L'électro au musée !

Aujourd'hui s'ouvre à la Philharmonie de Paris la grande exposition consacrée aux musiques électroniques de Kraftwerk à Daft Punk...

Par Clotilde Maréchal | Vidéo du jour | 9 avril 2019
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Après le reggae, Miles Davis, Serge Gainsbourg, la Great Black Music, Pierre Boulez, David Bowie, Barbara ou bien encore le Velvet Underground, la Philharmonie de Paris tente d'encager dans ses murs un nouveau chapitre musical du 9 avril au 11 août 2019. Comme son titre l'indique, Electro se veut une exposition d’envergure sur la musique électronique à travers l’exploration de son imaginaire, ses innovations, ses mythologies et ses correspondances avec les arts plastiques.

Sous-titré De Kraftwerk à Daft Punk, l'événement rappellera aux novices persuadés que ce genre est une droite tracée entre Jean-Michel Jarre et David Guetta qu'il est ici question de révolution artistique totale pour ne pas dire globale. Car à plus de 120 BPM, l’électro fait danser la planète. La jeunesse de Paris ou de Berlin, les touristes d’Ibiza ou de Goa, les nouveaux punks des free-parties comme les millenials de Los Angeles, la génération post-révolutionnaire de Tunis ou du Caire, sans oublier les gamins des ghettos de Luanda, Durban ou Rio...

La bande-son immersive d'Electro a été confiée à Laurent Garnier. Suivant le parcours de l’exposition, elle revisite l’histoire de l’électro, du disco des années 70 à la techno futuriste actuelle, sous la forme d’une dizaine de mix thématiques qui synthétisent l’esprit d’une époque à l’aide de classiques, de tubes ou de raretés.

Enfin, la scénographie brute et volontairement urbaine, dont la structure en échafaudage rappelle les scénographies de concerts, a été imaginée par le duo 1024 Architecture.

Instruments novateurs des années 1910 à nos jours, art contemporain (Xavier Veilhan, Peter Keene, Christian Marclay), photographies (Andreas Gursky, Massimo Vitali, Bill Bernstein, Jacob Khrist), graphisme et BD (Abdul Qadim Haqq, Alan Oldham), installations musicales et visuelles (Molécule et son dispositif de réalité virtuelle, Jacques et son « Phonochose »), le corpus des œuvres de l’exposition tient à la générosité des musiciens et artistes qui ont collaboré à la mise en œuvre de l’exposition : Kraftwerk conçoit pour l’expos une série de vidéos projetées en 3D et diffusées à l’aide d’un son spatialisé. Jean-Michel Jarre présente un « studio imaginaire » issu de sa collection personnelle de synthétiseurs rares, rendant hommage aux technologies révolutionnaires qui l’ont accompagné au cours de sa carrière. Et Daft Punk, à travers une installation inédite inspirée de leur clip Technologic, met en abyme son univers de fiction, tout en levant le voile sur une partie de la fabrication de sonesthétique...



Depuis 2010, la musique électronique s’impose comme une tendance artistique majeure de la culture contemporaine. Accompagnant la révolution numérique, la dance music électronique est née dans les clubs underground de Chicago et Détroit il y a plus de trente ans. Grâce au talent de musiciens et DJ noirs-américains, cette musique, dont les genres fondateurs sont la house et la techno, a d’abord conquis les rave-parties clandestines avant de s’imposer à l’Europe entière.



Influençant de nombreux domaines artistiques, graphisme, vidéo, art contemporain, cinéma, BD, danse, l’électro a donné naissance à une vaste culture. De la communauté LGBTQ aux activistes des free-parties, elle a même acquis la dimension d’une contre-culture politique dont témoignent manifestes, performances, fêtes et défilés, redéfinissant un nouveau rapport à l’altérité et au monde.



Comme si ses utopies, son énergie et ses BPM parvenaient à donner le pouls et le tempo de notre époque. De Kraftwerk à Daft Punk, de Jean-Michel Jarre à Jacques ou à Molécule, de Laurent Garnier à 1024 architecture, les artistes et musiciens se sont emparés de l’exposition de la Philharmonie de Paris pour imaginer une nouvelle expérience, créant ainsi un nouveau rapport à cette musique. Explorant son imaginaire, ses innovations, ses mythologies ainsi que ses relations avec les autres arts, l’expo Electro fait écho à la vitalité et à la modernité de cette scène musicale.



Du 9 avril au 11 août 2019 à la Philharmonie de Paris (221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris). Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 18h, le samedi et le dimanche de 10h à 18h. Plein tarif : 11 €. Tarif réduit : 9 €.

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