Jason Isbell, bête de scène

Un live bouillant au Ryman pour le leader de 400 Unit...

Par Clara Bismuth | Vidéo du jour | 24 octobre 2018
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La country music ne manque pas de subtilités et d’artistes qui contribuent à son enrichissement perpétuel comme le montre la nouvelle vague emmenée par Margo Price, Chris Stapleton, Sturgill Simpson ou encore, le chouchou de Nashville, Jason Isbell. Loin d’une country pop pailletée, des scènes XXL enfumées de Garth Brooks ou des mauvaises imitations country de Luke Bryan, Isbell a su redonner sa fierté au genre et cela dès 2007 avec l’album Sirens of the Ditch.

Avec son look hype, l'ex-Drive-By Truckers incarne pourtant les codes du Nashville sound sans fausses notes. Boots et jean, pas besoin d’investir dans toute la panoplie du cowboy pour assurer les shows. Isbell a déjà tout. La voix, le talent de songwriter et la présence. Un cocktail d’influences originales et complètes à base de Waylon Jennings, Merle Haggard et David Allan Coe. En un peu plus de dix ans, l’Américain a déjà concocté six albums, déchaîné les critiques élogieuses et suscité l’excitation de nombreux fans.

Son passage à Nashville en 2017 au Ryman Auditorium méritait bien de compléter sa discographie. Live from the Ryman qui vient de paraître est donc son septième opus, regroupant plusieurs titres de ses albums Southeasten 2013, Something More Then Free 2015 et The Nashville Sound en 2017. Jason Isbell, à l’aube de ses quarante bougies, et son groupe 400 Unit montrent leur diversité musicale et franchissent le carré des légendes. Hope the High Road ouvre ce concert sur un ton électrique qui rappelle les jeunes années de Steve Earle. Puis les titres aux images fortes de sens ne tardent pas à surgir. White Man’s World, qui sonne comme une composition de Jerry Leger, vient mettre la condition de l’homme blanc sur la table. Car oui, il faut bien le dire, la country est principalement une musique de blancs, où ses dérives et questionnements ne manquent pas d’être surexposés. Pénétrant, avec des attaques punchy et rock voilà une des faces d’Isbell.

Mais un album country construit dans les règles de l’art revient toujours à ses ballades acoustiques disposant de pedal steel et de fiddle. Elephant regorge de ces qualités en plus d’y ajouter un thème larmoyant où la country music devient même acteur de l’histoire. Les cowboys sont certes bruts de décoffrage, s’imbibent de Jack Daniel's, comparent la taille de leurs boots et chantent leur terre natale, mais offrent surtout, une fois le sang chauffé par la boisson, leur part de sensibilité. Entre euphorie rock’n’roll (Cumberland Gap) et poésie un brin nostalgique (If We Were Vampires), Isbell laisse de la place autant aux beuveries qu’aux écoutes presque religieuses. Live from the Ryman est un disque pour les puristes et les amateurs, mais qui s’écoute surtout avec un pack de Lone Star sous le bras.



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