Paul Agnew, Monteverdi à l'infini

Les 16 et 17 décembre, Paul Agnew et les Arts Florissants offriront des madrigaux de Monteverdi, deux concerts s’inscrivant dans une intégrale prévue jusqu’en 2014.

Par Clotilde Maréchal | Concerts, festivals et tournées | 28 novembre 2011
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Vendredi 16 et samedi 17 décembre, à 20h, Paul Agnew dirigera les Arts Florissants pour un programme de madrigaux de Monteverdi à la Cité de la Musique. Des concerts s'inscrivant dans le cadre d'une intégrale de ces madrigaux présentée sur trois saisons. Aux côtés du ténor écossais, les sopranos Maud Gnidzaz et Hannah Morrison, la contralto Marie Gautrot, le ténor Sean Clayton et la basse Callum Thorpe.

Sur les vingt madrigaux qui composent le Deuxième livre de Monteverdi (publié en 1590), neuf sont des mises en musique de poèmes de Torquato Tasso, qui était alors, de son vivant déjà, reconnu comme le plus grand poète épique d’Italie. Mais le Tasse sombrait peu à peu dans la folie. Il fut interné en 1577 après une attaque de paranoïa, puis de nouveau en 1579 pour une durée de sept ans, à l’hôpital Sant’Anna de Ferrara…

Ce sont pourtant des atmosphères pastorales que le poète suggère au compositeur dans plusieurs des madrigaux ici rassemblés. Le n°10, S’andasse amor a caccia, est une scène de chasse amoureuse où les voix entrent en canon et se poursuivent. Et surtout, le n°12, le fameux Ecco mormorar l’onde, est un joyau madrigalesque, bruissant du murmure de l’eau et des chants d’oiseau…

Interprète renommé des répertoires baroque et classique, Paul Agnew se produit régulièrement en concert ou à l’opéra avec les plus grands ensembles de musique ancienne et sous la direction de chefs comme William Christie, Marc Minkowski, Ton Koopman, Sir John Eliot Gardiner, Philippe Herreweghe et Emmanuelle Haïm. Spécialisé dans les rôles de haute-contre du répertoire baroque français, il a fait des débuts remarqués à l’Opéra Garnier en incarnant Hippolyte dans Hippolyte et Aricie sous la direction de Christie.

Agnew y a été applaudi depuis dans plusieurs autres opéras de Rameau (Platée, Les Boréades, Les Indes galantes) tout en faisant plusieurs apparitions au Festival d’Aix-en-Provence, à l’Opéra de Lyon, à l’Opéra de Zurich et à l’Opéra des Pays-Bas.

C’est au cours de la saison 2006/2007 que l’Ecossais a commencé à diriger les Arts Florissants, donnant une nouvelle dimension à sa collaboration avec cet ensemble dont il partage l’aventure depuis deux décennies. Il codirige l’Académie du Jardin des Voix avec William Christie depuis 2009, offrant aux jeunes lauréats l’opportunité de travailler avec l’un des plus grands hautes-contre actuels.

Le 19 septembre dernier, cette activité de chef prenait une toute autre dimension avec la parution du premier disque d’Agnew à la baguette avec Lamentazione. Cette lamentation, durant l’ère baroque, représentait un défi prisé : dépeindre des émotions extrêmes dans une grande diversité de styles. Puisant dans les textes bibliques intenses de la Semaine Sainte, les cinq chefs-d’œuvre de cet enregistrement recourent à la polyphonie imitative, à des textures riches et complexes desquelles se dégagent des harmonies d'une étonnante puissance dramatique. A la tête du radieux Chœur des Arts Florissants, la direction de Paul Agnew éblouit par sa poésie, son intelligence, sa simplicité lumineuses.

Écoutez notre rencontre-podcast avec Paul Agnew

Le site de la Cité de la Musique

Le site des Arts Florissants

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