Debargue entre Schubert et Szymanowski

Le jeune pianiste signe un nouvel album au programme original...

Par Théodore Grantet | Vidéo du jour | 1 novembre 2017
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Qobuz

Pour son troisième enregistrement chez Sony Classical, Lucas Debargue propose un programme on ne peut plus original – le précédent offrait déjà une alliance atypique entre Bach, Beethoven et Medtner – combinant deux sonates de Schubert, composées respectivement en 1823 (D. 874) et 1819 (D. 664), et l’ambitieuse Deuxième Sonate (1910-11) de Szymanowski, d’élan post-regerien.

À la Sonate en la mineur, qui ouvre cet opus de l’artiste-sensation du dernier concours Tchaïkovski, Debargue donne des teintes véritablement tragiques, hivernales, dans la lignée de certains pianistes russes (Richter, Sofronitzky, etc.) : un clavier en noir et blanc, accentué par une prise de son qui semble un rien atténuer les harmoniques.

La (normalement) plus heureuse Sonate en la majeur – celle-là même qui fut l’une des préférées de Wilhelm Kempff – conserve un semblable caractère hiératique, assez implacable. À vrai dire, ce disque semble regarder du côté de Sviatoslav Richter. Si Schubert fut peut-être l’une des « obsessions » de Richter, la Sonate n°2 de Szymanowski était aussi en réalité au cœur du répertoire du pianiste russe, qui l’interpréta en concert (cf. chez Parnassus, le concert du 100e anniversaire de la naissance de Szymanowski, le 26 novembre 1982, à Varsovie). Œuvre au style convulsif, tourmenté, torturé, elle se compose de deux mouvements amplement développés, très noirs, particulièrement denses et complexes, dont un thème et variations couronné d’une fugue énorme.




En 2016, à l'occasion de la parution de son premier album, Qobuz proposait une rencontre fleuve et passionnante avec Lucas Debargue :



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