A Filetta, devoir de mémoire

Le grand rêve humaniste du chœur polyphonique corse épaulé par le trompettiste Paolo Fresu et le pianiste et bandonéiste Daniele di Bonaventura...

Par Benjamin MiNiMuM | Vidéo du jour | 27 décembre 2018
Réagir
Qobuz

Être profondément corse ne signifie pas ne voir que le bout du nez de son île. Depuis sa création à la fin des années 70, le chœur polyphonique A Filetta porte sur le monde un regard ouvert et attentif aux rêves et aux peines du reste de la planète. Insulaires mais non pas solitaires, les chanteurs ont créé des alliances bien au-delà des eaux qui les entourent, le Réunionnais Danyel Waro ou les Japonais de Kodo ne sont que des exemples des artistes, étrangers à leur culture, avec lesquels ils firent un bout de chemin.

Partenaires fidèles, le Sarde Paolo Fresu (trompette, bugle et effets) et l’Italien Daniele di Bonaventura (bandonéon, piano) partagent cette approche. Après de nombreux concerts et un premier album, Mistico Mediterraneo (2011) qui ont scellé leur l’amitié, les huit musiciens nous présentent une nouvelle création commune. Pour Danse mémoire, danse, ils s’appuient sur l’exemple et les écrits de deux hommes dont les vies se sont confondues avec leurs justes combats. Descendant d’esclave, homme politique et grand poète martiniquais, Aimé Césaire et l’instituteur, militant communiste et résistant corse Jean Nicoli ont dénoncé les méfaits de la colonisation et plus largement les excès des classes dominantes sur les populations dominées.

Écrits par des poètes corses contemporains, les 14 chants, assemblés sur Danse mémoire, danse, traduisent l’essence des engagements de ces deux hommes et en soulignent l’universalité. Ce nouveau répertoire s’ouvre sur I vostri sguardi (Vos Regards) dont les premiers vers sont « Vos regards pénétrants allaient bien au-delà que ce que l’homme voit, arrimé à son sort » et se clôt avec La Costruzione Delle Cose (La construction des choses) dont les derniers vers proclament : « Et dire que si nous étions justes, l’horreur n’aurait jamais été ».

Tout du long, l’équilibre entre la majesté des chants à six voix, le souffle aérien des cuivres et la poésie nostalgique du bandonéon tendent vers la perfection. Les compositions abouties, les arrangements recueillis, les timbres harmonieux offrent un espace de réflexion idéal au grand rêve humaniste qu’ils portent.





ECOUTEZ DANSE MÉMOIRE, DANSE D'A FILETTA, PAOLO FRESU ET DANIELE DI BONAVENTURA SUR QOBUZ


Pour suivre tout ce qui se passe sur Qobuz, rejoignez-nous sur Facebook !

À découvrir autour de l'article

Votre avis

Vos lectures


Charts Qobuz

Inscrivez-vous à nos newsletters