Chamfort fait désordre

A la fois mélancolique et combatif, Alain Chamfort brouille les pistes dans son nouvel opus aux mélodies élégantes et aux couleurs souvent électroniques...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 30 avril 2018
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« Il faut bien vivre en attendant », affirme Alain Chamfort avec une pointe d’amertume dans son nouvel album, Le Désordre des choses, dont les textes sont signés Pierre-Dominique Burgaud, déjà auteur de Une vie Saint Laurent, paru en 2010. Le propos de En attendant fait écho à celui de Souris puisque c’est grave (1990), mais son injonction à vivre semble prend ici une tonalité plus désillusionnée. Chamfort évoque également les ravages du temps dans la balade piano/voix qui ouvre l’album, Les Microsillons, dans laquelle il compare ses rides aux sillons d’un vinyle. Le visage est non pas le miroir de l’âme mais le souvenir d’une vie bien remplie où il a tout donné pour son art. Son ancienne compagne et muse Lio chantait en 1980 dans Sage comme une image qu’elle aimerait être faite de papier glacé, comme les pochettes des disques qu’elle aime et écoute la nuit pour abréger sa mélancolie. Ici Chamfort chante plutôt le papier froissé, mais pour évoquer au fond la même chose, l’idée que l’amour de la musique procure un réconfort permettant de vaincre toutes les angoisses.

Malgré ces tourments ou constats liés au temps qui passe et à la perte des illusions, Alain Chamfort loue aussi, à l’occasion, les bienfaits de l’action et de la non-résignation. En passant d’un sentiment à l’autre, il rend ainsi justice au titre de ce nouvel album, Le Désordre des choses. « Plus belle que l’espoir, il y a la lutte », entonne-t-il dans Palmyre. Dans En regardant la mer, il regrette l’action contrariée, c’est-à-dire tout ce qui refrène nos impulsions et nous empêche d’être pleinement libres.

Quant à la chanson qui clôt le disque, Linoleum, c’est le miroir inversé de celle qui l’ouvrait. Là encore, il évoque son intimité épidermique, mais il s’éloigne de l’ultra sensibilité du vinyle pour aller vers une solidité à toute épreuve, se comparant même à un lézard et un crocodile. A la fois mélancolique et combatif, Chamfort cherche décidément à brouiller les pistes dans ce nouvel opus aux mélodies élégantes et aux couleurs souvent électroniques dues au réalisateur danois Johan Dalgaard, collaborateur de Gaétan Roussel et Keren Ann.





En 2015, Qobuz rencontrait Alain Chamfort pour évoquer son nouvel album simplement baptisé Alain Chamfort :



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