Anderson .Paak va chez le Dr.

Un 3e album produit par Dre pour le rappeur californien...

Par Aurélien Chapuis | Vidéo du jour | 22 décembre 2018
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Sur Oxnard, Anderson .Paak continue son road trip sur la côte californienne après Venice en 2014 puis le déjà classique Malibu en 2016. Au centre d’un mélange jouissif de chant soul, de rap funk et de percussions afro-caribéennes, le Californien a franchi un cap à chaque album. Sa versatilité à toute épreuve est une parfaite symbiose du style californien actuel, entre les équipes indépendantes comme TDE et notamment SZA, Odd Future avec The Internet ou le toujours présent label Stones Throw, pétri des rythmes infectieux de Tuxedo ou Dâm-Funk.

En remontant à Oxnard, sa ville natale, Anderson .Paak renoue aussi avec la liberté totale de ce berceau de hippies érudits qui a déjà enfanté des spécimens bordés au groove comme Madlib, Oh No, Kan Kick ou Dudley Perkins. Dans une logique plus large mais introspective, Oxnard est une synthèse de cet univers tout en proposant une nouvelle direction.

Car Oxnard est aussi le premier album du rappeur chez Aftermath, le label de Dr. Dre, lui-même producteur exécutif de l’ensemble du projet. Et comme sur Good Kid M.A.A.D City en 2012 avec Kendrick Lamar, Dre simplifie et polit la formule déjà très foisonnante d’Anderson .Paak pour lui donner un aspect de bande-son complète, celle d’un film tragi-comique sur le lifestyle californien dans toute sa splendeur.

Chaque morceau a son rôle, sa position, tous les détails sont réfléchis, millimétrés pour faire d’Oxnard une pièce majeure de la musique actuelle. Avec une instrumentation très riche, des structures toujours surprenantes et quelques invités triés sur le volet comme Pusha T, J. Cole ou le trop rare Q-Tip d'A Tribe Called Quest, Anderson continue son exploration d’une exception culturelle sans âge : le funk.

Oxnard est une évolution naturelle de l’énergie anarchique de George Clinton et Parliament. Il se permet même le luxe de passer sa version gangsta au mixeur-crooner, le G-funk tout puissant de Doggystyle compressé dans chaque caisse claire. Emplis de symboles, les mots d’Anderson .Paak sont explicitement sexuels et sans filtre, jouant sur cette frise chronologique de musique poisseuse. C’est d’ailleurs sur Anywhere avec le tonton Snoop Dogg que ce montage prend son sens et emporte le chanteur californien vers d’autres sphères sublimées de sa voix éraillée.





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