur Anthony Smith des Oakland Raiders comptent parmi les locataires de son tableau de chasse…



En 1988, avec le single Faraway Eyes que lui produit Jesse Johnson de The Time et qui figure sur la B.O. d’ Action Jackson, elle retrouve le chemin des charts. Après une overdose quasi-fatale au début des années 90, Vanity se tourne vers la religion et devient Born Again. Elle abandonne alors les strass et les paillettes de l’industrie musicale. « Lorsque notre Seigneur Jésus Christ m’est apparu, j’ai jeté plus de mille cassettes, bandes-vidéos et interviews ! J’ai tout jeté ! », confie au moment de cette conversion la chanteuse qui ne veut évidemment plus qu’on l’appelle Vanity



En 1997, son état physique se détériore et elle subit une greffe de rein. Elle se consacre alors à l’évangélisation de ses contemporains… En 2010, elle publie à compte d’auteur son autobiographie, Blame It On Vanity. L’an passé, sa santé s’était à nouveau dégradée. Elle avait alors lancé une campagne participative afin d’éponger ses frais médicaux et pour pouvoir être à nouveau opéré des reins. A 43.000 dollars de son objectif, elle ne réussira pas à réunir la somme nécessaire…

Pour suivre tout ce qui se passe sur Qobuz, rejoignez-nous sur Facebook !

À découvrir autour de l'article

Votre avis

Vos lectures


Inscrivez-vous à nos newsletters