Bashung, en direct du paradis

Un album posthume inédit et bouleversant du chanteur disparu en 2009...

Par Nicolas Magenham | Vidéo du jour | 24 novembre 2018
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Cet album aurait pu être sous-titré « le fantôme de Madame Fambuena », avec Alain Bashung dans le rôle du spectre qui ne peut s'empêcher de hanter les mélomanes vivants. La moitié du groupe Les Valentins – et productrice pour Etienne Daho ou Jacques Higelin – a donc eu la lourde charge d’habiller ces onze titres sortis d’outre-tombe, neuf ans après la mort de l’intéressé.

En connaisseuse de l’univers si personnel de Bashung (elle avait travaillé sur l'album Fantaisie militaire en 1998), Edith Fambuena s’est enfermée dans son studio pendant quinze jours, afin de s’adonner à une sorte de séance de spiritisme dont le but était ne surtout pas trahir l’esprit de l’interprète de Vertige de l’amour. Et la première marque de respect de l’album, celle qui frappe d’emblée l’auditeur, c’est la manière dont la voix est mixée, à savoir particulièrement en avant par rapport à la musique. Ainsi, on retrouve avec plaisir l’interprétation si personnelle de Bashung, comme ses décalages rythmiques (« Mortels mortels » dans Immortels, écrite par Dominique A), et surtout ses inflexions à la fois déglinguées, attachantes et tendrement viriles.

Sélectionnées par sa veuve Chloé Mons, les chansons ont été écrites sur mesure pour Bashung par une flopée d’auteurs-compositeurs qui ont aussi la caractéristique d’être, pour la plupart, des interprètes de renom : Dominique A, donc, mais aussi Daniel Darc (Elle me dit les mêmes mots), Doriand (Nos Âmes à l’abri), Michael Furnon de Mickey 3D (Montevideo), ou encore Raphaël (Les Salines). Bien qu’ils viennent d’horizons très différents, ils ont su, chacun à leur manière, pénétrer l’univers à la fois sombre et poétique de Bashung. Et comme souvent chez ce dernier, ce sont différentes ambiances musicales qui parsèment l’album : du rock’n’roll pur jus (Ma peau va te plaire #2) jusqu’à la ballade blues rock fatiguée (Elle me dit les mêmes mots), en passant par le folk mélancolique (Seul le chien) et le rock « christique » (les chœurs de Nos Âmes à l’abri).

Mais surtout, ce second album posthume d'Alain Bashung après L’Homme à tête de chou en 2011 se caractérise par une sérénité bouleversante, comme l’attestent les splendides guitares de La Mariée des roseaux. Comme si Fambuena s’était donnée comme consigne essentielle de laisser le mort reposer en paix, malgré tout.



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